Spike Lee doit s'expliquer
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Le dernier film du réalisateur américain, Spike Lee, "Summer of Sam", rappelle de mauvais souvenirs à New York.

Spike Lee dérange-t-il ?

En tout cas, une polémique, suivie d'une vague de protestations, a émergé pour la sortie de Summer of Sam, le dernier film du réalisateur "à l'humour black" Spike Lee (Do the right thing, Malcolm X), film qui met en scène la vie du tueur en série, David Berkowitz, qui terrifia New York durant l'été 1977.

Les familles des victimes ont été indignées par le long métrage qui, selon elles, glorifie un criminel. Chose que réprouve totalement le cinéaste, qui a expliqué que Summer of Sam racontait une période particulièrement agitée de New York, une ville totalement ruinée qui licenciait ses fonctionnaires, des températures records provoquant un black-out suivi de pillages, les hippies détrônés par le punk rock, les orgies sexuelles, une criminalité spectaculaire. Il a assuré au Daily News que l'atmosphère de la Big Apple lui permettait de raconter une formidable histoire.

Très remontées envers le cinéaste, les familles des victimes, qui ont avoué n'avoir encore pas vu le film, se sont déclarées choquées pour un réalisateur aussi talentueux d'avoir fait preuve d'une telle insensibilité pour les six victimes.

Arrêté en août 1977, le serial-killer, préférant les brunes à cheveux mi-longs, opérait suivant les conseils du ... labrador noir de son voisin, Sam. Le plus étonnant est que David Berkowitz, qui purge six peines de prison à vie consécutives, a accordé une interview au New York Times où il déclarait que certaines personnes ont ainsi voulu gagner de l'argent avec l'horreur de son passé.

Présenté au dernier Festival de Cannes où il fut reçu tièdement, Summer of Sam (avec Adrien Brody et Mira Sorvino) se présente plus comme un film qui décrit de manière exacte les événements de cette époque, époque d'excès en tous genres, les derniers sursauts du sexe insouciant, sans protection ; époque du Studio 54 où la disco et la drogue faisaient bon ménage.

Dans un communiqué, le réalisateur de Girl 6 a déclaré que "nous ne pouvons rien faire pour rendre à leurs parents (...) les proches qui ont disparu et il m'est absolument impossible de ressentir leur perte".

Evoquant à chaque fois ses thèmes de prédilection (jazz, racisme, violence), le Woody Allen noir a l'habitude des polémiques. La dernière remonte à l'épopée de Malcolm X où il s'était attiré les foudres pour avoir retracé la vie du leader charismatique musulman.

L.B