American Beauty Razzia

Après les Oscars et les Golden Globes, c'est au tour des BAFTA – les Oscars anglais – de faire un triomphe à "American Beauty", en remportant 6 trophées.

American Beauty Phénoménal

Les semaines se suivent et se ressemblent. Quinze jours après avoir raflé cinq statuettes à la dernière cérémonie des Oscars, c'est au tour des BAFTA – British Academy of Film and Television Awards (Académie Britannique des Arts du Cinéma et de la Télévision) – l'équivalent anglais des Oscars – de tomber sous le charme d'American Beauty.

Donné grandissime favori avec quatorze nominations, le premier long métrage de Sam Mendes, 30 ans, est reparti dimanche soir, sans surprise, de l'Odeon Leicester de Londres avec six récompenses. Dont trois principales : Meilleur film, Meilleur acteur pour Kevin Spacey et Meilleure actrice pour Annette Bening. Un Kevin Spacey, qui a remercié les organisateurs pour l'accueil très arrosé (alcoolémiquement parlant) de la soirée, et très reconnaissant envers le réalisateur pour lui avoir fait confiance dans le rôle de Lesther Burnham, ce père de famille en plein pétage de plombs : "C'est la chose la plus incroyable que l'on ne m'ait jamais donnée" a-t-il déclaré, ému, devant l'assistance.

Quant à Annette Bening, absente de la cérémonie pour cause de grossesse bien avancée, c'est la blonde Mena Suvari, la Lolita paumée et objet du désir de Spacey dans le film, qui est venue chercher à sa place, le trophée remis par Hugh Grant.

La déception – toute relative vu le nombre de récompenses raflées pour cette satire corrosive sur une famille au bord de la crise de nerfs - de cette cérémonie est venue de la catégorie du Meilleur réalisateur. A la surprise générale, alors que tout le monde s'attendait à un énième prix pour Sam Mendes, c'est finalement l'ibère metteur en scène, Pedro Almodovar, pour son Tout sur ma mère, qui s'est vu décerner le Prix David Lean – en hommage à l'illustre père de Lawrence d'Arabie. Déjà oscarisé Meilleur film étranger, Tout sur ma mère, remarquable mélodrame sur l'introspection féminine, est reparti avec d'autres lauriers puisqu'il s'est vu remettre également le prix du Meilleur film en langue étrangère.

Le BAFTA du Meilleur second rôle masculin est revenu au beau gosse ombrageux britannique, Jude Law, pour sa performance de Dickie Greenleaf, insouciant play-boy de la dolce vita, dans Le Talentueux M. Ripley d'Anthony Minghella.

Quant au Meilleur second rôle féminin, c'est la truculente Maggie Smith pour son rôle d'Hester dans Un thé avec Mussolini (de Franco Zeffirelli) qui a reçu le BAFTA.

Deux forts moments d'émotion ont marqué cette 52ème cérémonie. Tout d'abord, le triomphe réservé au vétéran Michael Caine, 67 ans, qui a reçu un BAFTA d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Oscarisé pour son rôle d'obstétricien dans L'oeuvre de Dieu, la Part du Diable, il était en compétition dans la catégorie de Meilleur second rôle masculin. Michael Caine reçut une ovation du public anglais qui lui a fait chaud au coeur, soulignant que le BAFTA était "la plus haute distinction que l'on pouvait recevoir du cinéma britannique". Se sentant toujours en marge du Septième Art de Sa Gracieuse Majesté, il espère que cet honneur rendu lui permettrait d'ouvrir des horizons dans le cinéma de la perfide d'Albion.

Ensuite, l'hommage posthume rendu au feu maître Stanley Kubrick. Le génialissime réalisateur de Orange Mécanique et de 2001, l'odyssée de l'espace fut mis à l'honneur pour sa contribution au cinéma. Et c'est sa veuve, Christiane, qui a reçu la distinction, remerciant l'Académie britannique.

L.B

LES PRINCIPAUX LAUREATS

Meilleur Film

--->American Beauty (de Sam Mendes)

Prix David Lean du meilleur réalisateur

--->Pedro Almodovar pour Tout sur ma mère

Meilleure Actrice

--->Annette Bening pour American Beauty

Meilleur Acteur

--->Kevin Spacey pour American Beauty

Meilleur Second Rôle Féminin

--->Maggie Smith pour Un Thé avec Mussolini

Meilleur Second Rôle Masculin

--->Jude Law pour Le Talentueux M. Ripley

Prix Alexander Korda du Meilleur Film Britannique

---> Fish and Chips (de Damien O'Donnell)

Meilleur Film de langue étrangère

---> Tout sur ma mère (de Pedro Almodovar)

Meilleur Scénario

---> Charlie Kaufman pour Dans la peau de John Malkovich

Meilleure Adaptation

---> Neil Jordan pour La Fin d'une liaison

Prix Orange du Public

---> Coup de Foudre à Notting Hill (de Roger Michell)

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