Le phénomène Godlywood : quand l'Église fait son cinéma
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠
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Publiée le 13 juillet 2025
Sur les terres de l’Oncle Sam, Hollywood n’a plus le monopole et doit compter sur “Godlywood” (la contraction de “Dieu” & “Hollywood”), une industrie de films chrétiens qui a le vent en poupe depuis plusieurs années. Cette dernière est bien décidée à propager la bonne parole pour remettre l’Amérique dans le droit chemin, à grands renforts de propagandes et qui commence à s’étendre bien au-delà de ses frontières…

« Hollywood est une industrie profane. »


Remettons nous dans le contexte, à la naissance du cinéma, Hollywood a rapidement été considéré par les chrétiens comme étant une institution dangereuse dont le but principal était de pervertir l’Amérique. Si bien que dès les années 20, la censure s’abat sur l’industrie hollywoodienne suite au “Code Hays”, jusqu’au milieu des années 60, remplacé par un système de classification (toujours en vigueur aujourd’hui).

Le phénomène Godlywood (2024) est un unitaire de 53min qui revient sur le phénomène que sont les “faith-based movies”, des productions pensées, écrites, produites et réalisées pour le public chrétien (à base de polar rédempteur et autres mélo sirupeux défécatoires anti-IVG). Pour étayer ses propos, les réalisateurs ont donné la parole à bon nombre de personnes évoluant dans cette industrie basée à 100% sur la foi.

Historien, réalisateurs, spécialiste en marketing chrétien, producteurs, pasteur (et accessoirement prof de cinéma) ou encore critique de cinéma (et bonne-soeur !), le film retrace l’histoire de cet Hollywood parallèle, qui brasse lui aussi des millions de dollars et qui n’a rien à envier à son grand frère puisqu’il possède lui-aussi des studios, son festival (le "Movieguide Awards", l'équivalent des Oscars), ainsi que son marché du film.

A titre d’exemples, le film fait référence à Facing the Giants (2006) d'Alex Kendrick, le 1er vrai succès de l’industrie godlywoodienne (100 000 dollars investis, il rapportera 10M$ !), il est aussi question du très décrié La Passion du Christ (2004) de Mel Gibson.

« L'immense succès de La Passion du Christ en 2004 est une révélation pour Hollywood qui prend conscience que le public religieux a été délaissé mais qu'il est prêt à revenir massivement en salles. »


Le film lève aussi le voile sur l’outil de propagande que représente cette industrie, en allant notamment visiter le département cinéma de la Liberty University à Lynchburg, en Virginie. Il s’agit de l'université la plus conservatrice des États-Unis (le département cinéma est doté d’un budget annuel de 2Mrd$ !), à qui l’on doit notamment The Trump Prophecy (2018), un film propagandiste en vue de la réélection du président Donald Trump. On a aussi droit à un court extrait d‘Unplanned (2019) de Cary Solomon & Chuck Konzelman, un film gerbatoire et anti-avortement (qui était régulièrement diffusé sur C8, chaîne de Bolloré, un fervent catholique).

Enfin, le film nous rappelle aussi à quel point le phénomène ne se limite plus aux États-Unis mais au reste du globe, comme en atteste la sortie en France de Sound of Freedom (2023), conspirationniste de bout en bout et enrobé d'une bonne grosse louche de catholicisme ou très récemment de Nefarious (2025), un thriller théologique & philosophique d’extrême droite chrétienne.

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