Des cinéastes français et étrangers ont adressé une lettre ouverte à Jean-Charles Tacchella, président de la Cinémathèque française. Ils réclament la nomination de Pierre-Henri Deleau à la direction pour que la maison prenne une nouvelle orientation axée sur le cinéma vivant.
Cette missive a été envoyée en copie au Ministère de la Culture, au cabinet du Premier Ministre et au Centre National de la Cinématographie.
L'enjeu est de taille et dépasse nos frontières nationales. La Cinémathèque française est une association fondée en 1936 par Henri Langlois, Georges Franju, Jean Mitry et Paul-Auguste Harle pour défendre et diffuser le patrimoine cinématographique international. Le mot Cinémathèque a ainsi été créé et repris dans toutes les langues en imposant cette institution comme une référence mondiale. Le CNT en assure la tutelle et le soutien financier.
Jusqu'à maintenant, la maison s'attachait à remplir sa mission initiale : préserver la mémoire du cinéma en archivant, restaurant et diffusant des classiques tout en programmant des films contemporains. De multiples fonctions s'y sont greffées depuis.
La Cinémathèque française organise des conférences dans un but pédagogique et incite à penser à travers des publications. Elle édite également une revue semestrielle d'esthétique et d'histoire du cinéma "Cinémathèque" et soutient des opérations de partenariats avec d'autres institutions.
Tout un bataillon de réalisateurs français fait pression pour que Pierre-Henri Deleau soit nommé directeur. A la tête de ce groupe on trouve Bertrand Blier, Claude Chabrol, Bernard Giraudeau, Robert Guédiguian et Cédric Klapisch.
Pierre-Henri Deleau,ancien assistant-réalisateur, a acquis une réputation internationale en dirigeant pendant trente ans la Quinzaine des réalisateurs à Cannes où il a fait découvrir de jeunes talents du monde entier. Il est actuellement délégué général du Festival international des programmes audiovisuels. Il est donc compréhensible que des réalisateurs étrangers comme Pedro Almodovar, Youssef Chahine, Théo Angelopoulos, Manoel de Oliveira, Werner Herzog, Marco Bellocchio ou Ademir Kenovic s'impliquent aussi dans cette pétition.
Les cinéastes déclarent que le prochain directeur "ne doit pas être un simple administrateur-gestionnaire compétent". Ils sont persuadés que Pierre-Henri Deleau trancherait avec les politiques précédentes en donnant un coup de fouet à la promotion du cinéma contemporain.
A.C. avec l'A.F.P