La mémoire en vedette à Nantes

Au Festival des Trois continents à Nantes, les réalisateurs semblent obsédés par la mémoire des générations.

Venus d'Israël, du Vietnam, d'Iran ou d'Argentine, les réalisateurs présents actuellement au 19ème Festival des Trois continents à Nantes sont tous obsédés par la mémoire et la transmission entre les générations. Deuil, amour, meurtre, sexualité sont prétextes à de longues réflexions. Dans Inventaire de l'Israélien Amos Gitaï, Goldman confie à sa mère avant de se suicider: 'j'aurais aimé oublier que la vie continuera sans moi pendant des milliers d'années. J'aurais aimé comprendre la mort'. Rescapée des camps nazis, cette vieille juive polonaise lui réplique qu'elle n'a pas 'besoin de se délivrer' de cette peur qui subsiste pour tous et que le suicide ne vise qu'à celà. Sans convaincre son enfant. Avec La Danse du Vent de l'Indien Rajan Khosa qui semble avoir obtenu les faveurs du public dans la sélection officielle, Pallavi Seghel, une chanteuse, cherche son histoire pour retrouver sa voix perdue brutalement au décès d'une mère qui était aussi son professeur de musique. Mort et musique sont aussi la trame du long métrage iranien d'Ahmad Ramezan Zadeth, Bashir. Sur les bords du Golfe, Bashir apprend la musique avec un instituteur kurde qui revient chaque année sur les lieux où furent gazées, lors de bombardements chimiques irakiens, son épouse et sa fille. Attiré par l'argent facile du trafic, l'enfant va comprendre, grâce au tinbour, un instrument à corde traditionnel, que musique et contrebande ne font pas bon ménage et qu'il vaut mieux vivre de la pêche. Avec Retour à Van Ly, le Vietnamien Le Hoang suit, lui, l'itinéraire des cendres d'un soldat vietcong, ramenées du sud au nord par un compagnon de lutte, bientôt rejoint par un ex-sous-lieutenant de l'armée du sud. Scènes surréalistes dans un cimetière avec gardien 'pour assurer la tranquillité des morts' sous le regard, en pays bouddhiste, de saints catholiques en pierre. Le Festival des Trois continents se poursuit jusqu'au 2 décembre à Nantes. (AFP)

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