Les professionnels israéliens du cinéma présents au festival de Cannes ont unanimement exprimé une grande joie à l'annonce de l'élection d'Ehud Barak comme Premier ministre.
"Les gens du cinéma sont plutôt de gauche, alors il ne faut pas s'étonner", explique une responsable du stand de promotion du cinéma israélien, installé dans le marché du film de la Croisette.
"La plupart des Israéliens présents à Cannes se sont débrouillés pour venir soit avant, soit après les élections", explique-t-elle. "C'était trop important pour nous de voter. Presque la moitié de ceux qui étaient obligés d'être là pendant toute la quinzaine ont pris l'avion dans la journée de lundi. Une dizaine d'entre eux a même loué un jet privé pour faire l'aller-retour", ajoute-t-elle, tandis que de nombreux visiteurs passent pour dire "un grand mazel tov" ("bonne chance").
"Cela n'arrête pas. Des Israéliens, des Américains juifs, mais aussi plein de gens qui n'ont rien à voir avec nous, des Portugais, des Belges, viennent nous féliciter, c'est très émouvant", dit-elle.
Le cinéaste Amos Gitaï, qui présentait jeudi Kadosh, le premier film israélien en compétition depuis 25 ans, est reparti dans son pays pour les élections. Il avait dénoncé l'ingérence de la religion dans la conduite des affaires en Israël.
"Il y a le risque que la religion étouffe ce jeune pays qu'est Israël, il faut préserver l'ouverture de notre pays et veiller à ce que des éléments irrationnels, comme la religion, ne façonnent pas notre avenir". "Notre société a besoin d'air", avait-t-il encore affirmé.
A.F.P