Allégorie citadine
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ferdinand75
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2025
Une très jolie relecture du mythe de la caverne de Platon. Mais surtout une mise en scène très poétique, très astucieuse qui suit Lyna Khoudri , toujours excellente, quelle finesse dans son jeu , candidate dans une sélection pour un ballet moderne , qui permettra de faire un très joli final , grâce à une très bonne chorégraphie .
Elle est accompagnée de son petit garçon qui déambulera dans les rues en l’attendant, et découvrira des entrées de grottes cachées, ou plutôt des sorties, en décollant des panneaux d’œuvres d’art graphique sur les murs de Paris . C’est très bien fait , très jolis montages, mêlant graphisme, dessins, du graffeur JR ( co-réalisateur ) et films réels. Bien sûr l’allégorie est claire , l’homme moderne est enfermé, le petit garçon est parti explorer le monde derrière le mur et revient proposer aux habitants de la ville de s’en échapper, vers la liberté .
A noter la participation de Leos Carax , réalisateur culte français , auteur de deux chef -d’œuvre des années 80 : « Mauvais Sang » et « les Amants du Pont neuf » , très émouvant de la revoir à l’écran,
Beaucoup de poésie de finesse, pour un court métrage très artistique ,
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mars 2025
Allégorie citadine (quel beau titre !) est un sympathique court métrage, qui s'inscrit dans la performance conjointe Chiroptera, avec l'artiste visuel JR, Thomas Bangalter (de Daft Punk) à la musique, et le chorégraphe Damien Jalet, en partenariat avec l'Opéra Garnier, à Paris.

On discerne un peu plus difficilement la personnalité et l'apport d'Alice Rohrwacher dans ce court métrage, si ce n'est peut-être dans cette narration un peu foutraque et le côté à la fois rêveur et bienveillant de ses personnages, qui semblent s'échapper de ses anciens longs métrages, tels que Les Merveilles pour le rapport des enfants au merveilleux du quotidien, ou La Chimère pour la revisitation moderne de contes antiques.

Ici, le court métrage illustre la célèbre allégorie de la caverne de Platon, pour en faire une relecture actuelle. La caverne pouvant être notre vie de tous les jours, dans un environnement urbain oppressant et un travail aliénant, notre mode de vie capitaliste et individualiste... Et la révélation qui nous permettrait de nous échapper de cette caverne... L'art ?

Comme souvent chez Alice Rohrwacher, il n'y a pas de grands discours lourdingues, plutôt des questions posées avec légèreté et malice, laissant le champ libre à l'imagination des spectateurs. Et une bonne dose de poésie et d'inventivité bricolée. Elle peut compter sur JR, dont la science de l'affichage poétique et décalé réserve de beaux moments ici.

Si ce court métrage ne peut pas tout à fait s'appréhender totalement hors du projet Chiroptera, il réussit quand même pas mal à être autoporteur, et nous offre 20 belles minutes de cinéma, en réunissant les talents de plusieurs artistes. Ce n'est certes pas un film incroyable, mais c'est une œuvre intéressante et réjouissante.