Intense cité
Kaboul, août 2021. Vous pensiez avoir tout vu. Peut-être qu'un événement, loin d'être anodin, vous avait échappé. Martin Bourboulon le retrace en 13 jours, 13 nuits. Alors que les Talibans s'emparent progressivement du pays pour finalement prendre aussi le contrôle de la capitale, la seule forteresse à n'avoir pas encore déserté le terrain se retrouve être l'Ambassade de France. Pour les ressortissants éloignés de l'hexagone, mais aussi pour tous les autres qui n'ont pas fui à temps ou ne savent tout simplement pas où aller, c'est l'unique bastion qui peut leur assurer la sécurité, voire leur éviter la mort. Encore faut-il pouvoir y pénétrer, par la voie de la diplomatie, ou bien l'assaillir, par la voie de l'instinct de survie. Porté par Roschdy Zem, une fois de plus épatant, et par Lyna Khoudri, qui passe par toutes les émotions, ce récit d'un moment historique est haletant et fait battre le cœur ardemment, violemment, pendant près de deux heures.
Il faut organiser une extradition officielle en collaboration avec les gens les plus imprévisibles qui soient. Chaque personne à sauver est comme une allumette en feu au milieu d'une poudrière où tout peut déraper, s'enflammer et exploser. Quelle narration, quelle action, quelle tension !
Et, sous le commandement admirable de Mohamed Bida, le gouvernement français a certes pu se targuer d'une opération délicate au succès retentissant, il est vrai. Mais quelle tristesse, sur les dernières secondes du film, à la lecture de quelques lignes qui font redescendre à la seule réalité, celle d'aujourd'hui, avec des femmes qui ont tout perdu, de leurs droits les plus élémentaires jusqu'à, pour ainsi dire, leur propre identité.
Ô rage, ô désespoir... Tu nous prends aux tripes, mais quand nous libèreras-tu ?