"L'événement théâtral de l'année" c'est le retour de Sam Shepard (Paris, Texas) sur les planches de San Francisco. Depuis le 7 novembre il a investit le Theatre On the Square avec sa dernière création en date, The Late Henry Moss. L'affiche est particulièrement alléchante : Sean Penn (Accords et désaccords), Nick Nolte (La coupe d'Or) et Woody Harrelson (Ed Tv) font partie de la distribution. Sans surprise toutes les représentations affichent déjà complet. Extinction des feux de la rampe le 17 décembre, et tant pis pour les retardataires.
Pas de grosses surprises non plus du côté de l'intrigue. On retrouve dans The Late Henry Moss (Le défunt Henry Moss, en V.F.) les signes de distinction habituels de l'univers shépardien – l'Ouest américain pour décor, des personnages écorchés par la vie pour héros. Ici, ce sont deux frères qui s'affrontent, tous deux largement chargés d'un passé violent. Earl et Ray Moss retournent à la demeure paternelle où les mystères de famille surgissent comme des diablotins d'une boîte. Une danseuse de rumba, un voisin cuistot, un conteur chauffeur de taxi, tous unis par la mort de Henry Moss.
Sam Shepard a confié les rôles des deux frangins – qui ne sont pas sans rappeler Aron et Cal Trask d'A l'est d'Eden – à Sean Penn et Nick Nolte, dont la réputation de mauvais garçons n'est plus à faire. The Late Henry Moss marque pour les deux acteurs un retour au théâtre après quelques années d'absence, douze pour Sean Penn, trente pour Nick Nolte qui avait débuté sur la scène du Pasadena Playhouse. Plus étonnant, Woody Harrelson joue ici la corde comique. Le trio de La ligne rouge est complété par la présence de Cheech Marin (Morceaux choisis) et T-Bone Burnett.
Si la pièce en impose par sa distribution de qualité, le succès de la pièce outre-Atlantique est surtout à mettre sur le compte de l'auteur qui la signe. Sam Shepard, vainqueur du Prix Pulitzer en 1979, est de retour dans la baie de San Francisco, là où il a passé quelques unes de ses meilleures années. Et c'est un événement de taille. Histoire de marquer le coup, il a fait son come-back dans la salle dont il était le "scénariste-résident" de 1975 à 1983.
M.C.B. avec Les Inrocks