Le spécialiste des projets théâtraux démesurés, Robert Hossein, lance un pari. Et quel pari : mettre en scène le film aux onze Oscars, Ben Hur. Et pas n'importe où : dans le stade de nos champions du Monde, le Stade de France.
Ambitieux, gigantesque, sans pareil, surdimensionné, tout est bon pour qualifier ce nouveau projet de la Grande gueule du théâtre et cinéma français. Ce projet osé serait donné en l'an 2000, devant plus de 80 000 spectateurs pendant au moins dix représentations.
En pleine préparation pour son prochain spectacle, 1940-45 : De Gaulle, celui qui a dit Non (première représentation le 1er Octobre au Palais des Congrès), le réalisateur des Misérables veut s'attaquer à la super-production hollywoodienne de William Wyler. Tout le monde se rappelle de la scène mythique, où Ben Hur (interprété par Charlton Heston), cheveux au vent et muscles tendus, se lançait dans une course de chars, qui avait nécessité à l'époque quatre mois de tournage et 20 000 figurants. 14 millions de spectateurs en France se sont rués pour voir les combats de gladiateurs. Les Oscars récompenseront ce long-métrage par onze statuettes - un record jusqu'ici égalé que par Titanic.
Rendu populaire avec la série des Angélique (avec Michelle Mercier), Robert Hossein, discret au cinéma depuis quelques temps, s'est consacré au théâtre, où il est devenu le spécialiste des mises en scène populaires à grand spectacle. Inventeur d'un théâtre basé sur l'interactivité avec le public (Surtout ne coupez pas) et l'utilisation des images projetées durant le spectacle, Robert Hossein préparait, en accord avec le PMU, une véritable course de tiercé, tous les soirs de la représentation.
Mais, qui reprendra le rôle de Ben Hur dans ce super-show ? Hossein veut donner la chance à un jeune premier. Mais, il est certain que notre Gégé National va essayer de convoiter la place, lui qui est passé maître dans les transformations physiques.
Allez, "arrête-ton char, Robert !" L.B