Lars von Trier est un cinéaste tourné vers l'expérimentation de techniques nouvelles pour le cinéma. Initiateur du mouvement "Dogme" il y a quelques années, il a signé des oeuvres singulières reconnues (ou conspuées) par les critiques du monde entier. On lui doit ainsi Breaking the Waves en 1996, Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 1996 et César 1997 du Meilleur film étranger, Les Idiots en 1998 et Dancer in the Dark cette année, Palme d'Or et prix d'interprétation féminine à Cannes.
Ouvert à de nouvelles expériences, le réalisateur déclarait la semaine dernière au mensuel allemand Cinema son rêve et son intention prochaine de réaliser... un film pornographique. La pornographie est selon lui un genre cinématographique très important. Il déplore ainsi : "Nous ne sommes visiblement pas capables de faire quelque chose de bien dans ce genre. Il est dommage que quelque chose d'aussi important soit négligé". Déclarant ne pas comprendre ce qu'il y a de si terrible dans le cinéma pornographique, il explique qu'un film X peut être fait de "technique et d'émotion" bien qu'il faille réellement "réfléchir à la façon dont on peut traiter le sujet, pour que le film soit intéressant".
En se penchant sur un tel genre, Lars von Trier donnerait peut-être au cinéma pornographique le moyen d'être considéré comme un véritable genre artistique du septième art. Les films Romance de Catherine Breillat et Baise-moi de Virginie Despentes et Coralie Trin Thi avaient récemment tenté de donner un élan artistique au genre, sans véritable succès et avec les scandales que l'on connaît. Cette initiative de Lars von Trier permettrait peut-être de donner au cinéma pornographique ses lettres de noblesse.
De plus, la "coutume" qui veut que les films du cinéaste danois soient présentés voire nominés à Cannes, pourrait permettre au cinéma pornographique de connaître la gloire du festival. Du X sur la croisette ? L'avenir nous le dira bientôt...
Y.S. avec AFP