Vouloir raconter la contre-histoire des USA en un film de 1h50 relève de l'impossible. On se retrouve devant un amoncellement de courtes séquences d'archives, vaguement reliées entr'elles par la voix off de Daniel Mermet. Le commentaire est outrancier et affaiblit l'objectif recherché par les auteurs. Dommage, une occasion un peu ratée de développer la réalité historique des oubliés des manuels tels que les décrit Howard Zinn, et de ne pas oublier qu'il n'y a pas que de vilains chasseurs de lapin ou des lapins : il y a aussi des millions d'autres américains.
J'avais lu "Une histoire populaire américaine", le livre d'Howard Zinn et cela m'avait enthousiasmé. Ce documentaire apporte un plus : l'histoire d'Howard Zinn et la manière dont le livre de Zinn a été reçu aux E. U., comment il a rendu la parole aux gens, comment des enseignants s'en sont emparé pour parler d'une autre histoire de leur pays. On voit ainsi comment l'histoire, la grande histoire avec un grand H a des répercussions énormes sur la petite hsitoire d'un simple homme qui s'appelle Howard Zinn. Enfin des parallèles avec l'histoire de France montre, comme Patrick Boucheron le dit toujours, l'histoire est mondiale.
Allez au ciné cela peut être aussi se cultiver pour gagner en libre arbitre. Il y a des films comme celui là, qui me rappelle une référence française "la Sociale", qui permette de mettre la réalité historique en lumière pour ne pas qu'elle tombe dans l'oubli.
Ce documentaire, portant sur les 4 siècles d’histoire des USA est d’une actualité étonnante. Et comme le disent les réalisateurs du film, les extraits d’interview de Donald Trump intégrés au film sont la meilleure promotion qui peut être faite pour ce film salutaire. Beaucoup d’extraits de films d’actualité des années 1900 à 1960 inédits. Ce documentaire, avec la voix off grave et captivante de Daniel Mermet, ne tombe pas dans la propagande politique: il nous démontre comment la société américaine s’est construite, avec beaucoup de religion et peu d’émancipation, sur un mythe de progrès industriel et technologique qui a réussi à mettre sous le tapis les images et souvenirs honteux , ainsi que la spoliation originelle des terres et des cultures des indiens. L’affiche du film résume cette occultation permanente dans l’histoire enseignée aux USA : la figure de la statue de la Liberté est celle d’une métisse “tricolore� : blanche, indienne et noire …
Excellent pour réfléchir, échanger et avec espoir rendre à l'humanité son humanité :o). Quelque soit vos idées n'hésitez pas...un pur moment d'intelligence
Un film qui semble enchanter tous les spectateurs, on a hâte de le voir programmé en Loire Atlantique !! Visiblement il n'y a pas beaucoup de cinémas qui le distribuent.
Vu en Avant-première à l’Espace Saint Michel, Paris. C’est une œuvre documentaire extraordinaire sur l’Amérique, qui nous fait du bien, surtout en cette période !
« Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs ». Cette citation de l’historien américain Howard Zinn, on l’entend à 2 reprises, au début puis à la fin du film, dans Howard Zinn, "une histoire populaire américaine 2". On pourrait rajouter une autre citation de Howard Zinn : « L’histoire est importante. Si vous ne la connaissez pas, c’est comme si vous étiez né hier. Et si vous étiez né hier, n’importe qui au pouvoir pourrait vous raconter n’importe quoi, sans que vous puissiez vérifier ses dires ». Il y a 10 ans, le réalisateur Olivier Azam et le journaliste Daniel Mermet avaient proposé le premier des 3 volets cinématographiques qu’ils entendent consacrer à l’œuvre majeure de Howard Zinn, « Une histoire populaire des Etats-Unis ». En s’attachant à montrer la face cachée du rêve américain, ce livre, vendu à plus de 2 millions d’exemplaires, dont la première parution date de 1980 et qui, depuis, a été l’objet de nombreuses rééditions, a permis aux américains de porter un regard nouveau, un regard très différent sur leur propre histoire. Le but recherché par Howard Zinn au travers de ce livre n’était pas de déboulonner systématiquement toutes les statues des personnages considérés jusque là comme étant les grands hommes de l’histoire des Etats-Unis (Le fait de n’évoquer que les grands hommes n’est pas dû à un oubli, il est dû au fait que dans cette histoire il n’y avait pratiquement pas de grandes femmes !), il était plutôt d’amener sur le devant de la scène, au minimum sur un pied d’égalité avec ces « grands hommes », toutes celles et tous ceux qui, jusque là, avaient été oublié(e)s des livres d’histoire faits par les chasseurs et de faire enfin raconter l’histoire des Etats-Unis par les « lapins » que sont les amérindiens, les afro-américains, les femmes et les classes populaires. Une telle approche ne pouvait que fortement déplaire à Donald Trump qui, le 17 septembre 2020, s’est attaqué à Howard Zinn : « Nos enfants sont instruits à partir de tracts de propagande comme celle de Howard Zinn, qui tente de faire honte aux étudiants de leur propre histoire. La gauche a dénaturé et souillé l’histoire américaine ». Howard Zinn n’a pas eu besoin de faire de longues études en économie pour comprendre ce qu’était la pauvreté et ce qu’était l’existence des gens qui vivaient cette pauvreté de l’intérieur : il est né de parents immigrés, juifs des pays de l’Est,, père ouvrier, ainé d’une famille de 4 enfants dont il n’est exagéré de dire qu’elle a connu la misère, une famille devant souvent déménager du fait de loyers qui ne pouvaient pas être payés. De même, il n’a pas eu besoin de faire de longues études de sociologie pour comprendre ce qu’étaient le racisme et la ségrégation raciale :spoiler: ayant volontairement rejoint l’Air Force durant la Seconde Guerre mondiale afin de combattre le fascisme, il a pu constater de visu, dès le transport vers l’Angleterre sur le Queen Mary, combien le traitement accordé aux soldats afro-américains était différent de celui accordé aux soldats aux origines européennes. Ayant commencé à travailler comme ouvrier à l’âge de 18 ans, ce n’est qu’en revenant de la guerre et grâce à la loi . Bill adoptée en juin 1944 par le Congrès des États-Unis que Howard Zinn a pu commencer des études Critique compète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.