Carre(y)ment en colère

Une association US des maladies mentales dépose plainte contre le dernier film des frères Farrelly "Fou(s) d'Irène", une schizo-romance avec Jim Carrey.

Le film ne sort que le 23 juin prochain, simultanément aux States et dans le reste du monde. Mais, Fou(s) d'Irène, nouvel opus des déjantés et zinzins Farrelly Brothers avec le virtuose de la grimace, Jim Carrey et Renée Zellweger, déchaîne les protestations et la controverse.

Une Association américaine des maladies mentales, The National Alliance for the Mentally Ill (NAMI) est sortie de ses gongs et a déposé plainte contre la production, la 20th Century Fox. Le motif du courroux : le traitement quelque peu infligeant et léger des maladies mentales, notamment la schizophrénie, représentée dans le film par la performance (excellente) du héros de Man on the Moon.

Un Trio pour un Deux en Un

En effet, Fou(s) d'Irène décrit la schizo-romance d'un flic patrouilleur à moto, qui souffre d'un dédoublement de la personnalité : d'un côté, Charlie, un père modèle limite naïf ; de l'autre, Hank, un irrésistible Don Juan, macho, libidineux, brutal et concupiscent. Les deux, aux caractères antinomiques, n'en font qu'un, et tombent simultanément amoureux d'Irène, jeune et jolie paumée.

Corrosive, hilarante, iconoclaste, loufdingue, aux limites du bon goût, la nouvelle livraison des frères Farrelly, deux ans après le génialissime Mary à tout Prix, l'est incontestablement. Ce qui n'est pas du goût de cette Association de lutte contre les maladies mentales, qui perçoit Fou(s) d'Irène comme "ignorant et insensible aux personnes atteintes de ce mal, ainsi qu'à leurs familles".

Selon Bill Emmet, l'avocat de la NAMI, qui représente quelques 200.000 personnes atteintes de ces maux, le film de Peter et Bobby Farrelly, responsable de Dumb and Dumber, perpétue le mythe de la schizophrénie, cette psychose qui fait perdre à l'individu tout contact avec la réalité et tenir une conduite paradoxale.

Il reproche la campagne marketing orchestrée autour du long métrage, où le slogan est "du gentil au fou", renforçant ainsi le stéréotype de ces névroses.

Les producteurs se défendent d'avoir voulu choquer, s'accordant à dire que le héros souffre simplement d'un doublement de personnalité, où toute son agressivité refoulée jaillit soudainement sous la forme d'un alter ego diamétralement opposé. Les frères Farrelly et Jim Carrey n'ont, quant à eux, pas répondu aux protestations. Schizofrénésie ?

L.B

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