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    Happy Valley sur France 3 : que vaut la saison 2 ?
    Par Guillaume Nicolas (@gehenne) — 14 mars 2019 à 05:00

    Jeudi soir débute sur France 3 la seconde saison de Happy Valley. Sarah Lancashire renfile l'uniforme pour six nouveaux épisodes à l'intérêt relatif.

    2016 BBC/Red Production Company

    Il y a quatre ans, soit une éternité, Happy Valley rappelait que l’on pouvait toujours compter sur les séries anglaises pour frapper des grands coups. Un peu comme Broadchurch, l’année d’avant. Et un peu comme Broadchurch, l’annonce d’une seconde saison a surpris tout le monde. Est ce qu’il y avait encore quelque chose à raconter ? La créatrice et showrunneuse Sally wainwright en était persuadée. Le résultat ne lui donne qu’en partie raison.

    2016 BBC/Red Production Company


    Attention, drame copieux !

    L’histoire reprend dix huit mois après les événements de la première saison. Catherine Cawood (Sarah Lancashire) reprend du service, auréolée d’une décoration pour le sauvetage d’Ann Gallagher et l’arrestation de Tommy Lee Royce (James Norton). Ce dernier purge une peine de prison à perpétuité. La vie de Catherine pourrait reprendre un court paisible mais elle se trouve malgré elle mêlée au meurtre de la mère de Royce. Mais ce n’est pas fini. Elle doit aussi enquêter sur un serial killer dont la quatrième victime vient d’être découverte, alors que c’est l’oeuvre d’un enquêteur souhaitant se débarrasser d’une maîtresse maîtresse-chanteuse. Enfin, la petite fille de Cawood développe une soudaine relation avec son institutrice qui entretient une relation avec Royce… Non, nous n’avons pas spoilé toute la saison, ce n’est que le point de départ !

    Happy Valley s’est distingué par sa façon habile de manipuler des sujets lourds et pesants. Pour rappel, Catherine élève sa petite-fille, produit du viol de sa fille qui s’est suicidée. Et le père biologique n’est autre que Tommy Lee Royce. Oui, cela fait beaucoup pour une seule femme, mais c’est valable pour quasi tous les personnages. L’enlèvement d’Ann Gallagher de la première saison venait du comptable de l’entreprise de son père, qui, après s’être vu refuser son augmentation, a choisi cette drastique solution pour pouvoir offrir les soins de sa femme atteinte de sclérose en plaque. La vallée du titre n’a rien de happy. La seconde saison ajoute une dose de noirceur à un ensemble qui ne brillait donc pas par sa liesse, tout en se gardant bien d'être foncièrement désespérée. L'accumulation de malheurs n'obscurcit pas totalement un tableau qui parvient à garder quelques rayons de lumière. Le dosage est maîtrisé pour que l'ensemble ne dégage rien de suffoquant ou ne cherche pas non plus à manipuler le spectateur.

    On reprend les mêmes et on recommence ?

    C’est un peu ce que l’on peut reprocher à une seconde saison qui coche les cases avec application mais s’en trouve parfois prisonnière. Bien sûr il y a quelque chose d’enthousiasmant à voir Sarah Lancashire dans le rôle de Catherine Cawood. Son caractère bien trempé, son bagou, cette force naturelle qui peut vaciller sous les coups, le genre de personnage qui semble aussi bien bigger than life que profondément humain. La série se montre toujours aussi précise quand il s’agit de croquer le pathétisme des Hommes. Un peu à l’image des frères Coen dans Fargo, où le réalisme à l’anglaise se dispute avec une absurdité létale. Mais règne dans cette seconde saison une impression de redite, un trait un peu forcé qui repasse sur ce qui a été fait l’année précédente.

    Après le sentiment d'accomplissement que composait la première saison, cette nouvelle fournée d'épisodes montrent davantage un sens de la formule que le sentiment qu'il restait une histoire à raconter. La qualité générale est toujours au rendez-vous mais sans éclat. Sarah Lancashire est néanmoins toujours formidable et porte littéralement la série sur ses épaules. Finalement, rien que pour elle, cette seconde saison semble justifiée, car si Happy Valley compense quelque chose, c'est notre besoins de voir l'actrice anglaise. Elle joue actuellement dans MotherFatherSon, série diffusée sur BBC 2 avec Richard Gere et devrait revenir prochainement dans le rôle de Catherine Cawood, une troisième saison étant commandée.

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    Commentaires
    • PeSSouZiX
      Catherine élève sa petite-fille ou le comptable de l’entreprise de son père, qui, après s’être vu refuser son augmentation, a choisi cette drastique solution pour pouvoir offrir les soins de sa femme atteinte de sclérose en plaque....!??? N'importe quoi, rarement vu un résumé autant erroné !
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