J’ai surtout eu le sentiment d’assister à un projet très personnel, presque auto-centré autour de Jérémy Ferrari, avec un ton et un univers qui reprennent largement ce qu’il propose déjà dans ses sketchs et dans le personnage qu’il incarne habituellement. Sauf qu’ici, transposé au cinéma, cela ne fonctionne pas vraiment.
Dès le début, un malaise assez palpable s’est installé dans la salle. Et le constat est assez simple : pendant quasiment une heure et demie, aucun rire vraiment franc. Quelques sourires parfois, mais rien qui ne vienne réellement embarquer le public.
Très rapidement, j’ai eu l’impression de regarder une succession de scènes mises bout à bout, sans réelle progression ni fil conducteur. Ça enchaîne, mais ça ne raconte pas grand-chose. On attend un moment où tout va prendre forme… mais il ne vient jamais.
L’humour, qui devrait être le cœur du projet, tombe souvent à plat. Là où ça pourrait être mordant ou incisif, ça paraît étiré, sans rythme, comme si certaines idées n’étaient pas adaptées à ce format.
Côté réalisation, rien ne vient vraiment relever l’ensemble. Le rythme est irrégulier, parfois lent, parfois confus, et visuellement ça reste assez banal. Je ne me suis jamais senti embarqué.
Même au niveau des personnages, j’ai eu du mal à m’attacher ou même à comprendre où le film voulait m’emmener. Tout paraît un peu flottant, comme si le projet hésitait constamment entre plusieurs directions sans en assumer une seule.
Au final, j’en ressors avec une impression assez frustrante : celle d’un projet très personnel, mais qui manque clairement de structure et de recul, et qui ne parvient jamais à vraiment exister en tant que film.