Six réalisateurs récompensés

La Fondation GAN pour le cinéma a attribué, mercredi, 400 000 F d'aides pour la production de six premiers films. AlloCiné y était.

Le Fouquet's, mercredi 24 janvier 2001

Les six cinéastes primés avaient le sourire aux lèvres, jeudi, lors de la réception donnée en leur honneur au Fouquet's. Yamina Bachir-Chouikh était venue spécialement d'Algérie pour recevoir le prix accordé par la Fondation GAN pour la production de son premier film : Rachida. "J'ai traversé une période difficile dans mon pays. J'avais envie de raconter la douleur des gens, mais surtout leur dignité dans les épreuves", a confié la réalisatrice qui commencera le tournage en février. Elle racontera l'histoire de Rachida, une jeune enseignante à qui d'anciens élèves demandent de poser une bombe dans son école. Ayant refusé, elle sera frappée et se réfugiera dans un petit village.

Une autre femme a également été récompensée. Il s'agit d'Amila Escriva pour Avec tout mon amour. L'histoire se déroule dans l'Algérie coloniale. Au fil du récit, on appréhende le passé d'Eugénia, fille de riches colons espagnols et sa passion pour son mari avocat. Le casting est plus qu'alléchant puisqu'il réunit Jeanne Balibar (Ca ira mieux demain de Jeanne Labrune), Dominique Blanc (Ceux qui m'aiment prendront le train de Patrice Chéreau) et Dominique Reymond (Sade de Benoît Jacquot). "J'avais envie de me pencher sur les problèmes de la femme en Algérie au début du siècle, mais surtout sur les problèmes que rencontrent les femmes de manière générale. Dans le film, qui vient d'être tourné en Tunisie, l'héroïne ne cesse de chercher sa place. J'ai voulu faire sentir la solitude de cette femme", raconte la réalisatrice.

Le long métrage de Christophe Honoré, 17 fois Cécile Cassard rend, lui aussi, hommage à la femme. "Je voulais absolument que mon personnage principal soit une femme. Je ne voulais pas d'une intrigue construite, mais plutôt réaliser un portrait. Je suis ainsi la vie de Cécile Cassard sur trois ans", confie le cinéaste. Pour incarner son héroïne, Christophe Honoré a voulu une actrice à forte personnalité. Béatrice Dalle est fortement pressentie. Le tournage est prévu à l'automne.

La Cage d'Alain Raoust tournera aussi autour d'un personnage féminin. Anne, qui a purgé huit ans de prison pour homicide volontaire, essaie de nouer un dialogue avec la famille de sa victime. Le casting est en cours et le tournage aura lieu cet été.

Brice Cauvin, lui, a été récompensé pour le scénario de Square Trousseau, une histoire de couple qui se retrouve confronté à des difficultés matérielles et qui s'en trouve fragilisé. Lambert Wilson pourrait faire partie de la distribution.

Quant à Ismaël Ferroukhi, il a choisi Jalil Lespert (Sade de Benoît Jacquot, Ressources humaines de Laurent Cantet) pour interpréter le rôle de Reda dans Le Grand voyage. Le jeune homme, qui vit chez ses parents, supporte mal le poids des traditions. Lorsque son père décide de faire un pèlerinage à La Mecque, c'est lui qui est chargé de conduire la voiture. Un dialogue se nouera entre les deux hommes. Le tournage aura lieu en juin.

Chaque année, entre cinq et sept projets de films sont récompensés par une aide de 400 000 F à la production et 30 000 F au réalisateur. La Fondation, qui existe depuis treize ans, a aidé près de 80 films depuis sa création. "Nous essayons de promouvoir le patrimoine cinématographique en partenariat avec la Cinémathèque française, d'aider à la diffusion et de soutenir des festivals. Mais notre action la plus excitante est l'aide aux jeunes réalisateurs", explique Catherine Lecoq, déléguée générale de la Fondation.

Pour sélectionner les heureux élus parmi une centaine de scénarios, elle réunit, chaque année, quatre commissions de lecture composées chacune de cinq professionnels du cinéma. Cette année, l'actrice Amira Casar (La Vérité si je mens ! 1 et 2 de Thomas Gilou), le réalisateur Olivier Jahan (Faites comme si je n'étais pas là avec Jérémie Rénier et Emma de Caunes) ou encore le producteur Christophe Rossignon (A la verticale de l'été de Tran Anh Hung, Extension du domaine de la lutte de Philippe Harel) y ont participé.

Le prix de la Fondation GAN permettra peut-être aux cinéastes primés cette année de connaître le même parcours que d'autres prestigieux lauréats. Ainsi, La Vie rêvée des anges d'Erick Zonca, Y aura-t-il de la neige à Noël ? de Sandrine Veysset, Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, ou encore L'Odeur de la papaye verte de Tran Anh Hung avaient été primés.

M-C.H.

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