3 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
3 critiques spectateurs
5
1 critique
4
1 critique
3
0 critique
2
0 critique
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠
8 904 abonnés
8 266 critiques
Suivre son activité
1,0
Publiée le 22 novembre 2024
Natacha Thiéry a arpenté les rues des grandes villes de l’hexagone (entre l’automne 2019 et l’automne 2023) pour garder une trace des messages de soutien aux victimes et des slogans contre les féminicides qui étaient placardés sur les murs des villes.
« En France, 1 viol toutes les 7 minutes »
« Céder ≠ Consentir »
C’est le 2ème film consécutif qui met en lumière l’activisme féministe. Deux ans plus tôt, sortait au cinéma Riposte féministe (2022) de Marie Perennès et Simon Depardon, qui mettait lui aussi en lumière, des activistes féministes qui s’adonnaient au collage aux quatre coins de la France et où l’on pouvait les voir à l’oeuvre.
« Éduquez vos fils »
« On ne naît pas féministe, on le devient »
Sauf que cette fois-ci, Natacha Thiéry ne se contente pas de suivre des activistes dans leur lutte et encore moins de leur donner la parole, puisque son film n’est rien d’autre qu’une compilation d’innombrables collages (le montage est on ne peut plus simple, sous la forme de diapositives, les collages s’enchaînent les uns derrière les autres, sans le moindre commentaire, mais uniquement en fond sonore, des femmes qui scandent leurs cris de révolte lors de diverses manifestations).
« Féminicides = 1 Bataclan / an »
« 1% des violeurs condamnés »
Avec Des cris déchirent le silence (2024), le procédé devient rapidement rébarbatif et surtout, n’apporte rien de nouveau sur le sujet que ce que l’on ne connaît déjà (à moins de marcher dans les rues avec des oeillères, on a tous déjà vu les nombreux collages, parfois arrachés ou tagués). Bref, je n’y ai pas vu grand intérêt.
Le film récolte les collages féministes et antifascistes inscrits sur les murs de Paris et de villes proches (comme Montreuil) entre fin 2019 et fin 2023. Véritables cris lancés le plus souvent dans la nuit par des colleureuses, ces écrits font écho aux combats des femmes et personnes discriminé.e.s contre les violences qu'elles subissent. Revendicatives, parfois drôles et souvent déchirantes, ces paroles jetées sur les murs se déclinent en lien avec les actualités et les luttes sociales collectives au cours de ces quatre années récentes, à l’échelle nationale mais aussi internationale. C'est très émouvant de revenir sur ce que nous avons vécu dans cette période, entre le visible d'une actualité médiatique vertigineuse et la souffrance invisibilisée des personnes auxquelles renvoient ces slogans : ce sont des paroles anonymes et éphémères, ce qui rend leur présence d'autant plus marquante. Car elles sont intelligentes, vivantes, inventives et combatives. Il faut saluer ce très beau travail de cinéaste qui a patiemment récolté ces écrits voués à disparaître, notamment en raison du fait que certains les détruisent : il existe encore des forces qui refusent que cette parole existe et s'acharnent à la nier, ce qu'indiquent clairement leurs actes d'effacement. Ainsi, Des cris déchirent le silence se construit très intelligemment sur une série de tensions rendues sensibles dans la combinaison entre images et sons. C'est un travail cinématographique sur la fixité et le mouvement : la permanence de questions immémoriales liées aux violences sexistes et sexuelles et le flux de l'actualité sont conjointement inscrits dans les images et le sens des slogans. Mais cette dialectique est encore renforcée par une autre exploration, sur le plan de la bande sonore, qui alterne différents régimes dans une poétique sonore construite en lien ou par opposition avec l'image. Un autre parti pris de la cinéaste consiste à ne pas proposer de commentaire explicatif de ce que l'on voit : on ne peut que la remercier, car ce choix convoque les images et les sons dans toute leur force et redonne au cinéma son aura d'art à part entière. Pour toutes ces raisons, on ne peut que recommander ce film qui a une dimension historique tant par le phénomène des collages que des thématiques qu'il convoque. Le sens du montage a quelque chose de vertigineux et d'assez inouï sur ce que peut le cinéma, ici compris comme construction en mouvement d'un regard et d'une pensée critique qui fait appel à la participation active du spectateur.
Documentaire film d'autrice. Enregistrement rupestre et factuel de la révolte antipatriarcacale qui fleurit avec rage et poésie les murs de Paris et qui essaime partout dans le monde. Des lettres à l'esthétique minimaliste pour delivrer un message universel à hauteur de conscience des quidam.es qui passent. Les specteurices les voient de la même manière grâce la réaalisation effacée. Il n'y a rien d'autre à dire que ce qui est à lire. Avec les slogans et les chants puissants de manifs.la b.o. plaque silences déchirants comme des cris à une noise énergique qui atomise le silence des pantoufles et donne envie de saisir pinceau et rouleau pour prendre part à la lame de fond activiste.