Le Studio photo de Nankin
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Charlotte28
Charlotte28

209 abonnés 2 950 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2026
Dénonçant les exactions inqualifiables commises par les Japonais, le récit ambitionne de narrer des histoires individuelles à travers les crimes photographiés. Car dans une mise en abîme évidente, l’intrigue montre le pouvoir des images, assumant sa qualité de film de propagande tout en blâmant la mise en scène destinée à tromper les concitoyens autant que les victimes et les instances internationales. Très forte dans les scènes de combat, les mises à mort collectives, les marqueurs d’une ville détruite, la réalisation tire parfois trop sur la corde mélodramatique dans les moments plus intimes ou plus singuliers, alors que les personnages sont insuffisamment caractérisés pour que l’émotion affleure toujours (distinguons cependant la bouleversante revendication paternelle ou les parallèles finaux). En outre, on ne peut nier le manichéisme - quoi qu’aucun militaire ne puisse peut-être réellement être déresponsabilisé ou absous et que le propos ne se trouve pas là. En revanche, la nervosité qui irradie le scénario fonctionne pleinement, nous interrogeant sur le sort de chacun car personne n’est à l’abri, enfants inclus. Enfin, l’aspect politico-historique est habilement évoqué à travers divers dialogues amenant une réflexion sur le comportement de ceux qui, occupés ou défaits, sont confrontés à l’ennemi. Une brutale démonstration de la distorsion entre représentation et réalité.
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

122 abonnés 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2026
Le Studio photo de Nankin revient sur l’un des épisodes les plus tragiques du XXe siècle en choisissant un angle particulièrement fort : celui de l’image comme preuve. Ao Shen situe son récit en décembre 1937, lors de la prise de Nankin par l’armée impériale japonaise, et transforme un modeste studio photographique en refuge, en lieu de résistance et surtout en espace où peut être préservée la mémoire des atrocités commises.

Alors que la ville bascule dans la violence, un jeune homme échappe à la mort en affirmant pouvoir développer les photographies prises par les soldats japonais. Ce mensonge lui permet de survivre et de s’installer dans un studio photo. Mais les négatifs qui lui sont confiés révèlent progressivement l’ampleur des crimes perpétrés.

Le dispositif choisi par Ao Shen est d’une redoutable efficacité. Dans la chambre noire, chaque photographie qui apparaît dans le révélateur fait surgir une réalité que ses auteurs pensent pouvoir contrôler. Photographier devait documenter leur puissance ; développer ces images va au contraire permettre d’en conserver les preuves.

Le studio devient ainsi le véritable cœur du film. À l’extérieur règnent la peur, les exécutions et l’occupation militaire. À l’intérieur, quelques individus tentent de survivre, de protéger des familles et de préserver des images susceptibles de témoigner. Cette opposition entre un espace minuscule et l’immensité de la tragédie donne au récit une grande partie de sa tension.

Liu Haoran incarne efficacement cet homme ordinaire contraint de devenir progressivement acteur de la résistance. Le personnage n’est pas présenté comme un héros immédiatement prêt au sacrifice. Il cherche d’abord à survivre. C’est la confrontation répétée aux photographies, aux victimes et aux personnes réfugiées autour de lui qui transforme peu à peu cette survie individuelle en responsabilité collective.

Xiao Wang et Ye Gao participent à cette dimension chorale essentielle. Car derrière le suspense, Le Studio photo de Nankin raconte aussi des civils confrontés à une question terrible : que peut encore faire un individu lorsque la violence historique semble avoir supprimé toute possibilité d’action ?

Ao Shen évite autant que possible de transformer les atrocités en spectacle. La violence demeure présente et parfois difficile à soutenir, mais le film trouve souvent davantage de puissance dans ce qu’il suggère ou dans les réactions de ceux qui découvrent les images. Une photographie devient alors plus bouleversante qu’une reconstitution spectaculaire.

Cette place accordée aux archives et à la preuve donne au film une dimension qui dépasse le seul récit de guerre. Que reste-t-il d’un crime lorsque ses auteurs peuvent le nier ? Qui conserve les traces ? Et à partir de quel moment celui qui possède une preuve devient-il responsable de sa transmission ?

La photographie prend ainsi plusieurs significations. Elle peut être trophée pour celui qui croit immortaliser sa domination, preuve pour celui qui souhaite dénoncer un crime et mémoire pour les générations qui n’ont pas vécu les événements. Le même morceau de pellicule change entièrement de sens selon celui qui le regarde.

La mise en scène exploite particulièrement bien la matérialité de la photographie argentique : négatifs, bains chimiques, tirages et images qui apparaissent lentement dans l’obscurité. Ce processus presque silencieux devient une source de suspense, car développer une photographie signifie aussi prendre le risque d’être découvert.

Le film assume néanmoins une forte dimension émotionnelle et certains passages appuient davantage leur message. La frontière entre devoir de mémoire et dramatisation reste particulièrement délicate lorsqu’il s’agit de représenter un événement historique d’une telle violence. Mais l’idée centrale demeure suffisamment puissante pour éviter que le récit ne se réduise à une succession de scènes destinées à provoquer l’émotion.

Le Studio photo de Nankin parle finalement autant de ceux qui ont vécu l’Histoire que de ceux qui devront ensuite la raconter. Sauver une personne constitue un acte de résistance. Sauver une preuve peut permettre de préserver la mémoire de milliers d’autres.

Puissant, éprouvant et nécessaire, Le Studio photo de Nankin trouve dans la photographie un remarquable outil de cinéma et de mémoire. Ao Shen transforme une chambre noire en lieu de résistance où chaque image développée devient une preuve arrachée à l’oubli. Au-delà du récit historique, le film interroge notre responsabilité face aux traces laissées par les crimes : voir, conserver et transmettre pour empêcher que les victimes disparaissent une seconde fois
elriad

529 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2026
Un film fleuve, grande fresque qui raconte l'invasion de l'armée japonaise dans la ville chinoise Naikin, commettant des crimes de masse cruels. Grâce au sacrifice d'un facteur improvisé photographe, ces exactions sordides pourront être montrées au monde libre. Même si le film manque parfois de subtilité en montrant des scènes quasi insoutenables sur la cruauté des bourreaux, le film est passionnant et particulièrement soigné sur la réalisation, par les moyens considérables mais aussi par le travail de la couleur, contraste de quasi noir et blanc avec une mise en avant de certaines couleurs. Passionnant, édifiant, mais réservé à un public averti.
jujube
jujube

16 abonnés 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2026
Je dois admettre que je ne connaissais pas ce massacre avant de voir ce film, et quel choc. Le fait d’apprendre que certaines scènes s’appuient sur de véritables photographies rend l’expérience encore plus bouleversante.

À chaque fois qu’on pense que le film a atteint le pire, il parvient, cinq minutes plus tard, à montrer quelque chose d’encore plus insoutenable.

Un très bon film historique, qui nous rappelle que les premières victimes de la guerre sont toujours les civils, mais aussi l’importance de la photographie pour documenter ces événements les plus sombres de l’humanité.
Stephane Parent
Stephane Parent

15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juin 2026
Qu’importe que le film puisse être considéré comme un film de propagande. Il esr important de se souvenir des atrocités commises par le Japon qui ne s’est par ailleurs jamais excuse.
Imaginez que l’Allemagne continue de commémorer les atrocités …
Resikas
Resikas

4 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juin 2026
Ce grand film de guerre nous montre l'utilité de l'image en tant de guerre, tout en dénonçant les crimes de guerre japonais en Chine durant la Seconde Guerre Mondiale. Malgré que ce soit un film engagé avec un sujet necessaire, je trouve que les personnages sont trop caricaturaux et les musiques, notamment dans certaines scènes "tire-larmes", assez peu subtiles et mal utilisées. Cependant, les acteurs sont excellents et la photographie et le montage le sont aussi.
Très bon film, je recommande.
Legid
Legid

46 abonnés 787 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mai 2026
Drame de guerre portant sur un épisode assez peu connu dans le monde Occidental, « le Studio Photo de Nankin » relate les crimes de guerre et atrocités commises par l’armée Japonaise lors de la Guerre Sino-Japonaise des années 1930.
Le film est très démonstratif dans les faits relatés et n’épargne pas au spectateur les images de violence qu’a subie la population civile lors de cette période.
Mais à trop vouloir en faire, le film perd aussi en efficacité. Les images des violences et meurtres de masse sont toutes très choquantes mais il manque une accroche émotionnelle à des personnages pour impacter plus encore le spectateur. La fin un peu trop excessive a fini d’achever cette sensation trop prégnante tout au long du film.
Je ne me suis pas senti pleinement impliqué dans le sort des personnages principaux du fait d’un manque de développement de certains.
Certains personnages arrivent dans le récit pour en ressortir plus tard mais cela donne plus l’impression d’une volonté de démonstration d’événements violents que de la destinée de personnages forts, ce qui nuit au final à la narration globale du film.
Le réalisateur fait pourtant preuve d’une maitrise technique et formelle évidente mais cela n’a pas suffit à m’embarquer complètement.
Le film est donc intéressant à titre historique mais il n’est pas certain qu’il ne me marque comme d’autres films de guerre avec volonté de mémoire.
Note : 13/20
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 830 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 mars 2026
Nanjing Photo Studio de Shen Ao s’inscrit dans le courant du cinéma chinois qui entreprend de revisiter les traumatismes nationaux pour en raviver la mémoire. Dès lors, il est difficile de ne pas sentir le poids politique qui pèse sur le projet. À Nankin en 1937, A Chang, simple facteur devenu assistant dans un studio sous occupation japonaise, transforme l’appareil photo en arme morale : documenter l’horreur pour empêcher l’oubli. Le projet est intéressant par sa clarté presque hagiographique et l'arsenal d'artisanat cinématographique qu'il déploie.

Formellement, le film construit une équivalence frontale entre balle et obturateur : l’une tue, l’autre dévoile. Mais à force de sacraliser chaque apparition du négatif comme une épiphanie, la mise en scène et la narration s'alourdissent. Le studio devient un sanctuaire éthique, la nation une communauté homogène de victimes héroïques face à des bourreaux univoques.

C’est là que le bât blesse. Les atrocités s’enchaînent mais sans véritable travail de pensée, sans zone d’ombre où pourrait se loger une complexité. Le parti pris, constamment affirmé, finit par devenir contraignant tant il manque de nuances. En guidant sans relâche l’émotion du spectateur, le film privilégie un pathos appuyé, souvent malvenu, qui affaiblit la force irréfutable de l’image face à l’Histoire.
Cinéphiles 44

1 698 abonnés 4 693 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mars 2026
Avec "Le Studio photo de Nankin", Ao Shen nous plonge dans la ville de Nankin en Chine à la fin des années 1930, alors que l’invasion japonaise bouleverse brutalement le quotidien de ses habitants. Mais plutôt que d’adopter une fresque spectaculaire, le réalisateur choisit un angle resserré : celui d’un modeste studio photo, refuge fragile au milieu du chaos. Photographier, c’est témoigner. Mais c’est aussi prendre des risques. Le film explore avec délicatesse ce dilemme moral : faut-il documenter l’horreur au péril de sa vie, ou détourner le regard pour survivre ? La direction artistique est soignée, sans jamais tomber dans l’esthétisation outrancière de la tragédie. Le récit, parfois un peu linéaire ou trop long, manque peut-être de tension dramatique dans sa seconde moitié, mais il compense par sa sincérité et sa retenue.
FaRem

10 618 abonnés 11 772 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 janvier 2026
Dans "Nan Jing zhao xiang guan", un studio représente à la fois la mort et la vie. Des pellicules qui ont capté la mort et maintiennent en vie ceux qui les développent. C'est le cas d'un jeune facteur qui se fait passer pour l'un des employés pendant que le propriétaire et sa famille se cachent dans la cave. Le jeune homme marche sur un fil, car il doit maintenir l'illusion tout en satisfaisant les demandes du photographe de l'armée japonaise. Ce lieu devient un refuge qui est un minimum épargné par les atrocités de l'envahisseur qui se déchaîne contre la population. Une inhumanité la plus totale entre tortures, meurtres et viols. Contrairement à certains films chinois nationalistes et patriotiques, l'accent est mis sur la population touchée et non pas sur une victoire militaire. Un devoir de mémoire, mais aussi une façon de montrer le pouvoir de la photographie comme arme de guerre et par prolongement celui du journalisme puisque c'est ce qui reste après la tragédie. Une histoire importante qui souffre d'une narration trop souvent répétitive autour du développement des photos. Tout le milieu du film est redondant et n'égale jamais la force émotionnelle des deux extrémités. Proposition de la Chine pour la 98e cérémonie des Oscars, "Dead to Rights" est pas mal sans jamais être un grand film historique.
Clementine Sellon
Clementine Sellon

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2026
Incroyable film , prenant , émouvant , dur !
J’ai passé un excellent moment avec énormément de pleurs
Miguelithor
Miguelithor

8 abonnés 44 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2026
[CHOQUANT]

Ce film plonge le spectateur au cœur de la seconde guerre sino-japonaise de 1937, dénonçant avec force la cruauté de l'occupation japonaise durant les premières années du conflit sur le théâtre d'Extrême-Orient. Le récit se distingue par des scènes d'une violence inouïe qui s'intensifie crescendo. Dès le premier acte, nous sommes projetés dans la bataille de Nankin : l’entrée des troupes japonaises dans la ville vire rapidement au désastre pour les forces chinoises, marquant le début de massacres méthodiques illustrés par plusieurs séquences particulièrement glaçantes qui s’intensifieront au fur et à mesure du récit.

L'image comme arme de guerre

Le film accorde une place centrale à la photographie de guerre, présentée comme une arme de propagande essentielle. Cette thématique oppose deux visions : celle de l'occupant japonais et celle des civils chinois qui luttent dans l'ombre pour immortaliser la réalité de ce conflit sans pitié. Le scénario permet à chaque personnage chinois d'exister pleinement, de l'interprète perçu comme un traître au novice apprenant l'art de la photographie dans l'urgence.

L'art entre témoignage et manipulation

Au-delà de l'image, l'œuvre explore comment l'art en général peut devenir un instrument de propagande. Elle montre comment sa fonction première — émerveiller ou retranscrire la réalité — peut être détournée au profit d'un envahisseur prêt à tout pour humilier son adversaire.

Un témoignage nécessaire malgré ses excès

Bien que le film illustre avec justesse cette période sombre et traumatique de la Chine moderne, il cède parfois à un pathos excessif, frôlant le mélodrame propagandiste. Néanmoins, ces partis pris servent un dessein précis : dénoncer un massacre dont la réalité historique reste encore aujourd'hui un sujet de tension et de négationnisme de la part de certains courants au Japon.
Chilou
Chilou

8 abonnés 92 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2026
Nouveau sommet de la guerre dégueulasse. Dans la lignée de la liste de Schindler. L'holocauste façon jap. Sans filtre. Hyper produit. Hyper réaliste. C'est pas de la comédie. Chapeau les acteurs ( trices)
khesanh76
khesanh76

38 abonnés 369 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2026
Attention ce film est dur mais nécessaire ! Pourquoi ? Par ce qu' AUCUN FILM n'a jamais traité le rôle de l'Armée Japonaise vis à vis des populations civiles. Voilà un oubli comblé. Le massacre de Nankin c'est 500 fois Oradour sur Glane, durant 5 semaines. Cela est filmé de long en large.
Ce n'est pas un film de "propagande" comme j'ai pu le lire. Car les protagonistes chinois s'interrogent sur "faut-il collaborer" avec l'ennemi ou pas ? Et résister, mais comment !
Un film a voir pour ceux qui s'intéressent à la 2e Guerre Mondiale, version Pacifique.
danieldudupont
danieldudupont

2 abonnés 25 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 janvier 2026
Une superbe réalisation , sur un tragique épisode de l'histoire. Très belle mise en scène.
Allez le voir , même en vo ce n'est pas gênant.
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