1500 francs de l'heure de jour, 400 francs de plus de nuit, c'est le ticket classique pour une scène dans le métro de Londres. La "London Transport" empoche chaque année jusqu'à 480.000 francs grâce au 7ème art.
Tom Cruise emprunte ses couloirs dans Mission : Impossible, tandis que Gwyneth Paltrow rate sa rame et se fait agresser dans Pile&Face. Christopher Reeve était lui aussi passé par là pour Superman 4. Et Boy George, The Prodigy et Suede l'ont choisi pour décor de leurs clips. Les plans ont généralement lieu en dehors des heures de pointe et le personnel participe volontiers au tournage.
Pourtant vous ne verrez jamais de meurtres sanglants sur ses quais si reconnaissables. "Nous ne le permettons pas. Nous n'aimons pas montrer les gens attaqués ou blessés de quelque façon que ce soit" explique Kate Blow, responsable de la communication. "Ce n'est pas réaliste. Cela n'arrive pratiquement pas, alors pourquoi le montrer ?" ajoute-t-elle.
Cette politique ne semble pas gêner les réalisateurs. Le sigle, un cercle rouge barré par "Underground", reste un symbole fort de la capitale britannique. Le service de Kate Blow reçoit près de 100 demandes par semaine! La ligne "Jubilee" s'est d'ailleurs agrandie récemment pour aller vers le sud-est de la ville, Docklands et Greenwich.
Outre-Manche, le métro parisien n'est pas en reste. Luc Besson dans Subway, nous fait découvrir une galerie de personnages et leur vie souterraine. On se souvient aussi de Zazie dans le métro de Louis Malle...
D'ailleurs il fête son centenaire. La station Bonne Nouvelle sera l'arrêt consacré au 7ème art. La ligne 1 avait été ouverte pour l'Exposition universelle de 1900. Les travaux commencés en octobre 1898 avaient duré 17 mois, de jour comme de nuit, sous la direction de Fulgence Bienvenüe. En mettant bout à bout le jour où le macadam s'est mis à bouillir, celui où il a fallu circuler en barque suite à une crue de la Seine, on pourrait bien écrire un scénario... C.R.