Hommage à Romy Schneider à Vienne
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A Vienne une exposition est entièrement consacrée à l'actrice Romy Schneider. Elle devrait bientôt arriver à Paris.

Le mythe Romy Schneider est plus présent que jamais : dix-sept ans après la mort de l'actrice, Vienne, sa ville natale, lui consacre une exposition interactive au plus près de la réalité, avec plus de 1.000 photos dont certaines inédites et des extraits de son journal intime.

Dans le vestibule, les murs parlent: "Je l'aime beaucoup (...) comme ma fille", confie le metteur en scène italien Luchino Visconti dont le portrait orne le couloir bordé de onze autres photos de proches qui ont côtoyé la star de cinéma et font leur commentaire tour à tour."Elle savait qu'elle perdait pied", estime le réalisateur français Claude Sautet, avec lequel Romy Schneider a beaucoup tourné dans les années 1970 tandis que l'acteur français Michel Piccoli, son partenaire dans cinq films dont Les choses de la vie (1969), la décrit comme "le contraire de la prudence et de la raison".

Il aura fallu dix ans pour réunir au musée Hofmobiliendepot de Vienne, plus de 1.200 objets qui retracent sur un total de 1.000 m2 divisés en quinze salles les 43 années d'existence de Rosemarie Magdalena Albach-Retty, fille aînée du couple d'acteurs autrichiens naturalisés allemands à l'époque hitlérienne, Magda Schneider et Wolf Albach-Retty.

Parmi les plus émouvants, son César obtenu pour Une histoire simple de Claude Sautet en 1979, qui a été prêté par sa fille Sarah Biasini, bien qu'elle ait refusé de venir voir l'exposition. Ou encore le trône impérial sur lequel Romy s'était assise incarnant Sissi, une image mièvre qui la priva de rôles plus importants en Allemagne. "Je ne suis plus une petite fille mais pas encore une vraie femme. A ce stade, il n'y a pas de rôle", déplore-t-elle dans son journal intime baptisé "Peggy", avant de tenter sa chance en France à 19 ans, où l'attend une carrière éblouissante.

A l'image de toute vie, le parcours de l'exposition qui s'achèvera à Vienne le 31 août pour rejoindre Paris en novembre, est fait de méandres et de surprises. Dans la pénombre, le visiteur est soudainement assailli par un tonnerre de flashs tandis que dans le fond, la voix de Romy Schneider retentit: "Ne photographiez pas s'il vous plaît...je suis actrice...".

Au premier étage, douze téléphones attendent d'être décrochés. Au bout du fil: des citations de films des années 1953-1958. Plus loin, bercé par le bruit des vagues, le visiteur pénètre dans une pièce d'un bleu presque aveuglant axée sur le film La Piscine avec Alain Delon, tourné cinq ans après leur séparation. A côté des autographes et des lettres tendres et drôles à ses amis, des photos de coulisses, mondaines et privées. "Les photos ont été prises en grande partie par le photographe du magazine allemand Stern, Robert Lebeck, un ami de Romy Schneider et un ami de Robert Amos, à l'origine de l'exposition", indique à l'AFP Gabriela Schmidle, attachée de presse.

"Il y aura 500 objets de plus à Paris pour des thèmes tels que Romy et les hommes, Romy et l'érotisme(...), sur 400 m2 d'espace supplémentaire", précise à l'AFP Robert Amos, qui n'hésite pas à faire le rapprochement entre Lady Diana et l'"Autrichienne au passeport allemand", pour son "incarnation de l'humanité". Selon lui,"elle était toujours à la recherche de l'amour vrai". "J'aime avec tout mon coeur", écrivait Romy.

Photos au berceau, clichés angéliques de première communion puis à l'internat de Goldenstein (Allemagne, 1949-1953), où elle écrit amèrement: "Jouer au théâtre m'amuse beaucoup. Dommage que maman n'ait jamais le temps de venir aux premières." Toutes les métamorphoses sont passées en revue, jusqu'à ce qu'on entende un coeur s'éteindre, le 29 mai 1982.

AFP