Les Principaux Films récompensés à Cannes
1980
Palme d'Or : Que le spectacle commence (All That Jazz - USA) de Bob Fosse, ex aequo avec Kagemusha (Japon) d'Akira Kurosawa.
Gilbert Salachas :
"Bob Fosse, audacieusement, force la dose, porte le baroque jusqu'à son point d'incandescence limite, flirte avec le mauvais goût, malaxe les images, les idées, les symboles, salue le père Fellini d'un clin d'oeil appuyé, complice."
(in Télérama - mai 1980).
François Leclère :
"Bob Fosse, dont le film préféré est Chantons sous la pluie, vient de faire entrer la comédie musicale dans un âge nouveau. Pour la première fois, elle incorpore la vie dans sa totalité. La vie... et tout le bataclan. Ce que les Américains traduisent par "and all that jazz."
(in Le Matin - mai 1980).
1981
Palme d'Or : L'homme de fer (Pologne) d'Andrzej Wajda.
Claude-Marie Trémois :
"L'enthousiasme que déclencha, au mois de mai, l'annonce de cette Palme d'or, fut, il faut bien le dire, plus politique que cinématographique."
(in Télérama - 1981).
"Ou Wajda est trop proche des événements pour en faire un film de fiction, ou bien il croit qu'à une situation inextricable doit correspondre une écriture filmique tout aussi inextricable."
(in Libération - 26 mai 1981).
1982
Palme d'Or : Yol (Turquie) de Yilmaz Güney, ex aequo avec Missing (USA) de Constantin Costa-Gavras.
Yves Thoraval :
"Ce magnifique film qui a fait découvrir au monde la force d'un certain cinéma turc est un véritable réquisitoire contre les prisons de l'esprit et des traditions rétrogrades (...)."
(in Le Guide des Films - Jean Tulard - 1990).
Claude-Marie Trémois :
"Film éclaté (...), Yol est une symphonie de visages fermés aux yeux tristes ou durs où se lit tout le malheur du monde."
(in Télérama - 1982).
1983
Palme d'Or : La Ballade de Narayama (Narayama-Buschi-ko - Japon) de Shohei Imamura.
Charles Tesson :
"Un grand film, ambitieux et réussi. Le taxer un peu vite de classique, voire même d'académique, revient à l'identifier douteusement à l'ampleur de son sujet."
(in Les Cahiers du Cinéma - mai 1983).
Jean-Luc Douin :
"Le cinéma d'Imamura est celui d'un bestiaire fantastique animé par un dynamisme frénétique. C'est ainsi qu'il faut interpréter La Balade de Naranyama."
(in Télérama - 1982).
1984
Palme d'Or : Paris Texas (RFA/France) de Wim Wenders.
Claude Belly :
"Ce voyageur sans bagages, ce moderne baladin du monde occidental, à la conquête d'un obscur et insaisissable Graal, a réalisé (...) une sorte de western immobile, sans diligence, sans shérif, sans Indiens, un voyage au bout du désert avec comme guide un Ulysse taciturne et muet."
(In L'Avant-Scène Cinéma - juillet-aôut 1984).
Michel Pérez :
"C'est une des oeuvres les plus achevées de ce cinéma moderne dont il nous semble désormais qu'il ne nous a donné que des esquisses."
(in Le Matin - 19 septembre 1984).
1985
Palme d'Or : Papa est en voyages d'affaires (Otac Na Sluzbenom Putu -Yougoslavie) d'Emir Kusturica.
Jean-Pierre Hauttecoeur :
"Nostalgique du néo-réalisme à l'italienne, Kusturica peint avec légèreté des petits tableaux pointillistes de la vie quotidienne, vus par une caméra aussi lucide qu'ironique."
(in La Croix - mai 1985).
Joshka Schidlow :
"Emir Kusturica a le don, comme beaucoup de cinéastes de l'Est, d'évoquer des situations sinistres en n'en montrant que les aspects touchants ou risibles."
(in Télérama - 1985).
1986
Palme d'Or : Mission (The Missing - Grande-Bretagne) de Roland Joffé.
Francis Mayor :
"Contrairement à tant de critique, j'ai été émerveillé par la magnificience des paysages, l'effervescence superbe et terrifiante de la nature."
(in Télérama - 1986).
Laurent Baulard :
"Le caractère grandiose du cadre écrase les personnages et les réduit souvent à de simples éléments du décor."
1987
Palme d'Or : Sous le soleil de Satan (France) de Maurice Pialat.
Gérard Pangon :
"Une telle mise en scène ne donne pas le sentiment de l'Absolu. Elle rappelle plutôt les charlataneries de L'exorciste." (in Télérama - 1987).
Bernard Genin :
"Sous le soleil de Satan est un film de halètements, un corps à corps brûlant entre un homme et l'invisible."
(in Télérama - 1987).
1988
Palme d'Or : Pelle le conquerant (Pelle Erobreren - Danemark) de Bille August.
"Film de facture très classique, Pelle le conquerant frôle parfois l'académisme tant l'on se trouve en présence d'un film à l'implacable construction linéaire, aux acteurs parfaits dans un jeu sans surprise, à la mise en scène plus illustrative que véritablement inspirée."
(in Positif - 1988).
Joshka Schidlow :
"Pelle le conquerant tire le plus clair de sa force du talent de son auteur à capter, sans avoir besoin de recourir à des explications verbales, les pensées et les émotions d'un gosse de dix ans."
(in Télérama - 1988).
1989
Palme d'Or : Sexe, mensonges et vidéo (Sex, Lies And Videotape - USA) de Steven Soderbergh.
"C'est drôle, tonique, bien enlevé et ficelé. Construit en point d'interrogation avec happy-end en point d'exclamation."
(in L'Express - 6 octobre 1989).
Annie Coppermann :
"Plus un auto-exorcisme en forme de document fiction sur la vie et les moeurs des moins de trente ans outre-Atlantique qu'une oeuvre révélatrice d'un nouveau talent de créateur."
(in Les Echos - 4 octobre 1989).