Toutes mes soeurs
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Helene Tourbine
Helene Tourbine

27 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juin 2026
« Les gens peinards doivent leur confort à ceux qui se sont battus. » Le constat est exportable, mais dans le cas présent c’est une ado iranienne qui s’adresse ainsi à sa mère, laquelle lui a opposé « Ta colère n'est pas utile ».
Là est le cœur du propos de Massoud Bakhshi, qui a filmé ses nièces entre leurs 9 ans et leur entrée à l’université : saisir ce qui traverse une famille iranienne ordinaire, à l’occasion d’anniversaires, de jeux ou de débats familiaux autour de ce qui est permis ou pas par le Coran.
Sauf que rien n’est ordinaire quand chaque image est susceptible de causer des ennuis aux deux sœurs Zahra et Mahya, rejointes tardivement par la jeune Maleka ; pour un bout de dos entraperçu, des cheveux non couverts, quelques pas de danse sur de la pop anglo-saxonne. Et cela inquiète leur grand-mère, prompte à disserter sur les désagréments de l’Enfer, moins sur ceux de vivre l’enfer sur terre.
Le film s’ouvre donc par un pacte : « Vous avez déjà des montagnes d'ennuis ? Je ne veux pas vous en créer plus » propose l’oncle cinéaste qui veut filmer la réaction des jeunes femmes - de désormais 27 ans - face à ces bribes de leur enfance, et recueillir leur accord pour diffuser ou non ces images, qu’il avoue avoir déjà censurées, coupées, recadrées.
Car s’il y a bien une manière parmi mille d’illustrer l’adage « tout est politique » c’est dans cette tension entre ces scènes familiales d’une banalité universelle et leur statut de menace potentielle.
C’est d’ailleurs sur une censure très cinématographique que se clôturera le film, le surgissement d’un effet spécial venant protéger l’image des deux sœurs par une pirouette probablement programmée en numérique mais que Méliès aurait déjà pu créer il y a plus d’un siècle.
Une foi magnifique dans le cinéma comme dans l’énergie de la colère – au combien utile – de cette génération d’iranien·ne·s.
L'Avant-Scène Cinéma
L'Avant-Scène Cinéma

1 abonné 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2026
Ce qui devait être un simple film de famille devient peu à peu le portrait bouleversant d’une génération de femmes iraniennes. À la naissance de sa deuxième nièce, Massoud Bakhshi commence à filmer les deux sœurs sans imaginer que ce projet l’accompagnera pendant près de dix-huit ans. Au fil des images, une troisième sœur rejoint la famille. Les enfants grandissent, entrent à l’école, découvrent l’adolescence puis l’âge adulte.

Entre archives familiales et séquences où les jeunes femmes regardent aujourd’hui ces images de leur passé, Toutes mes sœurs compose un dialogue permanent entre mémoire et présent. La grande force du film réside dans cette évolution progressive de son sujet. D’abord centré sur l’enfance, le documentaire devient peu à peu le reflet d’une société iranienne en pleine transformation.

À travers les discussions familiales, les débats avec la mère ou la grand-mère, les rêves d’études, les premiers élans d’indépendance ou les questionnements sur la place des femmes, Bakhshi capte les aspirations d’une jeunesse qui refuse de renoncer à sa liberté. Sans céder au discours militant ou démonstratif, le cinéaste laisse émerger les contradictions, les tensions et les espoirs qui traversent plusieurs générations.

En confrontant les images du passé aux réactions des jeunes femmes qui les découvrent, le réalisateur transforme ce journal intime en réflexion sur la mémoire, la transmission et le regard que l’on porte sur soi. Derrière le destin singulier de ces trois sœurs se dessine alors le portrait d’un pays tout entier, partagé entre héritage, désir d’émancipation et nécessité de réinventer l’avenir.
Yves G.

1 856 abonnés 4 065 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 juin 2026
Massoud Bakhshi a décidé en 2007 de filmer ses nièces, encore tout bébés, et de réaliser à travers leur portrait un film sur la petite enfance en Iran. Au fil des années, son projet a pris de l’ampleur. Il a décidé de le poursuivre au-delà de la période prévue, jusqu’à l’âge adulte des deux sœurs, Zahra et Mahya, et à la naissance d’une benjamine, Maleka.

Le réalisateur d’"Une famille respectable" (2012) et "Yalda, la nuit du pardon" (2019) reproduit le même procédé ambitieux que celui de "Boyhood" de Richard Linklater (mon film préféré en 2014), "Adolescentes" de Sébastien Lifshitz ou "Qui à part nous" de Jonás Trueba : suivre pendant plusieurs années des enfants qui grandissent. Le résultat est d’une étonnante modestie : une heure vingt à peine, là où le film de Trueba durait trois heures quarante !

Bakshi s’est heurté à un obstacle de taille, l’interdiction de filmer les cheveux et les corps des femmes pubères, qu’il a scrupuleusement respectée pour ne pas mettre en porte-à-faux ses nièces. Il les cadre en plans très serrés sur leur visage, les floute ou les filme dans le noir. Ces deux bambins si joyeux se voient couvertes d’un hijab dès leur entrée à l’école. On comprend que leur grand-mère, très pieuse, essaie de leur transmettre une foi stricte, que leur mère en revanche est moins respectueuse des mots d’ordre des mollahs. Les jeunes filles, qui ont chacune leur personnalité, se plient avec peine à cette chape de plomb et soutiennent avec enthousiasme le mouvement « Femme, vie, liberté ».

Le sujet et son traitement ont de quoi inspirer. Hélas, le résultat est décevant. Les trivialités d’une éducation somme toute banale, similaire en de nombreux points avec celles de jeunes filles de la bourgeoisie occidentale, ne sont guère intéressantes. Ce documentaire courageux fait preuve de trop de retenue là où il aurait dû s’autoriser plus de lyrisme.
PLR
PLR

559 abonnés 1 785 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 juin 2026
Quand quelque chose d’iranien arrive sur nos écrans (par définition ce qui se déjoue de la censure et des interdits sociaux, moraux et politiques), par soutien le cinéphile d'ici se sent obligé d’apprécier et d’exprimer et noter sa critique en rapport. Le présent réalisateur n’a d’ailleurs pas manqué d’accumuler des prix et des distinctions pour ses précédentes productions. Mais ce n’est pas parce que c’est iranien que c’est cinématographiquement bon, soit dans le propos soit dans la réalisation. Le propos : filmer deux petites filles, puis adolescentes jusqu’à jeunes filles dans le carcan de la société iranienne et en huis-clos familial. Un défi pour la caméra car filmer la gent féminine si on voit son corps et ses cheveux relève de l’interdit. L’astuce sera alors de recourir au gros plan ou à la pénombre. La voix off du réalisateur nous explique que c’est comme ça que la télévision iranienne filme les femmes non voilées chez elles. Dans l’espace public, la question ne se pose pas par définition sauf à braver les autorités. C’est comme ça. Mais de là, de quelques bavardages enfantins à quelques réflexions ou interrogations très édulcorées, bien qu’il s’agisse d’un documentaire duquel on attend donc un regard et des explications sociétales, théologiques, politiques et un rejet du conservatisme, il n’y aura guère de développements. Il n’est même pas certain que les autorités promptes à la censure et à la persécution aient pu y trouver quelque chose à redire. Décevant dans la forme (admettons qu’elle s’imposait) et surtout le contenu. Ça n’empêche pas, j’en suis témoin, quelques spectateurs d’applaudir. 2 étoiles (pas terrible), plutôt que 1,5 (mauvais)... parce que c'est iranien.
Benedicte B
Benedicte B

16 abonnés 56 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 juin 2026
Pendant 1h20 on regarde deux jeunes filles regarder des videos ou chanter. Toujours dans le noir pour ne pas montrer leurs cheveux car cela se passe dans la maison, elles ne portent pas leur voile
Où est le point de vu de ces jeunes filles? Qu'est-ce que ce film veut dire ? Que les jeunes filles ont une vie semblable à celle d'une occidentale ? Bref, ce film m'a déçue
Coric Bernard

461 abonnés 852 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 avril 2026
C’est un bon documentaire de ce réalisateur iranien qui a filmé ses nièces depuis leur petite enfance en 2010 jusqu’à leur adolescence à notre époque. A partir de cette démarche, le réalisateur met bien en valeur l’environnement social et culturel dans lequel ont évolué ces jeunes iraniennes jusqu’à leur émancipation vers leur soif de liberté à l’aube de leur âge adulte et c’est très bien illustré dans ce film.

Bernard CORIC

(film visionné en projection de presse le 30/03/2026 au Club Marbeuf à PARIS)
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