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    Les Ombres Rouges : "pour une première fiction originale sur C8, c'est important d'avoir un programme fédérateur"
    Par Julia Fernandez - propos recueillis le 7 février 2019 — 26 mars 2019 à 10:00

    Entretien avec Cécile Grenouillet, productrice de la saga qui s'achève ce soir sur C8.

    Comment est née la série les Ombres Rouges ? 

    Cécile Grenouillet, productrice : Je suis arrivée chez Banijay Studios il y a un an, et le projet était déjà en partie développé. C'était une proposition en huit épisodes à l'origine, et plutôt un désir de C8 de développer leur fiction événementielle. Ils travaillaient avec Netflix sur Safe, diffusé en mars dernier, il y avait Access en développement, et Banijay travaillant déjà avec C8 sur d'autres projets de flux, on leur a naturellement proposé des choses. En imaginant ce qui pouvait les intéresser en fiction prestige, étant donné que ce n'est pas une chaîne généraliste mais que ce qui marche aujourd'hui sur ces chaînes-là, ce sont les sagas et les thrillers, on a proposé un mélange de saga familiale et de thriller. Le public de C8 à 20h30, on ne le connaît pas encore en matière de fiction française; on voulait leur proposer un concept déjà existant pour qu'ils sachent à quoi s'attendre, et ne pas partir sur quelque chose de trop segmentant.

    Etait-ce aussi une volonté éditoriale de C8 de proposer un genre bien identifié - celui de la saga - dans sa grille ?
    Oui, un genre populaire, il ne faut pas avoir peur des mots ! C'est aussi pour ça que j'avais envie de comédiens très identifiés à la télévision : Manon Azem, Antoine Duléry, Lannick Gautry, Raphaël Lenglet... jusque dans les secondes rôles comme Bryan Trésor et Elodie Varlet, qui sont des récurrents sur Plus Belle la Vie. Etant donné que nous avons tourné dans les environs de Marseille, il y a un vrai vivier de comédiens compétents sur place, ç'aurait été dommage de ne pas les solliciter. Eden Ducourant (Thelma) est moins connue, et je trouvais aussi ça intéressant de mixer les visages, y compris pour Nadia Farès qui a été absente de la télévision pendant une longue période. 
    Il y a un vrai soin esthétique apporté à la série; comment avez-vous travaillé là-dessus ?
    Je suis de nourrie de séries internationales, et j'ai envie de donner une vraie valeur de production aux séries que nous faisons. Pour cela, je trouve très enrichissant de travailler avec de jeunes chefs-opérateurs, qui ont souvent travaillé dans la publicité. Ils amènent une vraie "patte" visuelle à la série, et une identité qu'on a pas forcément vue ailleurs. Corinne Vargas, qui a réalisé la série avec Christophe Bauchand, est également chef-opératrice, et nous avions travaillé ensemble sur la série Tandem. Pour Les Ombres Rouges, on l'a fait "à l'américaine", mais dans le sud ! On travaillait avec un moodboard pour imaginer l'identité graphique de la série. Une de nos références principales était Bloodline, sachant évidemment qu'on ne pourrait pas rivaliser vu qu'on travaillait dans des délais extrêmement réduits ! On a tourné entre mai et juillet 2018, soit un peu plus de 45 jours pour six épisodes d'une heure.
    Pensez-vous renouveler en partie le genre de la saga d'été avec Les Ombres Rouges ?
    C8 était demandeur d'éléments familiers pour sa première mini-série, et les sagas françaises séduisent habituellement le public. Nous voulions en effet proposer une série plus lumineuse, tout en ramenant un peu plus de thriller que dans les sagas traditionnelles, et en donnant plus d'ambiguïté à nos personnages. 
    Les Ombres Rouges fait partie des premiers projets à proposer une fiction "maison" sur une chaîne de la TNT. Avez-vous senti une certaine responsabilité ?
    Oui, il y a forcément une responsabilité; c'est plus simple de produire des séries pour les diffuseurs hertziens traditionnels parce qu'on sait quelle est la cible, sur des cases qui fédèrent déjà. Aujourd'hui, C8 c'est beaucoup de flux : tout l'enjeu est de définir ce que les téléspectateurs ont envie d'y voir comme fictions et pas seulement ce qui nous plaît, et faire venir de nouvelles personnes qui ne connaissent pas forcément la chaîne par ce biais-là. Le public de C8 actuel est très masculin, et tourne autour de 50 ans en moyenne d'âge; or la chaîne veut diversifier son public. Si Les Ombres Rouges fonctionnent, il y aura plus de prise de risque par la suite; mais pour une première fiction originale, c'est important d'avoir quelque chose de fédérateur.
    Retrouvez les Ombres Rouges ce soir à 21h sur C8 et en intégralité sur MyCanal :
    Les Ombres Rouges - saison 1 Bande-annonce VF

     

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    Commentaires
    • ouadou
      énième thriller plan plan avec starlette... ça fait low cost sous tf1... on se croirait dans un soap
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