Napoléon vu par Abel Gance partie 2
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TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

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5,0
Publiée le 17 février 2025
Comment Napoléon est devenu Napoléon ?

Bon je n'ai absolument pas les mots pour décrire ce que je viens de voir et ce que je viens d’entendre durant ces deux soirées. C’était une séance exceptionnelle, magique et unique.

Je ne vais pas écrire une review à rallonge, du moins je vais essayer, mais tout était parfait, parfait et plus-que-parfait.

Dès les premières secondes apparait une séquence culte, inoubliable celle spoiler: de la bataille de boules de neige à l’école de Brienne. Abel Gance nous filme la naissance d’un mythe, le mythe du Napoléon stratège. Le jeune Bonaparte est extrêmement mis en valeur par la caméra, il y a une puissante aura qui se dégage autour du personnage.


S’en suit plusieurs scènes tout aussi mythique sur son apprentissage: la bataille d’oreillers, la fuite du faucon, la punition…

On arrive ensuite à Paris, avec la Révolution Française qui bat son plein. Napoléon est mis de côté quelques instants pour nous permettre d’admirer des personnages de la Révolution, de découvrir le visage de simples inconnus qui veulent une nouvelle société qui leur ressemble davantage. C’est avec cette Marseillaise, qui donne les frissons, que cette unité se produit.

Petit détour, en Corse, pour revenir sur les pas de la légende avec des lieux qui ont réellement compté dans sa vie. spoiler: C’est à ce moment là du film qu’on observe peut-être, selon moi, le plus beau passage de cette “première époque“. Napoléon, figé aux Îles Sanguinaires, contemplant la mer, pensif, rêveur. Le regard en direction de l’horizon à la recherche de nouveaux défis, de nouvelles conquêtes ou bien encore de Sainte-Hélène.


Déboule ensuite une autre séquence assez folle, spoiler: celle de la fuite de Napoléon. À travers un montage alterné, il y a d’abord Napoléon sur son petit bateau, drapeau français en guise de voile, tentant de résister à l’immense tempête qui fait rage et au même moment à Paris une autre tempête s’est déclarée entre les Girondins et les Montagnards. Il y a un plan assez dingue de la caméra qui se balance telle une pendule à travers cette immense salle.

Enfin cette “première époque“ se termine par l’épisode du siège de Toulon qui est tout aussi magistrale en tout cas beaucoup plus que dans le film de Ridley Scott.

La deuxième époque débute avec des événements tout aussi marquants. La mise en scène, la photographie est toujours autant spectaculaire. On y voit toute la folie du personnage notamment lorsqu’il regarde le globe puis pense à sa Joséphine, il pense d’un côté à ses conquêtes amoureuses tout en réfléchissant à ses futures conquêtes territoriales.

Arrive la dernière heure du film. C’est l’apothéose !
Entre Napoléon qui arrive seul dans la salle de la Convention, pris d’un puissant pouvoir, d’une puissante mission émanant de l’esprit du peuple, des révolutionnaires avec encore une Marseillaise exceptionnelle.

Et le moment qu’on attendait tous, le fameux passage du triptyque ! Voir cet écran se réduire petit à petit pour en découvrir deux autres côte à côte, admirer la grandeur des étendues, de l’armée. Un des moments les plus magiques que le cinéma a pu faire.

Bref, ce film quasiment centenaire est un objet cinématographique rare, unique. Au point de vue technique, il n’y a rien à dire s’est maitrisé à la perfection: la photographie, la mise en scène, les jeux de lumière, les jeux de couleur, la partition musicale… Abel Gance est un génie.

Un film en avance sur son temps et en avance encore aujourd’hui. Voir une oeuvre comme celle-ci actuellement ça nous met encore une claque, même 100 ans après, c’est une source profonde d’inspiration. L’un des plus grands films jamais réalisés.

Merci à la Cinémathèque d’avoir, pendant une dizaine d’années, travaillé sur ce colossale projet. Le résultat final est spectaculaire. Merci aussi aux orchestres, au choeur et à toutes les personnes qui ont contribué à ce projet et à ces deux soirées.

Je tiens à préciser que je ne suis pas un admirateur de Monsieur Napoléon Bonaparte, il a fait des choses qui me dérangent un peu (beaucoup) mais, bon force est de reconnaître, qu’on idolâtre ou qu’on hait Napoléon, c’est un personnage qui, assurément, a un poids important voir le plus important dans nos livres d’histoire moderne.

Le Napoléon d’Abel Gance c’est un film avant tout patriote et non nationaliste. C’est l’amour de tout un pays, de tout un peuple qui nous est transmis pacifiquement et non une haine agressive envers un autre peuple. Napoléon n’est pas le seul héros de cette histoire, nous sommes aussi les héros de notre propre récit.
Napoléon vu par Abel Gance, un chef d’oeuvre absolu de 7h, on nous décrit un mythe, on découvre une réalité.
Michael78420
Michael78420

63 abonnés 1 903 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 décembre 2024
Il y a une telle distance entre 1927, année de sortie du film original, et 2024, que les images semblent avoir été tournées à l'époque de Napoléon, ce qui est troublant. Notons que les acteurs ont connu des gens qui ont vécu sous Napoléon, comme les gens de ma génération ont connu des gens qui ont vécu la Première Guerre Mondiale, ce qui semble rapprocher l'Histoire. Ce deuxième volet fait la part belle à un Napoléon intime, à la conquête de Joséphine de Beauharnais, l'attendrissant tandis qu'il joue avec ses enfants Eugène et Hortense. L'horreur de la Terreur et la toute puissance du Comité de Salut Public contraste avec ces moments de douceur. Le film montre aussi comment Napoléon assoie son autorité, par exemple lorsqu'il refuse le commandement de l'armée de Vendée : "Lorsque deux cent mille étrangers violent nos frontières cela me gêne en effet de faire la guerre à des Français !" La mise en scène de sa prise de contrôle de l'armée d'Italie en 1796 est admirable ! Seul regret au terme du visionnage des deux parties de ce Napoléon Vu Par Abel Gance, que le metteur en scène n'ait pas été en mesure de poursuivre son projet initial en traitant l'intégralité de la vie de celui qui allait devenir Empereur et changer l'Europe durablement.
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 décembre 2024
En 1927, Abel Gance signe une gigantesque fresque historique en retraçant le parcours de Napoléon. Compte tenu de son impressionnante durée (plus de sept heures de pellicule), ce long métrage a été coupé en deux parties lors de sa restauration. Le premier chapitre évoque l’adolescence de Bonaparte jusqu’à son ascension militaire, tandis que le second développe sa relation amoureuse avec Joséphine de Beauharnais jusqu’à la campagne d’Italie. En raison des imposants frais financiers, le réalisateur n’eut jamais la possibilité d’achever le tournage de la vie de l’empereur. Néanmoins, cette œuvre constitue une référence tant la mise en scène est fulgurante. Entre les centaines de figurants, la reconstitution d’époque et les innovations technologiques (par exemple, l’utilisation de trois caméras permettant de produire des images panoramiques), cette épopée se contemple telle une peinture animée. Bref, une grande expérience cinématographique au service de l’Histoire.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 décembre 2024
La seconde partie de "Napoléon vu par Abel Gance" explore avec intensité les tumultes de la Révolution française et l'ascension progressive de Napoléon Bonaparte. Le film s’ouvre sur des scènes marquantes liées à la violence révolutionnaire, soutenues par des effets de montage rapides et audacieux qui renforcent la tension dramatique. Les innovations techniques, telles que les surimpressions et les travellings fluides, témoignent de l’avant-gardisme de Gance, repoussant les limites du cinéma muet pour immerger le spectateur dans le chaos révolutionnaire. Cependant, le rythme narratif est parfois ralenti par des scènes excessivement détaillées. Malgré ces faiblesses, cette deuxième partie demeure une œuvre magistrale, à la croisée de l'art et de l'histoire, avec des centaines de figurants mobilisés pour recréer l’effervescence de cette époque. Une expérience à ne pas manquer pour les passionnés d’histoire et de septième art.
ManoCornuta

359 abonnés 3 068 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2024
Deuxième partie consacrée à l'ascension militaire et à la naissance de l'amour, dans laquelle Abel Gance déploie son inventivité pour en faire un spectacle à la limite de la fantasmagorie, entre les filtres de couleurs et les mouvements de caméra, les collisions d'images à la signification lourde. Dans ce tourbillon, la figure d'Albert Dieudonné est transcendée et écrase tout sur son passage, avec une palette d'expressions qui s'accordent totalement avec le personnage. L'emphase est au rendez-vous jusqu'aux dernières minutes dans ce spectacle total.
guillebotis
guillebotis

4 abonnés 87 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 décembre 2024
Génie du cadrage et de la lumière, inventeur, précurseur, visionnaire, Abel Gance livrait au monde son chef d'oeuvre intercontinental en 1927. Des fragments jaunis et figés dans les mémoires des cinéphiles, après ce travail inouï de restauration, surgit un ouvrage vivant, lyrique mais aussi ponctué de légèreté parfois et souvent d'humour, construit comme une fresque de Delacroix. Grâce à l'excellence et à la minutie des différents corps de métier attelés à la restitution de l'oeuvre, grâce à une coordination aussi exemplaire que pour la restauration de Notre Dame de Paris, le sauvetage de ce monument absolu du cinéma repasse à la postérité pour un nouveau bail, éternel ose-t-on espérer cette fois ! La musique, remarquable pot-pourri orchestré et admirablement dirigé, est à la hauteur de l'ouvrage visuel. Un nouveau chef d'oeuvre, collaboratif cette fois, est né.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 décembre 2024
En 1921, Abel Gance est déjà un réalisateur français reconnu et célébré depuis le succès de « J’accuse » (1919) dont le titre est inspiré du célèbre article d’Émile Zola paru le 13 janvier 1898 dans « L’Aurore » en faveur du Capitaine Dreyfuss convaincu d’intelligence avec l’ennemi. Le film sorti juste après la fin de la Grande Guerre qui en fait son théâtre d’action sur fond de romance amoureuse tragique a été parfois perçu par la critique comme délivrant un mélange peu orthodoxe et assez confus entre pacifisme et patriotisme. Après avoir assisté en 1921 à une projection de « Naissance d’une Nation » de D. W. Griffith, Gance fut fortement impressionné par la dimension épique du film. Sur le même principe Abel Gance envisage à son tour de rendre hommage à l’épopée napoléonienne, l’Empereur étant mort cent ans plus tôt à Sainte-Hélène, le 5 mai 1821. Une épopée qu’il conçoit sur huit épisodes englobant l’ensemble du parcours du grand homme encore héros national à l’époque. Abel Gance a conçu un projet s’élevant à 20 millions de francs pour l’ensemble des huit épisodes. Le tournage du premier film avec ses trois premiers épisodes (La jeunesse, La Terreur et Arcole) dépassant les 17 millions de francs ajoutés à la faillite de son bailleur de fond principal (l’Allemand Hugo Stinnes), anéantit malgré le succès rencontré en salles, la poursuite de l’œuvre gigantesque entreprise . Les décennies passant, le film amputé et plusieurs fois remonté, est devenu un mythe notamment en raison du nombre de versions et de restaurations qui se sont succédé. Avant la restauration lancée en 2008 par la Cinémathèque Française sous l’égide du chercheur et cinéaste Georges Mourier, Henri Langlois et Marie Epstein en ont proposé une version de 19 bobines à la Mostra de Venise en 1953 suivis par l’historien anglais spécialiste du cinéma muet Kevin Brownlow avec pas moins de trois versions (1979,1983 et 2000) et enfin Bambi Ballard qui déjà commandité par la Cinémathèque Française en présenta une autre en 1992. Francis Ford Coppola grand admirateur du film et de son réalisateur affirme que pas moins de 19 versions auraient été en circulation. Cette quête d’une version définitive entoure le film d’une part de mystère qui fera beaucoup pour son aura. La dernière en date dont on ne peut affirmer qu’elle sera la dernière a été projetée séquencée en deux films de respectivement 3h51 et 3h21. « Napoléon » joyau d’un cinéma muet français jouissant d’un prestige moindre que celui du cinéma allemand des Fritz Lang, Wilhelm F. Murnau, Robert Wiene, Paul Wegener ou du cinéma américain des D.W Griffith, Erich Von Stroheim, Charlie Chaplin et Frank Borzage a été diffusé en intégralité sur une chaîne de télévision nationale avant une exploitation sur support DVD prévue en 2025. En un siècle on ne peut que constater combien l’image de Napoléon a évolué au fil des travaux d’historiens de diverses obédiences ne retenant parfois que l’image d’un dictateur omniscient et obsédé par son propre reflet, le tout au mépris de la vie humaine. Le travail d’Abel Gance notamment pour cette période, la plus glorieuse couverte par les trois épisodes en question, ne remonte donc pas à la surface sur une mer très calme. Assurément pour apprécier le travail titanesque d’Abel Gance en ce XXIème siècle de toutes les incertitudes, il faut regarder le film en le replaçant dans le contexte de son époque. Exercice qui semble de moins en moins à la portée de tout un chacun alors que le bond de géant effectué par le progrès technique pousserait certains à penser que l’histoire désormais commence à l’ère du numérique. Muet, son film trop long, Abel Gance aurait sans doute gagné à plus de concision afin de donner plus de force à son épopée qu’il étire en de nombreux passages notamment lors de la première partie consacrée à l’enfance et à la jeunesse du futur général dont on comprend rapidement que Gance entend convaincre que sous le mioche moqué par les plus grands que lui, couve déjà le génie tactique du pont d’Arcole (l’épisode un peu naïf de la bataille de boules neige dans la cours de l’école de Brienne). Cette partie forcément moins documentée de la vie de Napoléon ne méritait pas autant d’attention de la part d’un réalisateur qui se disperse quelque peu ayant recours à des personnages fictifs superfétatoires qu’il emmènera jusqu’au bout des sept heures de projection. Heureusement la jeune fille de boulanger transie d’amour pour le jeune écolier sera interprétée adulte par la très gracile et photogénique Annabella. L’apparition sur l’écran d’Albert Dieudonné finalement choisi après que Ivan Mosjoukine a refusé le rôle de Napoléon, permet au film démarré en mode mineur de prendre enfin son envol. Complétement investi, l’acteur déjà âgé de 38 ans conscient de tenir ici le rôle de sa vie apporte toute sa fougue et la noirceur d'un regard que Gance ne se prive jamais de filmer en gros plan. Parallèlement au parcours chaotique du jeune Bonaparte au sein d’une armée ankylosée, scandé par des retours en Corse pour contrer les acoquinements de Pascal Paoli (son ex-mentor) avec les Anglais, Gance suit les soubresauts de la fièvre révolutionnaire qui monte jusqu’à l’acmé de la Terreur où Robespierre (Edmond van Daële) et Saint Just interprété par Abel Gance lui-même s’activent à faire couper les têtes qui dépassent. Les moments les plus importants prennent la forme de tableaux grandioses rappelant ceux du peintre Jacques-Louis David lui-même député de la Convention. Une esthétique romantique de la part d’Abel Gance, rendant parfaitement ce que l’imaginaire peut retenir de ces moments de catharsis où la violence prend presque systématiquement le pas sur les bonnes intentions du départ. A partir de la seconde partie, les longueurs sont moins pesantes, le récit retrouvant toute sa force, porté par un Dieudonné en apesanteur. Quand la campagne d’Italie inaugure la période de gloire de celui à qui plus rien ne résiste, arrive alors très à propos le procédé nommé « Polyvision » par son créateur Abel Gance épaulé par André Debrie, ancêtre du Cinémascope qui permet d’obtenir grâce à trois caméras projetant sur trois écrans différents, une image trois fois plus large tout à fait adaptée aux scènes de bataille. L’effet est saisissant, voyant Napoléon à cheval sortir d’un écran pour entrer dans un autre. Belle manière de finir cette entreprise qu’on ne pourrait plus concevoir aujourd’hui où les projets de films se construisent essentiellement sur des bases marketing. Artiste d’un autre temps, quelquefois décrié souvent controversé, Abel Gance a réussi le tour de force de faire encore parler de lui alors que son chef d’œuvre est bientôt centenaire. De quel réalisateur français contemporain parlera-t-on en 2124 ?
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 novembre 2024
Jusqu'à présent, je n'avais jamais eu l'occasion, ni surtout le courage, de visionner le célèbre "Napoléon" d'Abel Gance. J'étais perdu devant les multiples versions et remontages qu'il en existe, et effrayé par la durée gargantuesque de chacune d'elles.
En 2024 sort cette restauration, issue d'un travail de fourmi de 16 ans (!) commandé par la Cinémathèque Française. Visant à reconstituer la "Grande Version" présentée en 1927, couvrant essentiellement les années 1792-1796. Et d'une durée de plus de 7 heures... Voilà enfin l'occasion de s'y mettre, et en full HD s'il vous plait !
Et bien... waouh.
Le défaut évident est la durée très luxueuse, qui en rebutera plus d'un. Certains passages auraient pu/du être écourtés. Tels que le prologue sur l'enfance à Brienne. Ou le début de la deuxième partie, après le siège de Toulon, où il y a un passage à vide, Napoléon étant en retrait de l'intrigue. Les restaurateurs ont voulu préserver les idées d'Abel Gance de l'époque plutôt que de mettre le rythme au goût du jour. Soit, ça s'entend complètement.
Pour le reste, "Napoléon" mérite parfaitement sa réputation de must du cinéma muet et du cinéma français. Abel Gance livre un film aussi audacieux que monstrueusement ambitieux, tant sur la forme que le fond. Avec de nombreuses séquences qui prennent aux tripes.
La première Marseillaise entonnée devant une foule, en pleine Révolution. Une poursuite endiablée à cheval, avec caméra à l'épaule et traveling : totalement dingue pour l'époque. Divers montages presque psychédéliques, sur les affres de la Révolution, dont une scène de fantômes très réussie. Le siège apocalyptique de Toulon.
Et bien sûr toute la dernière demi-heure, tournée en polyvision (3 écrans / caméras agencés), soit en format 4:1 complètement délirant. De quoi permettre des plans de fous bien avant le cinémascope, et des expérimentations lyriques barrées.
A côté, l'écriture du personnage est très intéressante. On est clairement dans un portrait iconique, Napoléon étant présenté comme une figure d'autorité (sur)naturelle, un génie militaire, et un despote éclairé, motivé par la propagation des idées de la Révolution. De nombreuses citations historiques tentent de nous faire croire que ce qui est à l'écran est la vérité. Toutefois ce parti pris très fort est ostensiblement assumé.
Pourtant il y a aussi des passages qui rendent Napoléon très humain, avec de l'humour inattendu. Dont le volet de séduction de Joséphine, où Napoléon apparait comme un parfait ahuri !
Albert Dieudonné tient clairement là le rôle de sa vie... et de sa mort (il sera enterré avec un costume de Napoléon).
Par ailleurs, le film ne se prive pas pour livrer une peinture au vitriol de la boucherie que fut la Révolution. Sans aucune pitié pour Robespierre, Danton, ou Marat, affichés comme des fous furieux. Bref, c'est un beau portrait d'une figure marquante, doublé d'une fresque historique d'ampleur sur des années terribles.
La cerise sur le gâteau étant la magnifique restauration. De bons choix de musique, et une qualité d'image incroyable pour une oeuvre qui a pratiquement un siècle.
Foncez à l'assaut des 7 heures !
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 novembre 2024
Une œuvre opératique et par moments hypnotisante, emprunte d'une modernité assez stupéfiante pour un film de 1927.

Des flottements et des longueurs par-ci par-là (en particulier dans sa 2e partie, un peu moins passionnante), ce qui est presque inévitable dans un film muet de plus de 7h.

Une odyssée cinématographique dotée d'une ampleur indéniable et d'une réalisation frôlant parfois l'expérimental (le triple écran panoramique, assez dingue), remise aujourd'hui en lumière dans sa version intégrale d'origine grâce à un travail de restauration titanesque de plus de 16 ans.

Un très gros (presque trop gros) morceau de 7e Art que je suis bien content d'avoir enfin pu découvrir, même si personnellement, des œuvres comme «L'Aurore» ou «Metropolis» me parlent et me touchent davantage (pas assez fan de Bonaparte sans doute ^^).
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 septembre 2024
Merci au Ciné St Leu d’Amiens de nous avoir présenté le film « Napoléon vu par Abel Gance » en 2 parties, l’une de 3 h 51 et l’autre de 3 h 27 allant de l’école de Brienne au début de la campagne d’Italie en 1796. Cette épopée dans sa « grande version » est inédite et n’a jamais été vue depuis 1927, car elle est le fruit d’une aventure de 16 ans sans précédent dans l’histoire de La Cinémathèque Française, avec une version remastérisée en 5K conforme aux souhaits initiaux d’Abel Gance… Une reconstruction menée par Georges Mourier et dotée d'une partition musicale d’une grande qualité de Simon Cloquet-Lafollye, enregistrée par les orchestres de Radio France.
Sur le plan cinématographique, on ne peut que saluer les prouesses d’Abel Gance avec ces mouvements de caméras (travelling, balançoire…), ses images superposées (jusqu’à 16 images) et ce superbe triptyque pour la campagne d’Italie. Dieudonné est excellent avec son regard hypnotique aquilin et sa force de conviction. Certes quelques longueurs et mièvreries de nos jours et quelques libertés prises avec l’Histoire… mais aussi quelques passages drôles comme celui du « thermomètre de la Terreur » et de ce greffier avalant les dossiers de condamnés ou encore une bataille de polochons qui a surement donné des idées à Jean Vigo pour « Zéro de conduite » (1933). Un chef-d’œuvre du cinéma mondial créé en réponse au fameux « Naissance d'une nation » de D. W. Griffith, sorti lui en 1915.
Léo Peteytas
Léo Peteytas

26 abonnés 127 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2024
Au même niveau que la précédente partie, ce second volet de Napoléon reprend au lendemain de la victoire française à Toulon (1793), embrassant la vie du général nouvellement promu jusqu'à la campagne d'Italie, en 1796. Contrairement au premier portrait réalisé par Gance, ici, Napoléon n'est plus un inconnu. Il n'est plus "personne", au contraire. Auréolé de sa victoire sur les forces coalisées, il entre dans le grand monde. Son nom est connu, commence à être respecté. Le souffle épique, toujours aussi important, est renforcé par toutes les scènes ou le général est entouré de militaires ou d'hommes politiques, qui tous sans exception, en viennent à le respecter. Albert Dieudonné brille encore une fois de mille feux, il est, ce Napoléon. Avec toute son autorité et son sang froid, lors de l'insurrection royaliste, comme avec sa part la plus "humaine", face à Joséphine et à ses enfants. Napoléon Bonaparte appréciait beaucoup les enfants, et Joséphine était probablement l'amour de sa vie. Eléments que l'on retrouve dans cette partie. La vulnérabilité de l'homme et son humanité sont révélées plusieurs fois : il se laisse aller à des jeux d'enfants, ne sait que dire face à la femme qui fait battre son cœur, perd ses moyens, et passe des heures avec elle ; le tout est très humoristique. Mais, cette partie, c'est également un final extraordinaire, ou le procédé du triple écran inventé par Gance fait des merveilles, permettant de restituer la masse des hommes de la petite armée d'Italie. La rencontre entre Napoléon et son état major est un chef d'œuvre de cinéma ; son discours aux troupes est épique à souhait. Une partie bien mieux rythmée, finissant sur un Ave Verum Corpus magnifique et ce triple écran, bleu, blanc, rouge. Et Napoléon, marchant inexorablement vers son destin, bousculant l'ordre établi, le monde. Une merveille.
Gouzdail
Gouzdail

3 abonnés 24 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 août 2024
Magique. Les acteurs sont sublimes. Les idées de réalisation du génie. Belles symboliques. Le triptyque final à couper le souffle. Quelle intelligence et ce il y a cent an! Un grand merci pour tout ce travail de restauration. Un bonheur aussi d'etre emporté par la musique. Moment merveilleux.
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 juillet 2024
Légèrement inférieure à la première partie. Ici on connaît des longueurs avec des scènes répétitives et pas toujours intéressantes. Les quelques moments intenses et puissants de la première partie sont ici absents. Pour un film qui malgré un splendide triptyque final s'avère vieillissant et hors temps.
Gregory S
Gregory S

55 abonnés 765 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2024
Cette seconde partie est dingue, surtout si on pense à la date de réalisation. La fin du film avant le triple écran est fantastique et la musique est extrêmement réussie. Évidemment la musique a été créée en 2023 mais elle est parfaite. Après on pourra toujours reprocher le côté un peu trop hagiographie, surtout pour quelqu'un comme moi par forcément fan de Napoléon.
mancelos
mancelos

1 abonné 62 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juillet 2024
Waooh朗Quelle œuvre! Et quel final avec ce triple écran magnifié par un splendide accompagnement musical. Pas spécialement fan de l’Empereur, j’ai particulièrement apprécié la partie de son enfance où son arrogance et sa confiance sont déjà bien ancrées. J’ai aimé aussi aimé la partie savoureuse où il joue les amoureux maladroits. Et la partie en Corse où on le voit chouchouté par sa famille. Et ces deux Marseillaise… Du grand ouvrage. Qui plus est pour 1927… Ridley Scott peut aller se rhabiller.
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