Pendant des décennies, Hollywood à courbé l’échine face à l’Empire du milieu, afin de pouvoir compter sur l’appât du gain que représente le 2ème pays au monde en termes de population. Pour conserver un débouché lucratif, Hollywood a adapté ses scénarios, évité les sujets qui fâchent, invisibilisé les minorités queers et même inventé des personnages supplémentaires. Petit tour d’horizon sur les nombreuses compromissions de l’usine à rêves…
Tout commence en 1997, lorsque 3 films sortent en salle. Sept ans au Tibet (de Jean-Jacques Annaud), Kundun (de Martin Scorsese) & Red Corner (de Jon Avnet) suscitent la réprobation du gouvernement chinois (pour la mauvaise image de la Chine véhiculée par ces productions) et mettent les 3 studios impliqués sur liste noire (Columbia, Disney & Sony).
Suite à ça, Hollywood commence à se mettre en ordre de marche au point de respecter stricto sensu la censure dictée par la Chine, au risque de voir ses films passer sur la table de montage pour être expurgés des scènes qui déplaisent au Parti communiste chinois. Quelques exemples viennent étayer les propos, c’est notamment le cas de
Titanic (1997), avec la scène où Rose demande à Jack de la dessiner nue, le final de Fight Club (1999) sera revu et corrigé car il est impensable qu’un criminel reste impuni, autre exemple, celui des Animaux fantastiques - Les Secrets de Dumbledore (2022) censuré à cause d'une réplique à connotation homosexuelle (lorsque Dumbledore annonce à Grindelwald qu'il était amoureux de lui), sans oublier Alien: Covenant (2017) pour la scène de baisés entre 2 androïdes (tous 2 incarnés par Michael Fassbender).
Rappelons que bon nombre de productions sont purement et simplement recalées car elles ne correspondent tout simplement pas aux "valeurs morales et/ou éthiques du pays" (le gouvernement est strict là-dessus, s’il est question de voyages dans le temps (Retour vers le futur - 1985), d’animaux anthropomorphiques (Babe, le cochon devenu berger - 1995) ou de fantômes (Ça - 2017), les films seront refusés. Sans parler de la fameuse "règle des 3 T", à savoir Tibet, Taiwan & Tian'anmen, 3 sujets au combien brûlants qu’il convient de ne surtout pas évoquer, voir même effleurer, sous peine de voir son film être interdit.
Le documentaire de Mario Sixtus évoque aussi le blacklistage de l’acteur Richard Gere. Celui qui était au sommet de sa carrière dans les années 80 & 90 s’est retrouvé évincé d’Hollywood, n'apparaissant dans aucun blockbuster depuis le milieu des années 2000 (contraint de n'apparaître que dans divers DTV ou quelques séries TV), suite à ses prises de positions envers le Tibet, ce qui avait fortement agacée la Chine, contraignant Hollywood à ne plus lui proposer de rôle puisqu’il était devenu "persona non grata".
Il est aussi question de "l’auto-censure", qui n’est pas nouveau à Hollywood, puisque dès les années 30, l’industrie devait faire face au fameux Code Hays. Mais force est de constater que l’auto-censure est toujours aussi présente à Hollywood, dernier exemple en date, le remake de L'Aube rouge (1984) où 30 ans plus tard, l’URSS est remplacée par la Chine… jusqu’à ce que le Parti communiste chinois s’en mêle, contraignant le studio à investir 1M$ pour modifier en post-production la nationalité de l’envahisseur (passant de la Chine à la Corée du Nord).
Enfin, dans une optique de toujours plaire au public chinois (la Chine a investi énormément dans l’industrie cinématographique et à fait construire de très nombreux multiplexes dans toutes les métropoles du pays), Hollywood n’hésite plus à baisser sa culotte, comme en atteste ces quelques exemples : on apprend par exemple que dans Iron Man 3 (2013), dans la version chinoise, Tony Stark est sauvé par des médecins chinois (ces personnages n'existent pas dans la version diffusée dans le monde entier, sauf en Chine) et dans Transformers : l'âge de l'extinction (2014), c’est carrément ⅓ du film qui est tourné en Chine, avec des ajouts d’acteurs chinois, ainsi que des placements de marques chinois.
On comprend assez vite que les studios, toujours attirés par l’appât du gain (ça se saurait s’ils étaient pas capitalistes), sont contraint de se rabaisser pour continuer de plaire à la Chine. Disney doit continuer de faire son lèche-cuI s’il veut parfaire son expansion à travers la construction de ses parcs à thèmes et Sony doit rester en bons termes pour continuer d’écouler ses produits électroniques, … sans parler du box office chinois qui représente une manne d’argent considérable (surtout lorsqu’un film ne rapporte pas suffisamment d’argent au box office domestique).
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