La Cinémathèque et l'institut Cervantes de Toulouse (sud-ouest) rendent, du 24 février au 19 mars, un hommage exceptionnel à l'un des plus grands cinéastes du XXème siècle, Luis Bunuel (1900-1983), qui aurait fêté son centième anniversaire cette année.
Pour l'occasion, la Cinémathèque de la Ville Rose proposera aux cinéphiles l'intégrale des 32 films réalisés par le metteur en scène espagnol du Chien andalou et de L'Age d'or. La projection de ces deux chefs-d'oeuvre sera agrémentée d'une composition originale de Christopher Waltham interprétée par un quintet de l'Orchestre national de Toulouse.
Par souci d'exhaustivité, les organisateurs de la rétrospective présenteront également une dizaine d'autres oeuvres où le maître du surréalisme est intervenu en tant que scénariste, producteur ou acteur, ou même d'oeuvres qui ont influencé sa vocation, dont Les trois lumières du réalisateur allemand Fritz Lang.
"Notre hommage à Bunuel sera le plus complet des nombreux qui lui seront rendus cette année de part le monde", assure le délégué général de la Cinémathèque, Pierre Cadars. Entre autres perles, la cinémathèque a ainsi déniché auprès du Musée d'art moderne (MoMa) de New York un montage réalisé par Bunuel en 1940 à partir de deux films nazis pour dénoncer le mécanisme de la propagande.
Pour accompagner la rétrospective, l'institut Cervantes a mis sur pied une exposition organisée autour de deux grands thèmes : les grandes périodes de la vie du cinéaste espagnol et un clin d'oeil sur l'univers bunuélien et certaines des "obsessions", comme la religion, les croix ou les souliers, qui hantent son oeuvre.
"Nous avons rassemblé plusieurs centaines de photos, des manuscrits, des scénarios et des objets qui illustrent la vie de Bunuel, de ses débuts dans l'Espagne des années 1920 jusqu'à sa mort au Mexique en 1983, en passant par le surréalisme parisien et Hollywood", explique le président de l'institut Cervantes, Enrique Camacho.
Après Toulouse, l'exposition entamera un tour du monde qui devrait l'emmener au Centre Georges Pompidou, à Paris, puis vers l'Allemagne (Munich, Brême), l'Italie (Rome, Naples) et enfin New York. Elle fera l'objet d'un catalogue de 320 pages co-édité par le centre Georges Pompidou, en français et espagnol, enrichie des témoignages de Carlos Saura, Jean-Claude Carrière ou Michel Piccoli.
Pour ses organisateurs, cet hommage sera l'occasion de mesurer l'actualité de l'oeuvre du cinéaste espagnol sur les cinéphiles du XXIème siècle, spécialement les plus jeunes.
"Notre manifestation se veut plus qu'un hommage compassé à un réalisateur que l'on met sur un piédestal", affirme Pierre Cadars. "La curiosité de cette rétrospective, c'est aussi de savoir si ce cinéaste qui est apparu à son époque comme scandaleux peut encore sentir le soufre aujourd'hui", s'interroge le délégué de la Cinémathèque. "Ce dont je suis sûr, c'est qu'il ne laissera personne indifférent".
AFP