Novembre, le mois de toutes les élections aux Etats-Unis – ou du moins celui des deux les plus importantes : la présidence et les nominations aux Oscars. Dans chacune des 24 catégories de la compétition, les écuries présentent leur crack. Avec à la clé une possible nomination aux Oscars, ce qui est déjà un succès en soi. Et tandis que l'Oncle Sam s'enflamme, l'étranger prépare ses visas. Car l'événement le plus américain du cinéma accorde aussi une (petite) place aux productions étrangères avec la Sélection du meilleur film en langue étrangère.
Le 27 octobre on apprenait que la France se ferait représenter par le rafraîchissant et grinçant Goût des autres d'Agnès Jaoui. Francophonie toujours, le Canada a fait de Maelstrom, du Québécois Denis Villeneuve, le porte-drapeau de sa production cinématographique. L'Italie enfin a révélé mercredi son favori : I cento passi de Marco Tullio Giordana.
Direction Orient. L'inévitable cinéma iranien a choisi pour ambassadeur Bahman Ghobadi et son Un temps pour l'ivresse des chevaux, déjà lauréat à Cannes et au Festival de Chicago. C'est enfin un autre film aux antécédents cannois qui représentera le Vietnam dans la course aux statuettes dorées, A la verticale de l'été de Tran Anh Hung. La liste complète des prétendants à la nomination sera publiée dans les prochaines semaines par l'institutionnelle Académie après réception des dossiers de candidature.
La première sélection se fera en janvier, après que les 5607 membres de l'Académie aient visionné moult films candidats. Le premier mois du nouveau millénaire sera consacré à l'envoi de bulletin de vote aux membres de l'Académie pour élire les 5 nominés de chaque catégorie. C'est la société privée PriceWaterhouse Coopers qui se charge de l'envoi et du dépouillement. Et c'est au cours d'une cérémonie en bonne et due forme que seront révélés aux médias les nominés de la 73ème édition des Oscars. Début mars les membres de l'Académie recevront de nouveaux bulletins de vote. Ils ont deux semaines pour les renvoyer et déterminer qui montera tout tremblant sur le podium pour réciter d'une voix chevrotante un discours préparé "au cas où".
Le dénouement est proche. Les mains moites et la gorge serrée, les gouttes de sueur qui perlent sur leur front et viennent occasionnellement échouer sur une enveloppe déchirée... seuls deux (incorruptibles !) employés de PriceWaterhouse Coopers auront connaissance des résultats du suffrage. Avant que ne retentisse fin mars 2001 dans quelque illustre salle de gala de Los Angeles l'incontournable "And the winner is...".
M.C.B. avec AFP