"J'ai reçu des pressions la semaine dernière, des appels anonymes en rapport avec notre programmation sur le cinéma iranien. On me laissait entendre qu'on surveillait tous mes mouvements" a déclaré la directrice de la cinémathèque de Nice, Odile Chapel. Ce sont ces menaces qui ont forcé la mairie à annuler le cycle prévu du 7 mars au 2 avril sur le cinéma iranien.
Cet événement était intitulé "Regards sur le cinéma iranien" et incluait notamment un hommage au cinéaste Abbas Kiarostami récompensé en 1997 à Cannes par une Palme d'Or pour son film Le Goût de la cerise. L'intrigue de ce long métrage se situe en Iran et plus précisément à Téhéran.
Le héros, Monsieur Badii n'a qu'une idée en tête, se suicider mais personne ne veut se charger d'enterrer son corps. Après s'être adressé à un soldat Kurde et à un religieux, il finit par se tourner vers un professeur qui lui suggère incidemment de goûter à la cerise. Ce fruit pourrait bien avoir le pouvoir de lui redonner envie de vivre.
Abbas Kiarostami s'est aussi vu décerné, en 1997, la médaille d'Or Fellini par l'UNESCO pour son oeuvre et sa lutte quotidienne au profit de la liberté, la paix et la tolérance. Ce réalisateur a tourné plus d'une dizaine de films à l'époque du Shah d'Iran.
Malheureusement les niçois ne pourront pas profiter du programme que leur proposait la cinémathèque. Le directeur de cabinet du maire, Alain Belais a illustré la décision de la mairie par ces propos : "Les menaces étaient suffisamment alarmantes pour que nous décidions d'annuler la manifestation. Il appraissait inconsidéré de faire prendre un risque à Madame Chapel et aux personnes susceptibles de venir à la cinémathèque."
A.L.