Voilà plus d'un an que le cinéma n'a d'yeux que pour ce jeune acteur français. J'ai nommé Guillaume Canet. Tout sourit à cet espoir du Septième Art : le métier de comédien comme celui de réalisateur. Mais peut-on continuer à parler d'espoir ? Ne vaudrait-il pas mieux reconnaître un talent que les succès confirment sans l'éroder ?
Guillaume Canet a enchaîné, durant l'année 1999, toute une série de tournages dont le point culminant aura été La Plage, cet été (sortie en France le 16 février). Si l'acteur nous est connu, le réalisateur qui sommeille en lui ne demande pas mieux que de s'exprimer. Guillaume Canet a donc choisi La Soirée du Court-Métrage pour présenter son dernier-né.
J'peux pas dormir, tel est son titre. Antoine, l'anti-héros incarné par Vincent Elbaz, vit chez un ami depuis plus d'un an. Le soir de son anniversaire, il couche comme d'habitude sur le canapé du salon. Il se relève, incapable de dormir, entendant en stéréo deux copains en train de s'éclater au lit avec des filles dans les chambres voisines.
Personne ne lui a fait de cadeau, Antoine décide alors de s'en offrir un. Il va s'accorder une dernière chance en débarquant chez la fille qu'il aime et qu'il n'a pas vue depuis un an. Ayant gardé les clefs de chez elle, il va faire une apparition très remarquée à une heure du matin, comme s'il était encore chez lui et que rien n'avait changé.
Surprise qui va créer un bouleversement dans la vie de Julie, interprétée avec beaucoup de sensibilité par Isabelle Carré (Les Enfants du Siècle), son ex, qui entre-temps a refait sa vie avec un autre homme, lequel est présent lors du débarquement impromptu d'Antoine.
J'peux pas dormir, c'est l'histoire d'un homme... Qui se réveille trop tard.
AlloCiné a rencontré pour vous Guillaume Canet et vous livre ses impressions de jeune réalisateur.
A.C: Comment est née l'idée de ce court métrage ?
Guillaume Canet: Elle est née d'une fin d'histoire dont j'avais, comme Antoine, gardé les clefs dans ma poche. Un soir, en passant en-bas dans la rue, on voit de la lumière alors on se dit : "Qu'est ce qui va se passer si je monte un an après en faisant comme si rien n'avait changé ?". Donc l'idée est partie de là et puis ça a été un mélange d'autres histoires, d'une soirée immonde qu'on a fait vivre à un ami qui s'appelle Jeremy auquel on a fait croire tout et n'importe quoi. C'était son anniversaire, on lui a fait sa fête...
A.C: Comment avez-vous choisi les acteurs ?
G.C: Le choix s'est fait simplement parce que je prenais l'avion avec Vincent [Elbaz], il a lu le scénario et m'a dit "je veux jouer dedans". J'ai accepté car je pense sincèrement que c'est un très bon comédien.
Isabelle [Carré] m'est venue à l'esprit parce que c'est une comédienne que j'aime beaucoup. J'apprécie sa personnalité et elle collait parfaitement au rôle. Pour Jean Christophe... c'est l'amitié qui a parlé, c'est presque un frère...
A.C: Quelles sont les motivations qui poussent à faire un court métrage ?
G.C: Après une telle expérience, on comprend beaucoup mieux pourquoi un chef-opérateur va vous demander de vous mettre à tel endroit plutôt qu'à tel autre. En raison de la lumière, par exemple. Quand on fait un court-métrage on travaille avec la technique. On a des exigences vis-à-vis des comédiens. On comprend mieux les métiers alentours, dont l'acteur, évoluant au sein d'une équipe, doit connaître le jargon. Tous les comédiens devraient faire un court métrage pour savoir ce que c'est... Etre réalisateur c'est raconter une histoire d'une autre manière, sous un autre point de vue.
A.C: Des projets de réalisation de longs métrages ?
G.C: Quel long métrage ? (rires). OK, c'est vrai, je travaille sur un scénario, mais je ne peux pas vous donner de date.
A.C: Pensez-vous que le court métrage soit le vivier des futurs cinéastes français ?
G.C: Oui, en partie. C'est là qu'on apprend à réaliser, à faire des bêtises, à travailler avec des comédiens. Il faut passer par là, même s'il existe des exceptions à la règle. Il y a une, ou plutôt des manières de raconter et de filmer les choses.
A.C: Dans quel film vous reverra-t-on bientôt ?
G.C: Je vais tourner dans le premier film d'Antoine de Caunes, Les Morsures de l'aube, et ensuite je rejoindrai Gérard Depardieu sur le tournage de Vidocq.
A.L.