J’ai trouvé Ruth & Boaz vraiment décevant. Le film part d’un bon matériau : Ruth est une artiste hip-hop d’Atlanta qui, après une tragédie, décide de changer de vie, de s’installer dans le Tennessee rural et de se rapprocher d’une figure maternelle, tout en retrouvant l’amour avec Boaz. 
Mais à l’écran, cela manque cruellement de profondeur. L’émotion ne parvient quasiment jamais à s’installer ; on reste en surface. Les personnages sont sous-écrits, leurs dilemmes peu exploités, et le tout donne l’impression de jouer les grandes scènes romantiques sans avoir construit le chemin jusqu’à elles. Le contraste entre le passé de gloire dans la musique de Ruth et sa vie rurale est trop esquissé : il aurait fallu creuser les enjeux, montrer les doutes, la culpabilité, la douleur, mais le film préfère enchaîner des moments convenus.
Visuellement, c’est propre, le décor du Tennessee est joli, la bande-son est douce, la production est soignée dans sa facture “Netflix romantique dramatique”.  Cependant, cela ne suffit pas à masquer le manque d’originalité. Le film semble s’appuyer sur des codes déjà vus mille fois : la “renaissance après le drame”, le désir de simplicité, le retour aux racines, l’amour “authentique”. Rien de tout cela ne surprend ou ne bouleverse.
Au final, Ruth & Boaz laisse une impression triste : beaucoup de bonnes intentions, un cadre charmant, une idée de départ touchante… mais pas assez d’âme, pas assez d’intensité. Un film qui se laisse regarder, mais qu’on oublie vite.