Vingt ans, ça se fête. Amiens souffle ses bougies et fait le bilan de ses deux décennies d'existence.
Le Festival propose un choix de longs métrages qui ont marqué sa sélection Panorama, reflet d'un cinéma différent. La Cinémathèque Française a tenu à participer à la fête en offrant une sélection de vingt films qui retrace les moments forts de la manifestation.
Tout naturellement, cette 20ème édition fait la part belle aux rétrospectives, aux hommages, à la mémoire donc.
Consacrées au cinéaste mexicain Jaime Humberto Hermosillo (au centre de controverses dans son pays), Val del Omar (un chef-opérateur espagnol) et à l'Américain Jack Arnold (L'étrange créature du lac, L'homme qui rétrécit), ces rétrospectives attirent l'attention sur des cinéastes sous-estimés ou inconnus du grand public. Le Festival invite également à redécouvrir l'oeuvre de Claire Denis (J'ai pas sommeil, Nenette et Boni, Beau travail).
Amiens met à l'honneur quelques monstres sacrés du 7ème Art. A travers une création mêlant cinéma et music-hall, l'une des égéries de Rainer Werner Fassbinder, Hannah Schygulla (autant actrice que chanteuse), célèbrera la mémoire de Louise Brooks, l'inoubliable Loulou (Pabst, 1928) et l'héroïne du Journal d'une fille perdue (id., 1929).
Le Festival rend également hommage à James Coburn (Sept mercenaires, Il était une fois la révolution, Pat Garett et Billy le kid, La grande évasion), et ce en sa présence.
Mémoire toujours. Amiens a mis à contribution quelques cinéastes européens (Gianni Amelio, Jim Sheridan, Lars von Trier, Bertrand Tavernier, Jack Cardiff, Michael Haneke) pour établir une liste de quinze longs métrages, fleurons des cinémas d'Europe. Au menu de ce programme inédit en France figurent notamment L'homme au crâne rasé (André Delvaux, 1965), Une question de vie ou de mort (Michael Powell, 1946), Angel (Neil Jordan, 1982) et La dame de onze heures (Jean Devaivre, 1947).
Fidèle à sa réputation, Amiens reste avant tout un festival de découverte et d'exploration du monde à travers le cinéma. Les festivaliers pourront ainsi découvrir dans la sélection Panorama des films réalisés par des Indiens des Amériques (du Nord au Sud), des Polynésiens, des Australiens, des Inuits... Quel que soit le support utilisé (35 mm ou vidéo), ces images offrent un regard différent sur une réalité souvent méconnue.
Cette année l'accent est porté sur les cinémas du Sud, et plus particulièrement sur le cinéma africain, à travers les rencontres professionnelles (rencontre sur les financements des Cinémas du Sud, 5ème Fonds d'Aide au Développement du Scénario, Journée de l'Agence Intergouvernementale de la francophonie). Des films africains participent à la compétition (qui comptent 24 longs et courts métrages) et figurent également au programme de la section Information du Festival, "Le monde comme il va".
Ces différentes sélections constituent autant d'occasions de mener une réflexion sur le cinéma contemporain.
Des hommages, des inédits, des rétrospectives, des découvertes, le Festival d'Amiens célèbre dignement son entrée dans l'ère de la maturité.
G.V