Pour William Baldwin, Bernard Weinraub, journaliste au New York Times, a poussé le bouchon trop loin en écrivant un article critiquant ouvertement l'acteur Sean Penn. Cet article publié dans les colonnes du quotidien, est intitulé "Dead Man Whining" (les jérémiades de l'homme mort), référence au film Dead Man Walking (La Dernière Marche) réalisé par Tim Robbins en 1995.
Bernard Weinraud s'est attaqué non pas à l'acteur mais à l'homme au sujet de ses préférences en matière de voyage. Pour les besoins de la promotion du film The Thin Red Line, Sean Penn devait se rendre à Houston (Texas). La Twentieth Century Fox, productrice du film, a refusé alors de lui louer un jet privé pour s'y rendre comme il l'avait demandé. Sean Penn a aussitôt pris sa plume pour exprimer sa colère contre la compagnie. Il justifie sa demande par le fait que le jet aurait coûté à la Century Fox 6000 dollars, ce qui, comparé au rabais que j'ai consenti pour mon salaire dans ce film, équivaut au prix d'un poil du formidable cul de Monsieur Murdoch sur le marché. Les mots tact et diplomatie ne font apparemment pas partie du vocabulaire de Sean Penn.
Le journaliste du New York Times, marié avec la présidente de Columbia Pictures, Amy Pascal, a profité de l'incident pour écrire un article corrosif, et ironique, sur certaines stars d'Hollywood, dont Sean Penn. Regardez toutes ces pauvres stars de cinéma, écrit-il, sous-payées et surmenées, comme Bruce (Willis) et Julia (Roberts) et Harrison (Ford) et les deux Tom (Cruise et Hanks) qui gagnent à peine de quoi garder la tête hors de l'eau. Ces critiques ont fait littéralement bondir l'acteur William Baldwin, que l'on verra le 17 février prochain aux côtés de Jamie Lee Curtis dans Virus.
William Baldwin a adressé une lettre au directeur du magazine pour prendre avant tout la défense de Sean Penn. Voici quelques passages de cette lettre.
Sean Penn n'est pas un ami proche mais il est une simple connaissance et j'ai une grande estime pour l'artiste et le professionnel qu'il est.(...) Sean est un acteur, pas une star de cinéma.(...) Sean n'est pas Bruce, Julia, Harrison, et les deux Tom mais il est l'anti-Tom. Il est un des acteurs qui se battent contre les intérêts des studios commerciaux corporatistes afin de protéger le processus créatif.(...).
Ce dernier souligne, dans les lignes suivantes, qu'il ne juge pas les grands studios, car lui-même est satisfait d'avoir travaillé avec les grands comme avec les petits studios, mais il se demande ce qu'ont en commun des stars qui perçoivent plus de 20 millions de dollars par film, sans compter les extras, avec un type qui fuit ce système depuis des années et qui choisit une carrière différente.(...) C'est un acteur modèle qui inspire. Il est le brillant exemple d'une personne qui a toujours maintenu son engagement dans la qualité du travail et qui n'a jamais fait de vagues..
William Baldwin conclue sa lettre en expliquant qu'elle n'est pas du tout une critique des acteurs de studio mais uniquement une critique envers l'irresponsabilité et la négligence du journalisme pratiqué par Mr.Weinraub.. A bon entendeur, salut. M.L