Pessac redécouvre l'Amérique

Ouvert le 22 novembre, le festival du film d'histoire de Pessac se poursuit jusqu'au 27 novembre. Thème de cette année : " Le pouvoir américain "

A Pessac, tous les regards convergent vers la patrie de l'Oncle Sam. Pour sa 11ème édition, le Festival international du film d'histoire explore en effet les méandres du " Pouvoir américain ". Il aborde ce thème à travers une programmation d'une cinquantaine de longs métrages.

Réalisés pour la plupart par des Américains, cette sélection réunit quelques brûlots signés Otto Preminger (Tempête à Washington), Sidney Lumet (Network), Alan J. Pakula (Les hommes du président), Alexander Mackendrick (Le grand chantages), Michael Ritchie (Votez McKay) ou Oliver Stone (JFK, Nixon). Poil à gratter dans le dos des Etats-Unis, ces metteurs en scène montrent la face cachée de la plus grande puissance mondiale.

Si tous ces films posent un regard acéré et parfois acerbe sur les Etats-Unis, certains le font avec le sourire. Ainsi la critique se mâtine-t-elle de comédie lorsqu'elle est formulée par Leo McCarey (L'extravagant Mr. Ruggles), Mike Nichols (Primary colors) ou Joe Dante (The Second Civil War).

Mais le cinéma ne constitue pas toujours un contre-pouvoir, loin s'en faut. Pour s'en convaincre, Pessac projette Independence day, qui atteste les tendances mégalomaniaques de la superpuissance américaine. Dans un registre moins caricatural, les spectateurs pourront redécouvrir Vers sa destinée de John Ford, une fiction à la gloire d'Abraham Lincoln avec Henry Fonda dans le rôle du président assassiné.

Mais le sujet, " Le pouvoir américain " n'est pas exclusivement traité sur le mode de la fiction. Le documentaire occupe lui aussi une place de choix à Pessac. Des films inédits alimenteront les rencontres d'histoire (cinq au total) qui concluront chacune des journées du Festival. Animées par les historiens André Kaspi et Pierre Sorlin, l'académicien René Raymond, Nicole Bacharan, le cinéaste Alain Corneau, ces débats s'attacheront à décortiquer le système américain, à souligner ses dérives, son hégémonie et les craintes qu'il suscite.

Le Festival propose également de nombreuses activités annexes destinées aux scolaires et à tous les festivaliers : rencontres avec des réalisateurs, des acteurs et des comédiens, des débats.

En 1999, le Festival abordait le thème du bonheur, cette année il se confronte au pouvoir américain. Un contraste qui prouve que Pessac a fait de l'éclectisme un credo. V.G

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