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    Dérapages (Arte) : l'histoire vraie de fausse prise d'otage qui a inspiré la série
    Par Jean-Maxime RENAULT (@J_M_Renault) — 30 avr. 2020 à 08:32
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    Aussi étonnant que cela puisse paraître, la série d'Arte "Dérapages" avec Eric Cantono est bien inspirée d'une histoire vraie, celle d'une fausse prise d'otage survenue en 2005, chez France Télévisions...

    Stephanie Branchu

    Dans Dérapages, mini-série en 6 épisodes diffusée sur Arte, Alain Delambre (Eric Cantona) est un homme que le chômage a détruit. Contre toute attente, sa candidature est retenue pour un poste de DRH. Alain veut y croire à tout prix, quitte à mettre sa famille en danger. Quand il comprend qu’il n’est qu’un faire-valoir pour conforter une candidature déjà retenue, il profite de l’épreuve finale pour dynamiter le système. Alain n’a alors plus rien à perdre... A l'origine adaptée du roman de Pierre Lemaître Cadres noirs, elle est inspirée, aussi étonnant que cela puisse paraître, d'une affaire de fausse prise d'otage qui a vraiment eu lieu en 2005 et qui sert donc ici d'"épreuve finale" pour tester la résistance au stress des collaborateurs.

    Les faits se sont déroulés le 25 octobre 2005 au château de Romainville à Ecquevilly dans les Yvelines et sont racontés dans une enquête détaillée de Médiapart. À l’initiative du directeur général de la régie publicitaire de France Télévisions de l'époque, une douzaine de personnes qui constitue le comité de direction est réunie pour un séminaire. C'est alors qu'un commando de 9 personnes cagoulées, lourdement armées, fait irruption dans la salle de réunion et prend en otage les cadres apeurés. Ce sont en réalité des agents du GIGN venus arrondir leur fin de mois. 

    Pendant plus d'une heure, les salariés sont ainsi sequestrés, menottés, cagoulés, malmenés, tandis que l'un des preneurs d'otage leur annonce qu'ils exigent qu'on leur remette la somme d'un million d'euros ainsi que la diffusion d'une vidéo lors du journal de 20h de France 2 du soir-même. La pression monte et la directrice commerciale présente, en état de choc, doit être évacuée. On finit par leur révéler que ce qu'ils viennent de vivre n'était en réalité qu'une mise en scène pour tester leur résistance, laquelle a été imaginée par leur directeur général, Philippe Santini.

    Ce qui a été vécu comme un "véritable acte terroriste" par les victimes laisse évidemment des traces au sein de l'entreprise, conduisant à des départs, volontaires ou non, de plusieurs collaborateurs et à des dégâts psychologiques importants. Il faut attendre un mois avant que Le Canard Enchaîné ne révèle l'affaire au grand public, une affaire qui ne fera finalement que peu de bruit puisque passée sous silence par les grands médias.

    En 2009, la plainte au pénal d'un collaborateur licencié aboutit à la condamnation de Philippe Santini, ainsi que celle du chef du faux commando, pour “complicité de violences volontaires aggravées, avec préméditation et usage ou menace d’une arme et séquestration”. Il ne quittera toutefois ses fonctions chez France Télévisions que trois ans plus tard...

    Ce type de méthodes de recrutement et de management semble heureusement rester rarissime et on ne recense pas d'autres cas similaires en France, ni avant ni après cette affaire. 

    La bande-annonce de Dérapages, disponible sur Arte.TV jusqu'au 13 mai avant de rejoindre Netflix :

    Dérapages - saison 1 Bande-annonce VF

     

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    Commentaires
    • Bruce W
      Sacré Eric Cantono...
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