"On ne force personne à aller voir Hannibal. Ces histoires de censure sont pure hypocrisie !" martèle Anthony Hopkins dans les colonnes du quotidien populaire allemand Bild. Pas content le héros d'Hannibal ! Le dernier film de Ridley Scott, qui met à nouveau en scène le psychopathe cannibale du Silence des agneaux, est menacé de censure et de restrictions (interdit au moins de 18 ans) en Italie, Allemagne et Australie. Raisons invoquées : le film serait beaucoup trop violent aux yeux des censeurs de ces pays.
Pas plus sanglant que les tragédies de Shakespeare
"De telles décisions seraient le meilleur moyen de détruire ce film", poursuit Anthony Hopkins. Et de plaider : "Hannibal n'est pas plus violent que les tragédies sanglantes de Shakespeare".
Jeremy Irons (Donjons et dragons), qui avait pourtant refusé le rôle d'Hannibal Lecter, prend lui aussi la défense du film. Depuis la Nouvelle-Zélande, où ce passionné de voile va participer à une course autour du monde, l'acteur fait appel, lui aussi, aux tragédies... grecques celles-là. "Hannibal n'est pas plus gore que certaines pièces grecques où l'on mange des tourtes aux enfants et où on leur arrache les yeux. Il faut relativiser, ce n'est qu'un film. Même s'il s'inspire de la violence de notre monde. Il faut faire preuve d'un minimum de recul face à ce genre de réalisations."
"Le film devrait être interdit aux mineurs..."
De son côté, Giancarlo Giannini alias Pazzi, l'inspecteur à la poursuite d'Hannibal dans le film, se montre plus réticent. "Le film devrait être interdit aux mineurs, selon moi". L'acteur italien (Le Dîner) ajoute : "cela va un peu trop loin parfois. Je n'emmènerais pas ma fille de dix ans voir un film tel que celui-ci. Mais il faut aussi garder une certaine distance. Quelques scènes relèvent plus de l'humour. Et le public adhère, puisque le film bat des records au box-office américain depuis sa sortie" (ndrl : le 9 février). Les spectateurs français devront, eux, patienter jusqu'au 28 février pour se faire une idée.
J.D. avec Reuters