Surprenante prise de parole de la part Jean-Pierre Mocky (Les saisons du plaisir), réalisateur iconoclaste bien de chez nous. Venu à Besançon présenté en avant-première Tout est calme, il a déclaré que les Européens devraient tendre davantage la main aux Américains pour préserver l'exception culturelle. Il a notamment salué le combat de Martin Scorsese (Kundun) en ce sens.
Ce concept est au coeur de l'actualité puisque les négociations de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) auront lieu du 30 novembre au 3 décembre prochain à Seattle (Etats-Unis).
"On ne pourra pas protéger le cinéma uniquement en France pour les Français. (...) On fait bien l'Europe pour la vache folle, alors pourquoi pas pour les films ?" a lancé le réalisateur originaire de Nice.
D'abord acteur, Mocky est un cinéaste connu pour son ton provocateur. Cette prise de position est clairement en contradiction avec son attitude habituelle de repli. Il a d'ailleurs souligné ce contraste en reconnaissant qu'"il ne se voyait pas se coltiner avec des types qui font du cinéma pour plaire au public", même pour la bonne cause.
La ministre de la Culture, Catherine Trautmann a rappelé mardi à l'Assemblée Nationale que les films reflètent les valeurs d'un pays et qu'ils induisent des comportements de consommation. Elle a réaffirmé dans un article publié par le journal Le Monde que l"exception culturelle n'est pas négociable". De plus, elle n'est pas favorable à une commission "commerce et culture" au sein de l'OMC mais penche pour confier cette réflexion à l'UNESCO qui protège le patrimoine culturel mondial.
De son côté, la Société des réalisateurs de films (SRF) a convié des professionnels du monde entier à un forum sur la question dont les Français Robert Guédiguian (Marius et Jeannette, Cédric Klapisch (Peut-être), Pierre Salvadori (...Comme elle respire), Catherine Corsini (La nouvelle Eve) feront partie. Il se tiendra en Corse du 18 au 20 novembre et aboutira à la rédaction d'un texte qui sera diffusé à Seattle. C.R.