Oscars : Bardem heureux mais pas trop

En lice pour un Oscar grâce à "Before Night Falls" l'acteur Javier Bardem regrette que cette nomination très médiatisée en Espagne éclipse le film.

Difficile ces derniers temps, en Espagne, d'échapper au phénomène Javier Bardem (En chair et en os, Entre les jambes). Déjà très populaire dans son pays, l'acteur fait l'objet d'un énorme engouement médiatique depuis sa nomination aux Oscars pour sa prestation dans Before Night Falls de Julian Schnabel (Basquiat).

Le film retrace la vie de Reinaldo Arenas, auteur cubain, expulsé de son pays en raison de son homosexualité. Atteint du SIDA, il finira par se donner la mort à New York, en 1990, à l'âge de 47 ans. Bardem incarne cet écrivain aux côtés de Johnny Depp, Sean Penn et Olivier Martinez. De passage, avec Julian Schnabel, à Barcelone pour la promotion du film, l'acteur ibérique est revenu sur cette nomination aux Oscars et sur sa collaboration avec le cinéaste américain.Morceaux choisis de la conférence de presse :

Comment départager un gladiateur, un naufragé et un poète cubain ?

Javier Bardem : "je mentirais si je disais que la compétition ne m'intéressait pas. J'étais évidemment ravi d'apprendre ma nomination. C'est un honneur. Mais le battage médiatique autour de ma présence aux Oscars occulte le plus important, à savoir le film lui-même et l'histoire tragique de Reinaldo Arenas. Je n'aime pas cette idée d'être en compétition avec des gens que j'admire et dont j'apprends beaucoup, tels que Tom Hanks (Seul au monde), Russel Crowe (Gladiator), Ed Harris (Pollock) ou Geoffrey Rush (Quills, la plume et le sang). Le seul moyen de comparer notre travail d'acteur aurait été de nous faire jouer le même rôle avec le même réalisateur. Qui peut départager un gladiateur d'un naufragé ou d'un poète cubain ?"

Julian Schnabel ému aux larmes par Bardem

Julian Schnabel : "je dois avouer que, parfois, j'ai pleuré en filmant Javier. Il se dégageait de son jeu une telle intensité, une telle émotion. Les quatre autres nominés sont très bons, bien sûr, mais, à mes yeux, il a réalisé la meilleure performance de l'année. Sa nomination est une petite goutte de justice dans cette machine absurde qu'est l'industrie cinématographique."

Pas un film politique

Julian Schnabel : "le film n'est pas un film politique qui présenterait Cuba comme un pays répressif et homophobe et les Etats-Unis comme une terre de liberté. Je suis apolitique, j'ai simplement fait un film sur un homme".

Javier Bardem : "les Etats-Unis sont présentés, au contraire, de façon obscure, ce n'est pas du tout le pays de la liberté."

Bardem peut-être dans le prochain Almodóvar

Javier Bardem : "par respect pour ce projet (ndlr : La Mauvaise éducation), je préfère ne rien vous dire pour le moment."

Rappelons que ce film de Pedro Almodóvar se plongera dans l'enfance du réalisateur. Eduardo Noriega, autre coqueluche du cinéma espagnol, avait un temps été annoncé pour y participer.

J.D. avec El País

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