Tout juste revenu de Cannes où il a obtenu la Palme d'Or pour La Chambre du fils, Nanni Moretti s'est envolé pour les Etats-Unis, direction Hollywood. Une rétrospective de quatre jours, qui s'est achevée dimanche 3 juin, lui était consacrée à l'Egyptian Theatre de Los Angeles. Les cinéphiles ont pu voir ou revoir Palombella rossa ou Journal intime. Le réalisateur italien en a profité pour donner une leçon de cinéma improvisée.
Le jeudi soir, le public a pu assister, dans une salle comble, à la première américaine de La Chambre du fils qui, en plus de la Palme d'Or, a obtenu le David (l'équivalent de nos Césars) du meilleur film en Italie. Nanni Moretti a expliqué sa façon de travailler : "J'adore mélanger acteurs de cinéma, de théâtre et non professionnels comme le fils et la fille de La Chambre du fils." Pour les choisir, le cinéaste a affirmé avoir recours à des auditions où chacun joue huit à neuf personnages différents. "Avant le film, je ne montre à personne le scénario car je suis possessif et jaloux. Mais je donne aux acteurs toutes les différentes parties où ils apparaissent." Le réalisateur a également confié ne pas faire de storyboard et ne pas préparer la veille les scènes du lendemain. "Je choisis mes prises quand je suis sur place."
Avec La Chambre du fils, il espère davantage toucher le public américain qu'avec ses précédents films. "J'ai fait des films qui étaient attachés à la vie quotidienne des Italiens alors que La Chambre du fils a un thème universel."
M-C.H. avec The Hollywood Reporter