L'Inde en ébullition

La projection en Inde de 'Fire', un film sur l'homosexualité féminine, a suscité de vives critiques. Des cinémas ont été saccagés.

'Fire' de Deepa Mehta raconte une histoire d'amour entre deux femmes dont leur mariage respectif a échoué. Elles trouvent le réconfort dans ce nouvel amour. L'histoire est presque banale aujourd'hui. En Europe peut-être, mais sûrement pas en Inde. Ce pays, peuplé à 80 pour cent d'hindous, interdit l'homosexualité. Pour cette raison mais surtout parce qu'il est des vérités qui dérangent, quelque 200 militants hindous ont vandalisé deux cinémas de Bombay, pourtant capitale de l'industrie du film indien surnommée 'Bollywood' et ville ayant une forte communauté homosexuelle. Ces cinémas, selon l'AFP, diffusaient 'Fire'(http://cinescape.voice.fr/FILMS/fire/fire.htm), dans lequel la célèbre actrice Shabana Azmi tient le rôle principal. Elle incarne une femme qui quitte son mari pour vivre avec sa belle-soeur, elle aussi malheureuse en mariage.

On peut dire que ce film fait grand bruit puisqu'un vif débat a eu lieu au parlement de New Delhi, en présence de l'actrice (membre du parlement indien) où l'opposition a dénoncé 'l'intolérance' des nationalistes hindous au pouvoir en Inde depuis mars, ainsi qu'à Bombay. Ashok Row Kavi, le plus connu des défenseurs des homosexuels en Inde et ancien moine hindou, a déclaré à l'AFP que les auteurs de ces attaques ne connaissaient pas leur propre religion, l'hindouisme, qui définit le sexe comme l'un des trois moyens d'obtenir la rédemption et ne juge pas ceux qui sont différents.

Ces manifestations de violence ont surpris l'actrice de Fire, Shabana Azmi, puisque la censure indienne, toujours très vigilante, avait autorisé sa projection en salles. V.V.

FBwhatsapp facebook Tweet