Mirapolis, l’incroyable crash du Disneyland français
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠
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Publiée le 18 février 2026
Inauguré en 87 et définitivement fermé fin 91, après seulement 5 saisons d’exploitation, Mirapolis avait pour ambition d’être le tout premier parc à thème (d’attractions) de France (pour rappel, Euro Disney, renommé par la suite Disneyland Paris, a été inauguré en 1992). Il était précurseur, moderne et novateur, malgré cela, rien n’aura fonctionné comme prévu.

Louis Daboussy revient sur ce passionnant (et triste) fiasco français, censé rivaliser avec la firme aux grandes oreilles (Mickey). Situé à Cergy (en réalité, construit sur la commune de Courdimanche), au terminus (côté ouest) du RER A (soit à l’extrême opposé d’où se situe Disneyland, terminus du RER A côté est), le parc avait pour ambition de concurrencer les géants américains (les parcs d’attractions étaient alors en plein essor au milieu des 80’s). Son inauguration avait d’ailleurs été orchestrée en grande pompe, avec Jacques Chirac (arrivé en hélicoptère) et le chanteur Carlos en guise de parrain (il interprétera plusieurs chansons sur le thème de Mirapolis et fera même venir sur place Johnny Hallyday).

On découvre à travers ce documentaire comment et pourquoi ce parc fut un fiasco effarant & un véritable gouffre financier. Mal adapté et mal pensé pour le public, des choix artistiques contestés (le parc s’inspire de contes et légendes françaises peu voir pas connues du grand public), un montage financier trouble, une météo pourrie le premier été de son inauguration (45 jours de pluie consécutive), … Le tout, avec d’innombrables anecdotes et témoignages où l’on y retrouve Guy de Boisgrollier (Directeur général de Mirapolis de 1987 à 1989), Anne Fourcade (architecte et conceptrice de Mirapolis), David Fréméry (Président de l’association "Les Amis de Mirapolis"), Jean-Baptiste Tréboul (Directeur de la revue "Espaces tourisme & loisirs"), Aurélien Bellanger (écrivain, auteur du roman "Le Grand Paris"), Jordan Deliessche (fan et expert en parcs d'attractions) ou encore Christian Gourmelen (Président de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise).

Rien n’y personne n’arrivera à relever la tête hors de l’eau du Gargantua qui connaîtra plusieurs repreneurs. Déficitaire de plusieurs millions de francs, le Club Med prendra les commandes, s’il parviendra à relever la barre, le déficit se creusera davantage, si bien que les repreneurs suivants ne seront autres que des forains, menés par Marcel Campion (un comble lorsque l’on sait qu’ils ont, lors de son inauguration en 87, sabotés des attractions), mais cela ne durera pas longtemps et le parc fermera définitivement ses portes fin 91. Les attractions seront revendues dans divers parcs à travers l’Europe (notamment Spreepark en Allemagne, bien connu du monde l’UrbEx puisqu’il est abandonné depuis 2002, avec une large partie de ses attractions encore accessibles).

Mirapolis, l’incroyable crash du Disneyland français (2026) est une passionnante capsule temporelle qui nous renvoie aux années 80, dans cette folle utopie gargantuesque (pour que vous ayez un ordre de grandeur, la fameuse statue de Gargantua qui dominait le parc était la plus grande statue creuse d'Europe, elle faisait 35m de haut, soit 7m de moins que le Centre Pompidou à Paris ou 10m de moins que le célèbre château de Disneyland Paris !). A titre personnel, je n’aurai hélas pas eu l’occasion de le visiter (trop jeune, j'habitais à 15min du parc, je garde un souvenir ému de voir le Gargantua depuis l’A15 lorsque je passais devant en voiture). Ma seule visite du parc remonte à l’année 2009, plus de 15 ans après sa fermeture, bien évidemment il ne restait strictement rien sur place (Gargantua ayant été dynamité en 1995). Le site reste encore aujourd’hui à l’abandon (35 hectares en friche), où les gens du voyage y ont élu domicile et où le GIGN vient s'entraîner (j’avais eu l’occasion de les croiser lors de ma visite en 2009).

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