Toulouse poursuit sa politique en faveur du cinéma espagnol, lancée il y a déjà 4 ans. La ville rose accueillera en effet du 11 au 22 octobre la cinquième édition de Cinespana. Entièrement dédié au cinéma d'outre-Pyrénées, le festival proposera une programmation riche et variée : 9 long-métrages et 7 court-métrages concourront en compétition officielle, et autant de films des deux formats seront présentés dans la section Panorama. Parallèlement, le festival mettra à l'honneur les comédiens espagnols Marisa Paredes et Antonio Resines, et proposera une rétrospective des films du réalisateur Fernando Trueba. C'est José Luis Borau qui ouvrira les festivités, avec la projection de Leo, son dernier film.
Cinespana est bien plus qu'une simple programmation de films espagnols. L'équipe effectue chaque année un véritable travail en direction de cette cinématographie, qui est quantativement la troisième d'Europe, après la France et le Royaume-Uni. Au delà de la simple projection des films, des rencontres avec les réalisateurs et comédiens sont en effet proposées au public. Le but de cette politique est de fidéliser le public envers cette cinématographie. Au delà de Toulouse, l'équipe de Bernard Durand, délégué général du festival, a étendu son travail à la région Midi-Pyrénées. Cette année, une partie de la programmation sera ainsi reprise dans une trentaine de cinémas de la région. En revanche, le festival ne sera pas repris sur Paris.
Paradoxalement, bien que l'Espagne soit un pays limitrophe, les cinématographies françaises et espagnoles subissent une méconnaissance réciproque. En dehors de Pedro Almodovar, connu dans le monde entier principalement depuis le succès de Tout sur ma mère, de Cannes aux Oscars, le cinéma ibérique n'est pas connu en dehors du cercle des cinéphiles. Pourtant, les organisateurs du festival ont pu remarquer depuis 4 ans qu'il existait une véritable demande pour ce cinéma sur la région toulousaine : en effet, les entrées ont été multipliées par quatre depuis la naissance du festival. Si le festival participe à un véritable effort de communication sur le cinéma espagnol, il reste que cette initiative devrait être relayée par les distributeurs et la critique, afin d'assurer un rayonnement plus profond de cette cinématographie. Souhaitant devenir à terme l'équivalent de ce qu'est Deauville pour le cinéma américain, Cinespana affiche haut et fort ses ambitions, et espère insuffler aux professionnels une dynamique : si le festival remplit son rôle de découverte, l'aspect économique de la diffusion du cinéma espagnol –tout comme des autres cinématographies- reste à envisager dans sa globalité.
En ce qui concerne le cinéma français en Espagne qui, en dehors de quelques succès au box-office, le constat est le même : il n'est pas connu du grand public. C'est pourquoi le délégué général du festival, Bernard Durand, et ses équipes, ont mis en place un partenariat avec la ville de Saragosse. Cité jumelle de Toulouse –même nombre d'habitants, même économie mono-industrielle, également ville universitaire, Saragosse accueillera à partir de l'année prochaine Cinefrancia, un festival dédié au cinéma français. Ce festival sera le véritable jumeau de Cinespana, dont il adoptera la structure : une section compétitive, un panorama, un programme de courts métrages, des hommages... Cette manifestation bénéficiera du soutien d'Unifrance. Cette volonté de réciprocité entre les deux cinématographies est une initiative à remarquer, car elle est vraiment utile pour le rayonnement du cinéma espagnol et du cinéma français en dehors de leurs frontières respectives.
F.M.L