Pour sa troisième édition, les Cinéphonies de Lunéville (Lorraine) placent la musique au coeur du cinéma, et le cinéma au coeur de la musique. Cette année encore, le Festival se distingue par la qualité de ses invités, tous de grands noms de la musique de films.
A la tête de la Philharmonie de Lorraine, Vladimir Cosma dirigera quelques-unes de ses compositions les plus mémorables. Habitué des comédies (Alexandre le bienheureux, Les Aventures de Rabbi Jacob, Le Grand Blond avec une chaussure noire, La Totale), Vladimir Cosma a notamment composé les thèmes inoubliables de La Gloire de mon père, du Château de ma mère, de La Chèvre ou du Dîner de cons.
Autre invité de marque de la Biennale, Michael Kamen, le collaborateur de Terry Gilliam (Brazil, Les Aventures du baron Munchausen, Las Vegas Parano), de Richard Donner (la tétralogie Arme fatale), de John McTiernan (la trilogie Piège de cristal) ou de Francis Ford Coppola (Jack). Il créera pour l'occasion "The New Moon in the old moon's arms", une symphonie qui célèbre le nouveau millénaire.
Soucieuse de pédagogie, la Biennale propose une rencontre avec Gréco Casadesus, compositeur pour le théâtre et la télévision, qui présente l'envers du décor de la musique du film, de sa conception à sa réalisation.
En 2001, le Festival innove en organisant le concours du Jeune Compositeur de Musique de Film. Les participants, venus de France et de l'étranger, ont écrit chacun la partition musicale du même court métrage. A l'issue d'une sélection préalable, seuls dix d'entre eux ont été retenus. Les compositions des finalistes seront jouées en public et accompagneront la projection du court métrage. Un jury composé de Vladimir Cosma, Michael Kamen, Greco Casadessus et du réalisateur du court métrage, sera chargé d'élire le gagnant. Le lauréat aura le choix entre un prix doté d'une somme de 10 000 F ou l'assurance d'un premier engagement professionnel.
La Biennale s'attache à démontrer l'importance de la musique dans le cinéma. Support indispensable du cinéma muet, elle joue un rôle primordial dans l'exploration de pans entiers de ce cinéma oublié. Cette année, Lunéville célèbre Buster Keaton à travers un ciné-concert conduit par le Pierre Boespflug Trio. Le jazz-band agrémentera de compositions originales la projection du Cameraman (1928), un film que Keaton coréalisa avec Edward Sedgwick et qui présente les déboires autant professionnels qu'amoureux d'un opérateur de cinéma dans les années 20.
Entre concerts et soirées spéciales, le Festival réconcilie le mélomane et le cinéphile.
V.G.