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    Cannes 2018 : pourquoi deux réalisateurs de la compétition sont-ils absents du Festival ?
    Par Corentin Palanchini — 13 mai 2018 à 13:12
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    Le 71ème Festival de Cannes voit les absences des réalisateurs Jafar Panahi ("Trois visages") et Kirill Serebrennikov ("Leto"), alors qu'ils présentent des films en compétition. Voici les raisons de leur absence.

    JACOVIDES-BORDE-MOREAU / BESTIMAGE

    Trois visages de Jafar Panahi, Leto de Kirill Serebrennikov, le point commun de ces deux films outre le fait qu'ils soient en compétition au 71ème Festival de Cannes est l'absence de leur réalisateur. Et contrairement à Jean-Luc Godard qui a choisi de ne pas se déplacer à l'événement, ces deux metteurs en scène n'ont pas pu profiter de la Croisette pour raisons judiciaires (et politiques).

    Jafar Panahi

    Le metteur en scène iranien n'était pas présent au Festival hier car il est assigné à résidence dans son pays. Il a été jugé en 2010 et condamné en appel en 2011 pour "activités contre la sécurité nationale et propagande contre le régime". Selon Le Monde, il préparait  un film sur la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad, survenue en 2009.

    Concrètement, le cinéaste a l'interdiction d'écrire des scénarios pendant vingt ans et ne peut se livrer à la moindre interview. Une fois sa peine de prison purgée, il ne sera éventuellement autorisé à se rendre à l'étranger que pour des raisons précises dont aucune n'est liée au cinéma. Son avant-dernier film, Panahi l'a d'ailleurs entièrement réalisé en caméra cachée (Taxi Téhéran).

    Un rassemblement a eu lieu à Cannes pour demander au gouvernement iranien la libération de Panahi ainsi que de le réalisateur Mohammad Rasoulof, détenu pour "atteinte à la sécurité".

    Le siège vide de Jafar Panahi lors de la projection du film.

    Kirill Serebrennikov

    Suspecté par Moscou d'avoir détourné des fonds publics, le réalisateur russe est assigné à résidence dans son pays. Il convient de préciser que Serebrennikov est opposé au régime de Vladimir Poutine. Il était donc absent de la conférence de presse de son film L'Eté (Leto), avec une équipe déplorant la situation.

    Il a été rappelé au début de cette conférence de presse que le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a envoyé une lettre à Vladimir Poutine en amont du Festival pour demander à ce que le réalisateur russe de L'Eté soit présent à Cannes pour la diffusion de son film. Poutine a répondu qu'il aurait été "très heureux d'aider le Festival de Cannes, mais que la justice est indépendante en Russie" et qu'il ne pouvait donner suite à cette demande.

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    Commentaires
    • Shaigan
      D'un autre côté, faut quand même avouer que c'est un peu paradoxal de reprocher à Poutine d'être un dictateur et de vouloir par ailleurs qu'il passe au-dessus de l'indépendance de la justice de son pays pour faire libérer quelqu'un.
    • J'aime pas les fils de pute
      Godard est une référence cinéma mais pas une référence politique.
    • L'irrationnel
      Énorme mdr
    • MGM-ranger
      L'Iran...quel dégringolade ce pays, pourtant si fabuleux. Depuis la chute du Shah c'est une vraie catastrophe sur tous les plans. Tout le travail de modernité et de laïcité des Pahlavi réduit à néant par des fous de dieu.
    • Alfred N.
      D'où l'absence de Godard.
    • John B. Root
      Il est toujours bon de rappeler que dictature et liberté artistique n'ont jamais fait bon ménage.
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