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Christian RZ
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2,5
Publiée le 7 septembre 2026
C’est la part du diable qui est à l’œuvre dans ce petit village des Dolomites où chaque habitant paraît plus fou ou possédé que l’autre. C’est gentillet plutôt qu’effrayant
Vu en première, plus un conte fantastique qu'un film d'horreur. Beaucoup d'imagination et une écriture intelligente. Petite bémols pour le dernier quart d'heure qui là passe plus artificiellement dans l'horrifique. Regrettable car cela remet en cause toute la construction et la subtilité des personnages distillés tout au long du film.
Bien qu’ayant connu un drame terrible quelques années auparavant, Remis est un village de montagne où tout le monde a le sourire. Ses habitants sont mus par une idolâtrie très particulière. Holy Boy est un film hybride ne se limitant pas à un seul style, il commence comme un drame intimiste avant d’aborder des rivages plus horrifiques. Et il est lezardé d’images fantasques sombres et magnifiques qui peuvent faire penser à l’univers d’un autre réalisateur italien, Niccolo Ammaniti, l’homme derrière l’excellente série « Il Miracolo »
Le thème de la spiritualité et du charnel, l'attraction d'un ange maudit, de jeunes italiens beaux et sensuels, une scène/tableau directement inspirée de l'Innocent X de ,.... Pasolini doit être en bonne place dans la vidéothèque de Paolo Strippoli ,...Et c'est tant mieux. Car découvrir en 2026 une création qui renoue avec l'originalité légendaire des films "cosi italiano " du siècle dernier est bien agréable. Dommage que la chute vire au grand guignol gore. Un peu de ménage probablement à prévoir dans la vidéothèque du jeune réalisateur.
on ne sais pas où l'on va...certes le fil conducteur de cette ville ou tous les habitants souffrent et où chacun se décharge de sa douleur sur un adolescents que sa famille exploite et qui voit la situation se précipiter lors de l'arrivée du professeur de judo, finit par se dégager. mais que de chemins perdus de circonvolutions, de longueurs de questions sans réponses. je me suis vraiment forcée à rester jusqu'au bout...
Le récit parvient à créer une ambiance de mystère avec des personnages étranges, à mi-chemin du lien sectaire et de la sincérité religieuse. Dommage que la dernière partie s'enlise un peu dans le propos confus et l'excès de gore.
L’introduction de "The Holy Boy" (qui en dit déjà beaucoup....) permet de situer la douleur du personnage principal, arrivant dans la Vallée des sourires (titre italien du film), qui, lui, porte un peu plus de mystère. Glaçante, la première scène présente, en un plan fixe depuis la table de la cuisine, à la manière d’une vision subjective, le suicide d’une mère s’éloignant vers la fenêtre du fond, après avoir tenté de nourrir son bébé, dont la cuillerée n’était visiblement pas à son goût. Installant dans la foulée une ambiance étrange, autour de l’arrivée du professeur et de l’insistance de certains habitants sur le bien-être qui règne dans la petite ville, Paolo Strippoli parvient à nous tenir en haleine par de petits détails (un voisin fuyant qui épie, une soudaine démangeaison lorsqu’une tristesse est exprimée, des comportements irrationnels à l’école, des femmes qui prient sous une fenêtre…). A la fois description d'un pouvoir autant bénéfique que malsain, peinture des agissements d’une communauté sous influence, que réflexion sur la nécessité de la douleur lors du deuil, "The Holy Boy" séduit par l’ambiguïté de certains de ses personnages. Qu’il s’agisse du fameux adolescent que tout le monde chérit, de son père qui fait commerce de ses services et assure par là sa propre position sociale, des raisons du professeur d’’avoir déménagé ici, de l’amicale barmaid ou même du prêtre, tous en réalité peuvent faire volte face dans leur comportement. Si le film verse progressivement dans le genre horrifique, on saluera les fulgurances de violence de certaines scènes (lorsque le prêtre s’en mêle par exemple) tout en notant les limites d’une conclusion qui aurait pu éviter quelques surenchères. Une chose est sûre, le film de genre italien n’est pas mort, j'ai adoré !!!
En quelque mots ce film mêle folk horror, fait religieux et psychologie collective dans un village où Matteo absorbe la souffrance des habitants. Une expérience étrange, lourde et volontairement ambiguë.
The Holy Boy de Paolo Strippoli est un film où pour aimer l'histoire, il faut se laisser prendre et accepter de mariner dans son atmosphère, tout en ne posant aucune question. On pense beaucoup à la série Sermons de minuit, on nous parle de fait religieux, d'une communauté, etc. Ici, on ignore la nature réelle du protagoniste et cela contribue un peu au mystère. Cette œuvre nous ramène un peu Nightborn (Hanna Bergholm), on a des éléments, des pistes et beaucoup d'explication sur les personnages, mais jamais sur la nature exacte derrière la menace. Ce n'est pas nécessaire et c'est peut-être cette absence qui conduit à se questionner.
Remis fonctionne parce que le village n'a pas besoin d'avoir l'air inquiétant. Tout va bien, presque trop bien, et c'est là que ça devient suspect. La communauté a fait de Matteo un réceptacle collectif : chacun vient déposer ce qu'il ne veut plus porter, jusqu'à transformer un adolescent en fonction sociale. Le fait religieux devient moins théologique que comportemental, avec ses rites et cette certitude partagée qui finit par tenir lieu de réalité.
Reste une question, et le film ne cherche pas vraiment à y répondre : paranormal ou délire collectif ? Matteo peut avoir un pouvoir, comme il peut être le centre d'une croyance suffisamment puissante pour produire ses propres effets. Dans les deux cas, le résultat est le même. Dès que ce mécanisme vacille, Remis ne sait plus quoi faire de sa souffrance. L'horreur vient de là, du moment où une société apaisée découvre qu'elle n'a pas supprimé la douleur, elle l'a simplement confiée à quelqu'un d'autre.
Le casting et la direction artistique sont évidemment remarquables. Michele Riondino est touchant dans son rôle de père meurtri. Face à lui, Romana Maggiora Vergano est troublante par sa manière d'incarner la fragilité, elle va attirer l'attention du protagoniste, et fait en sorte qu'il veuille faire plus que de n'être simplement de passage. Quant à Giulio Feltri, il nous laisse sans voix. Ce trio donne surtout un ancrage humain à un film qui, derrière son mystère et son étrangeté, repose beaucoup sur la fragilité de ses personnages. À l'humain. et la mise en scène s'ajoute une photographie très marquante, une ambiance lourde, The Holy Boy est un exercice de style, après faut-il que le public soit prêt ?
La première scène de The Holy Boy annonce la couleur : il faut se préparer à une épreuve et à un malaise permanent. Le schéma est par la suite on ne peut plus classique : un étranger arrive dans une localité dont il va découvrir peu à peu les us et le quotidien. spoiler: Haut en douleurs, le film tient assez longuement les promesses de son idée originale : la tension monte lentement dans cette vallée des sourires où les souffrances sont allégées par la foi et une étreinte angélique. Las, comme redouté, sans cependant sombrer totalement, le long métrage de Paolo Strippoli se déploie dans sa dernière partie façon conte horrifique, digne de faire passer L'Exorciste pour une comédie romantique. Les aficionados des films de genre y trouveront leur compte, les autres un peu moins, appréciant tout de même l'aspect social et communautaire de cette histoire sous cloche, même devenue une sorte de giallo moderne, les teintes vives remplacées par une morne grisaille. Les thèmes du deuil et de l'adolescence restent vifs et peu importe les développements spectaculaires et sanglants de l'intrigue. The Holy Boy demeure presque toujours passionnant dans ses fondements, nous renvoyant, peu ou prou, à nos propres douleurs et à nos croyances, quelles qu'elles soient.
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3,0
Publiée le 28 avril 2026
Sergio, un ancien champion de judo brisé par la vie, traîne sa misère partout avec lui, y compris dans ce village où il doit enseigner le sport. Un endroit où il détonne non pas parce qu'il est nouveau, mais parce que tout le monde semble joyeux. Une joie de vivre qui surprend et qui cache quelque chose... Honnêtement, "La valle dei sorrisi" n'est pas difficile à cerner, mais il n'en est pas moins intéressant. Il faut dire qu'il y a beaucoup de choses entre l'horreur pure, quand même trop rare à mon goût, et tout ce qui est exploré à travers les différentes relations et le village lui-même. Comme souvent, l'horreur cache quelque chose de plus concret. Il est question spoiler: du deuil, du chagrin, du fanatisme religieux, de la pression sociale pour se conformer à la majorité, de la toxicité d'une communauté, etc. Ce que j'ai préféré, c'est l'ambiance souvent malsaine et surtout les scènes spoiler: où Matteo prend possession de quelqu'un d'autre. J'aurais aimé quelque chose d'un peu plus tordu, mais c'est quand même pas mal.
(Vu en avant première dans le festival GrindHouse paradise) Incroyable, magnifique, très touchant. Histoire originale, mise en scène et montage parfaitement maîtrisés. Ce film nous questionne sur la notion de bien et de mal de vengence, de moralité. On ne comprend pas tout lors du premier visionnage tant certains détails sont importants et mystérieux. Pour moi c'est un chef d'oeuvre. Je recommande à 100% (attention classé horreur car scènes violentes)
Vu en bluray. Beau folk horror, qui rappelle Le Village des damnés. Les personnages sont bien caractérisés, comme c’est souvent le cas dans le cinéma européen.