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    Virage Nord : un drame policier sombre et saisissant sur Arte
    Par Antoine Mournès — 11 févr. 2015 à 05:30
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    Après avoir apporté sa patte sur la saison 4 d'"Engrenages", Virginie Sauveur lève le voile sur "Virage Nord", la nouvelle fiction d'Arte diffusée ce jeudi 12 février. L'occasion d'en savoir plus sur cette mini-série aux allures nordiques.

    Arte présente ce jeudi 12 février à 20h50 Virage Nord, une mini-série policière, tournée en 34 jours entre Boulogne-sur-mer et Lille. Cela peut paraître anecdotique, du même ordre que de savoir qu'à l'orgine, le drame en trois parties devait se tourner dans le sud de la France, et donc s'intitulait Virage Sud. Ce "bref récit d'un fait divers saisissant" démarre avec un crime commis dans les gradins d'un stade de foot communal, dont l'écho se répand comme une traînée de poudre. Alexandra Perruci, officier de police mutée à Paris, est appelée par son père, entraîneur de l'équipe locale de foot, car sa soeur est accusée du meurtre du jeune supporter. Elle revient dans sa ville natale pour faire la lumière sur cette nouvelle affaire, quitte à empiéter sur le territoire de la police, déjà sur l'enquête...

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    L'entraînement de foot à lieu sur la plage d'Arcanville (ville fictive)

    Si le polar aux influences nordiques se conjugue au drame familial, c'est pour mieux souligner l'importance d'une communauté, soudée par un club de sport collectif. Que se passe-t-il si celui-ci est mis à mal ou s'effondre ? Détail contextuel ou pièce maîtresse d'une enquête policière dont personne n'est épargnée, le football est ici le centre de gravité d'une municipalité imaginaire.

    Nous avons dû inventer le nom d'une municipalité imaginaire, car aucune ville ne voulait apparaître dans un film où l'honneur d'un club était sali.

    La réalité semble rejoindre la fiction. Vincent Deluc, journaliste à L'Equipe, relecteur attentif des scénarios, affirme aux co-auteurs, que la corruption sportive ne touche pas que les grands clubs. Mais le drame policier s'ouvre sur de plus amples perspectives. Les non-dits familiaux, le retour au bercail, l'émancipation et les difficultés d'un couple à se construire sont autant de thèmes traversés par Virage Nord. Le fait divers "anecdotique", nous raconte Arnaud Louvet, producteur et initiateur du projet de cette mini-série, a été rapporté par une des scénaristes, marquée par le meurtre d'un supporter toulousain en septembre 2009. Cet évènement dramatique fut donc le point d'ancrage de cette fiction sombre, mais jamais obscure, en bord de mer, d'où le soleil déclinant perce inopinément, comme un gage discret d'une lueur à venir. Cette lueur, tous les personnages semblent l'attendre, plus ou moins, sans jamais l'atteindre, à moins que...

    Tu comprends, sur cette Terre, il y a quelque chose d'effroyable, c'est que tout le monde a ses raisons. (Octave à Jurieu dans La Règle du jeu)

    En citant La Règle du jeu de Renoir, le producteur nous explique comment s'ordonnent les actions personnelles ou publiques, qui par effet de réverbération, ébranlent chacun des protagonistes de cette histoire. Dans le générique, l'éolienne en mouvement apparaît comme l'emblème d'un quotidien d'apparence immobile, mais il efface, au passage des hélices, les noms, comme si le souvenir, bien qu'éternellement présent, se muait en d'autres plus éclairants.

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    Jessica (Nina Meurisse) interrogeant Mme Lambert (Nathalie Richard), la femme du président du club de football.
    Les trois épisodes de 52 minutes retracent trois jours d'Arcanville et de ses habitants, dont Alex, interprétée en demi-teintes par Judith DavisVirginie Sauveur, la réalisatrice et co-scénariste, nous avoue préférer éviter la figuration, en filmant ses personnages de dos par exemple, ou en soulignant les regards, plus que les dialogues trop démonstratifs. Cette mise en scène "pudique", centrée sur le souvenir, semble créer ainsi une impression de vide. Un vide saisissant qui se répercute sur les êtres, pris au piège de leur propre milieu.

    Partir, c'est aussi prendre son destin en main, surtout dans une ville comme celle que nous avons montrée, très repliée sur elle-même
    En tant que spectatrice exigente, Virginie Sauveur, issue d'une famille nombreuse, reconnaît opter pour la non-démonstration, vecteur de plus d'émotions. Elle nous confesse trouver, à regret, trop d'exubérance dans Virage Nord. Cela n'engage qu'elle... Portée sur la fratrie et les conflits familiaux, Virginie Sauveur, a qui l'on doit Quelques jours entre nous et Frères, a été stimulée par le format court, "à la britannique" (Sherlock, Luther, In The Flesh...), car la récurrence et la fidélisation n'ont lieu que sur une soirée. Depuis Engrenages, la réalisatrice, qui a tourné 4 épisodes de la saison 4, affirme privilégier les projets qui lui font peur. Elle aimerait s'engager sur un autre format de série, dont elle aurait le contrôle total.

    Contrairement à 3 X Manon, autre création originale d'Arte qui connaîtra une suite, Arnaud Louvet admet ne pas avoir réfléchi avec la directrice de la fiction de la chaîne franco-allemande et Virginie Sauveur sur une éventuelle deuxième saison, mais les audiences seront décisives pour confirmer cette hypothétique réjouissante nouvelle...

    Rendez-vous donc sur Arte ce jeudi 12 février à 20h50 pour les trois épisodes de Virage Nord !

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    Commentaires
    • Elisariel
      Je vais regarder cette mini-série !
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