Under Pressure: Making 'The Abyss'
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠
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3,0
Publiée le 1 juin 2026
Under Pressure : Making 'The Abyss' (1993) est un documentaire passionnant de 60 minutes (bien trop court, vous en conviendrez), qui revient sur le tournage chaotique d’Abyss (1989).

Avec pour toile de fond, bien évidemment, l’impressionnante reconstitution de la station de forage DeepCore où l’on y apprend qu’il est impossible pour James Cameron de tourner en pleine mer (pour des questions de coût) et encore moins en studio (aucun lieu n’est capable d’accueillir un tournage de cette ampleur, les rares studios immergés n’ont pas la capacité), il jette alors son dévolu sur la "Cherokee Nuclear Power Plant" à Gaffney en Caroline du Sud (en plein coeur d’une centrale nucléaire désaffectée, dans l’un de ses réacteurs inachevés).

DeepCore devient alors le plus grand décor sous-marin jamais construit, avec deux bassins pouvant contenir plusieurs milliers de litres d’eau (le bassin qui devait contenir le réacteur nucléaire faisait 61m de diamètre et 17m de profondeur)

L’autre intérêt non négligeable du film, c’est de pouvoir y découvrir les coulisses du tournage, on y voit la construction de DeepCore et la transformation du réservoir en fosse sous-marine. Mais assez rapidement, les problèmes vont commencer à entacher le tournage (lui faisant prendre du retard, sachant qu’une seule journée de tournage coûte au studio entre 200 000 $ & 250 000 $ par jour !). On y apprend notamment qu’ils ont été obligés de bâcher le réservoir pour plonger dans la pénombre la plate-forme de forage, tout en y ajoutant des millions de petites billes noires à la surface pour éviter le côté "réflecteur" de l'eau. Sauf qu’une fois au fond du réservoir, il fait nuit noire, il a donc fallu créer des technologies leur permettant d’amener des projecteurs de cinéma sous l’eau, sans risque d'électrocution (sans parler des masques à oxygène qui ont dû être modifiés / adaptés pour le tournage).

Rappelons que le tournage du film s’est effectué au ¾ sous l’eau, contraignant l’ensemble des acteurs et le staff technique à passer plusieurs heures dans l’eau (jusqu’à 10h d’affilées, il était plus simple de les avoir tous sous l’eau à portée de main quitte à les faire patienter dans le fond de la fosse pendant des heures). Sauf qu’en ayant des acteurs qui tournent réellement sous l’eau, cela pose un problème de son, contraignant la production à devoir post-synchronisé tout le film a l'issue du tournage afin de ne plus avoir le bruit des casques avec leurs respirateurs.

Parmi les nombreux couacs, on apprendra notamment les problèmes de conception du réservoir (toute la tuyauterie qu’il a fallu mettre en place pour y injecter des milliers de litres d’eau, la filtrer et la chauffer), sans parler de la tempête qui déchirera la bâche, mettant au grand jour la plate-forme de forage, contraignant l’équipe à devoir tourner au beau milieu de la nuit, sans parler des problèmes d’oxygènes et Ed Harris qui a bien failli y rester et ce, malgré la présence de plongeurs sauveteurs (il y en avait 2 par acteur).

On y apprend aussi les secrets de fabrication du "pseudopode" (l’espèce de "colonne d'eau mouvante") qui aura nécessité de développer des logiciels afin de pouvoir le créer de toute pièce, idem pour la représentation complexe des NTI ("Non-Terrestrial Intelligence"), sans oublier la séquence ahurissante du rat avec le perfluorocarbure (on y apprend que la séquence dans le film est vraie et qu’il n’y a eu aucun trucage).

Ed W. Marsh nous livre ici un passionnant documentaire où l’on découvre à quel point chaque minute de tournage était un véritable danger aussi bien pour les acteurs que pour le staff. Les commentaires des acteurs sont eux aussi très intéressants (seule Mary Elizabeth Mastrantonio n’y apparaît pas).

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