Marvel / IMAX
C’était vraiment une chance unique de revêtir le costume de cet étrange super-héros…
AlloCiné : Quand votre personnage ouvre la bouche, c’est la mer.. ! Dès lors comment avez-vous appréhendé ce rôle ?
Anson Mount : J’adore ! "Quand j’ouvre la bouche c’est la mer.. !".(Rires) C’est vrai que ce rôle représente un grand défi, car il s’agit presque de devenir un "mime" pour jouer Black Bolt. J’ai même dû apprendre un langage des signes spécifique. Ce personnage est tellement puissant que s’il venait à éternuer, la moitié de la planète disparaitrait ! C’était vraiment une chance unique de revêtir le costume de cet étrange super-héros… Ce qui est intéressant, c’est que nous créons notre propre langue avec des signes originaux, qui n’ont rien à voir avec le langage des signes que l’on connait : d’habitude, je dois apprendre mes répliques pour une scène mais ici c’est plus une préparation physique pour déterminer comment je vais devoir m’exprimer en silence. C’est donc une répétition intérieure ultime, presque une "répétition de l’âme". Ce n’est pas facile d’être privé de parole pour se faire comprendre, cela prend du temps et de la créativité. Mais j’aime ce défi. Au début, le réalisateur voulait juste créer une quinzaine de signes à répéter en boucle, mais j’ai réussi très vite à créer un langage beaucoup plus complexe. Je l’ai créé notamment en regardant la manière dont les chefs d’orchestre s’expriment. Cette gestuelle a été la clé de cette langue. Ce qui est fascinant, c’est qu’au bout d’une semaine cette nouvelle "langue" est devenue comme une seconde peau, et cela devenait instinctif de m’exprimer de cette manière. J’en avais presque perdu la parole, la vraie ! (Rires)
Sachant qu’au-delà du langage, le personnage doit toujours rester dans le contrôle de soi, au risque de tout faire exploser autour de lui !
Oui, c’est extrêmement difficile de garder son sang-froid en permanence et de rester en contrôle. Mais c’est cette capacité au supra-contrôle qui l’impose comme leader et chef des Inhumains. Il a vraiment un gros plus que les autres n’ont pas, ce sens de la responsabilité, du contrôle de soi et des autres. C’est un être tellement plus fort que la normale, non seulement physiquement mais aussi psychologiquement. Il devient tellement stoïque à la fin qu’il en perd presque tout sens émotionnel, ce qui rend le personnage encore plus complexe et plus impressionnant.
Est-ce que cette nouvelle langue va devenir le nouveau Klingon, avec des cohortes de fans qui vont vous imiter ?
(Rires) Ce serait hilarant de voir des fans s’embrouiller comme deux chefs d’orchestre l’un face à l’autre ! Mais je ne pense pas que l’on en arrivera à ça….Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai hâte de voir comment les gens vont réagir et s’ils vont parvenir à déchiffrer ce que je dis sans les sous titres !
Vous avez joué quelques années dans une autre série, "Hell on Wheels" : est-ce que vous avez hésité à replonger sachant qu’un show télé accapare inévitablement ses comédiens ?
Cela ne serait pas une mauvaise nouvelle de voir cette série décoller et que l’on me signe pour plusieurs saisons. Le métier d’acteur est vraiment dur, et ce n’est pas facile de se faire une place au soleil. Alors quand vous décrochez un rôle comme Cullen Bohannon dans Hell on Wheels ou Black Bolt dans Inhumans, ce serait vraiment idiot de se plaindre ! Ça m’a pris du temps pour arriver à me construire une carrière alors ce n’est pas maintenant que je vais commencer à gémir parce que je suis "coincé" pour quelques saisons par une expérience aussi fantastique et époustouflante que Inhumans. Jamais de la vie ! Et puis je n’ai pas travaillé pendant plus d'un an et demi entre Inhumans et Hell on Wheels. Vous voyez à quel point c’est difficile de trouver un boulot… Et puis maintenant, la télé est devenu un univers dans lequel vous voulez évoluer comme acteur, car il y a de moins en moins de films de studios. La télé et les séries c’est le futur !