Le Mouchard
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ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 mars 2026
Avec Le Mouchard, John Ford s’éloigne du souffle épique pour plonger dans une tragédie morale oppressante, marquée par une forte stylisation. Victor McLaglen incarne un homme broyé par sa trahison, figure pathétique dont la culpabilité irrigue tout le récit. L’esthétique expressionniste, faite d’ombres et de décors stylisés, confère au film une atmosphère singulière mais parfois appuyée. Ford privilégie l’intensité dramatique au détriment de la subtilité, accentuant le caractère démonstratif de la trajectoire. Reste une œuvre marquante et audacieuse dans sa forme, mais dont la lourdeur tragique peut aujourd’hui atténuer l’impact.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mars 2026
Que le héros trahisse un ami dont il ne partageait pas la violence de l'engagement, par amour et par volonté de sortir d'une misère éprouvante se comprenait. Nul besoin n'était de le transformer en brute épaisse, stupide, influençable, colérique, avinée - même si le jeu nuancé de Victor McLaglen lui confère une certaine profondeur. Ainsi, la véritable émotion naît de la rencontre entre deux femmes amoureuses puis de la dignité d'une mère endeuillée. Bien que le choix psychologique s'avère discutable, la mise en scène permet elle de faire ressentir la culpabilité du mouchard, l'atmosphère macabre d'une Irlande en proie à la guerre civile et le poids de la désespérance. Un drame touchant.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 décembre 2025
Dans le Dublin des années 20, où la police anglaise traque les combattants de l'IRA, John Ford, fils d'émigrés irlandais sans doute pas insensible à la lutte de ses compatriotes, raconte la nuit dramatique initiée par le geste funeste de Gypo. Démuni et rêvant d'Amérique, Gypo est le Mouchard.
John Ford impose pour commencer un décor particulièrement cafardeux et produit une atmosphère brumeuse et nocturne où se meuvent la faune des gens pauvres, incidemment des prostituées et des militants irlandais contraints à la clandestinité. C'est dans ces conditions que le cinéaste décrit l'errance alcoolisée de Gypo, découvrant après son forfait, les affres de la culpabilité, tout en alimentant les soupçons à son égard.
Dans le registre psychologique, Ford n'évite pas certaines pesanteurs (comme ce dénouement théâtral et religieux) ou redondances. Mais il réalise un film artistiquement ambitieux et dramatiquement riche. Surtout, le cinéaste trouve en Victor McLaglen un interprète de choix. L'acteur, massif, fait une composition mémorable de ce Gypo mouchard, un personnage dont il ne restitue pas seulement le désarroi psychologique mais aussi le caractère fruste, une excuse en soi à sa faute.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 août 2023
Premier grand succès public de John Ford ( cinéaste aux 140 films), " the informer" fût aussi reconnu par la profession, comme en témoigne les récompenses qu'il obtint aux Oscars.

Sans nul doute un des titres majeurs du cinéaste, le film présente ( à mes yeux) son meilleur profil pendant la première demi-heure.

Ford met en avant la défense des principes moraux et des engagements personnels dans la conduite de son existence face à l'égoïsme et la défense de ses stricts intérêts personnels.

Pendant la guerre d'Irlande, un nationaliste trahit son meilleur ami pour un motif dérisoire ( payer le prix de deux billets pour immigrer aux usa).

La faiblesse du film repose sur le scénario qui une fois l'exposition de la tragédie de l'intrigue exposée, tourne un peu en rond.

Le thème de la trahison entre deux militants de l'IRA, sera repris par Kenneth Loach ( "hidden agenda", " le vent se lève" ( Palme d'or à Cannes) et aussi par Sergio Leone dans " il était une fois la révolution").

La scène du procès fait penser à celle de " M le maudit" de Fritz Lang ( et évidemment à son remake "M" de Joseph Losey)

Un classique inoubliable du cinéma des années 1930, porté par Victor Mac Laglen ( père du cinéaste Andrew Mac Laglen ) dans, peut-être ce qui constitue son plus grand rôle ( avec celui qu'il incarnera dans " l'homme tranquille" toujours de John Ford)
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 mars 2016
Alors que John Ford enchaîne les films à un rythme très élevé, il décide en 1936 de livrer une oeuvre plus personnelle où il revient sur la condition de son pays d'origine, à savoir une Irlande asservi par les britanniques. Il adapte un récit où il met en scène un homme pauvre prêt à vendre son meilleur ami pour espérer immigrer vers les USA.

Ford met en avant un homme pauvre, ivrogne, catholique mais aussi un peu idiot. C'est d'ailleurs ce dernier point qui m'a légèrement gêné à la vision du film, à savoir qu'il braque constamment sa caméra sur un gars très bête auquel on a parfois du mal à s'intéresser et à comprendre. Le cinéaste américain met constamment son personnage face à un choix bien compliqué, à savoir sa propre vie ainsi que celle de la prostituée qu'il aime et le sentiment de culpabilité pour son geste.

Si John Ford ne juge pas vraiment et ne prend pas parti, son récit est néanmoins riche en symbole et notamment biblique mais Ford n'évite malheureusement ni les lourdeurs ni les excès à l'image de la scène finale. De plus, les excès sont aussi du côté de certains interprètes et notamment Victor McLaglen dans le rôle principal qui peine à retranscrire toute la gravité de son personnage. C'est dommage, sans pour autant être vraiment préjudiciable tant le metteur en scène de Les Raisins de la Colère dévoile un certain savoir-faire.

Effectivement, John Ford prouve ici (et si il y en a besoin) qu'il était bien un grand réalisateur, malgré tous les reproches que l'on peut lui faire, Le mouchard dégage une certaine puissance, sublimé par la mise en scène de Ford qui met du rythme et de la tension lorsqu'il le faut. Il arrive aussi à faire ressortir un minimum d'émotion de ses enjeux et personnages, notamment le protagoniste dont la naïveté se fait parfois touchante. Il sublime la belle reconstitution studio à travers des plans ingénieux, renforçant l'ambiance sombre et oppressante du film. De plus, le sujet, à savoir la description de la vie Irlandaise sous la direction britannique, reste intéressant et bien traité.

Finalement le film connut un bon succès à sa sortie et obtient quelques oscars majeurs, dont ceux d'acteur et réalisateur. Malgré sa puissance et la façon dont John Ford traite son sujet, il n'en reste pas moins décevant mais, très vite, il commencera ce qui est pour moi un nouvel âge d'or, avec notamment peu de temps après avec ses deux films tournants autour de Lincoln ainsi que Les Raisins de la Colère.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 février 2014
Considéré comme le premier chef d'oeuvre, ou du moins comme le film l'ayant fait rentrer dans la cour des grands, de John Ford, j'avoue une pointe de déception envers ce film.
Déjà le personnage est un abruti total mais total de chez total, ce qui fait qu'on n'a pas la moindre compassion pour lui. Il dénonce son seul ami après pourtant que celui-ci lui ait promis d'essayer d'arranger sa situation, il trouve ensuite pas mieux que de se bourrer la gueule et de dépenser à tort et à travers le pognon de la récompense, meilleur moyen de passer inaperçu après une traîtrise... Je veux bien partir du principe que le protagoniste ne soit pas une lumière mais pour citer Michel Audiard "La connerie à ce point-là, moi, j'dis qu'ça d'vient gênant"... Ensuite ce n'est pas l'interprétation oscarisé mais grandiloquente de Victor McLaglen qui arrange les choses.
Mais John Ford était John Ford, pas encore le très grand réalisateur qu'il deviendra par la suite, mais il montrait déjà un soin technique prodigieux et utilisait déjà admirablement les décors. La descente de police, en particulier le moment où le mouchardé est abattu, est un véritable morceau de maîtrise.
Enfin reste que pour moi (il faudrait bien évidemment que je vois tous les films antérieurs du réalisateur pour pouvoir l'affirmer de manière certaine !!!), le très grand John Ford est né avec le méconnu et pourtant magistral "Je n'ai pas tué Lincoln".
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 octobre 2013
Ni un muet et ni tout à fait un parlant, très académique et démonstratif ce film est le moins bon de toute l’oeuvre de mon cinéaste préféré. Victor McLaglen surjoue sur ordre en permanence et son personnage ne semble pas intéresser Ford lui-même même qui ne lui trouve aucune excuse au point de le gratifier d’une fin cinématographique totalement ridicule. Heureusement, ce n’est qu’un brouillon, je pense que ce sujet tenait une trop grande place dans le coeur du réalisateur et qu’il en perdit son sens du recul. Il saura corriger toutes ses erreurs pour nous offrir des films de plus en plus beaux et de plus en plus émouvants dans les années qui suivront. Le même sujet traité dans ‘’Quand se lève la lune’’ est un chef d’oeuvre absolu. En dehors de somptueuses photographies et de deux séquences bien enlevées, la tentative de fuite et la mort de Frankie, la fuite puis les blessures mortelles portées à Gypo par un des membres du clan sur le porche de la maison de son amie; quasiment rien ne mérité d' être louangé. Les beuveries interminables dont une à la limite du burlesque, les apitoiements permanents, les deux jeunes femmes (Katie et Mary) mal mises en valeur, le procès ,pâle copie de celui de M le maudit dont le passage avec Donald Meek. Peu importe, qui n’a jamais rien raté ? L’essentiel étant de s’améliorer sans cesse comme Ford n’a cessé de le faire.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2013
Comme le prouve la guerre civile irlandaise, beaucoup de luttes ou de conflits du XXe siècle ne possèdent pas de « front » classique, la guèrilla abolissant les notions de front et d'arrière, tout le pays et toute la population ètant engagès dans cette lutte! Ainsi des films comme l'èblouissant "The Informer" de John Ford expliquent la lutte irlandaise contre l'occupant anglais qui emploie d'autres tactiques et une autre stratègie que celle de la guerre « classique » . Drame de la trahison et de la guerre civile dans le Dublin de Sinn Feiners, d'après le très beau roman de Liam O'Flaherty, adaptè par Dudley Nichols, "The Informer" doit beaucoup à la prestation saisissante de Victor McLaglen qui recevra un Oscar mèritè du meilleur acteur! Ce qui est intèressant c'est que Ford (d'origine irlandaise) s'inspirait dèjà de son pays natal pour rèaliser l'un des meilleurs films de cette èpoque! Ce drame de conscience est assez nouveau dans le cinèma amèricain en 1935! Nous suivons Gypo / Victor McLaglen pas à pas, partageant ses excès, ses fautes, ses remords, sa peur, son dègoût de lui-même...Tout au long du mètrage, la prèsence d'un aveugle, qui a ètè tèmoin de l'acte de trahison, a une valeur symbolique: elle est en quelque sorte l'incarnation de la conscience du mouchard! D'ailleurs le propos de Ford rejoint celui de Fritz Lang de "M" : il s'agit moins de juger que de comprendre! Le responsable n'est pas Gypo, mais la sociètè qui l'a rendu aussi ignorant et misèrable...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 avril 2013
Méprisé pour son millimétrage excessif, "The Informer" rejoint les productions froides dont la fuite en avant du protagoniste est annoncée d'entrée de jeu. On a vite les pattes coupées et on se sent couvert de poussière après cette affiche "wanted" voletant à ras du sol... C'est beau à l'écran, on passe de la noirceur au clair-obscur, et on va jusqu'à l'illumination quand les dames apparaissent. Pour ce qui est du fond, on voudrait croire que ce type est "un indicateur" acheté par la police, qu'il n'a pas le choix...Voir sous tous les angles la gueule patibulaire de Gypo fascine et horrifie... Vaurien, loser... déchet de la société, exclu parce que vraiment trop c..., et pourtant osant monter encore d'un cran comme si c'était devenu réflexe... En plein le "p... de plomb" de notre quotidien économico-financier ! Bassesse, irresponsabilité, le règne du grand n'importe quoi, revers des économies folles, l'exemple venant du dessus... Echo certain en 2013 ! Avec extrapolation de "l'organisation secrète" à la mafia, chaque régression humaine vomissant les mêmes monstres... La femme entre objet et icône, l'affamé, l'apatride, le bureaucrate borné, le trafiquant d'armes, le psychopathe... Voilà à quoi fait réfléchir ce film qui, sans sa dernière séquence, serait parfaitement sinistre.
JamesDomb
JamesDomb

127 abonnés 1 061 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mai 2012
Aucun film de John Ford ne fut autant acclamé et récompensé que Le Mouchard. Triomphe commercial et artistique, récompensé par 4 Oscars ( Meilleurs acteur, réalisateur, scénario, musique) en 1935, ce chef d'oeuvre et classique du cinéma américain inspiré du roman de Liam O'Flaherty, audacieux et engagé, expérimental pour l'époque, respectant une unité de temps et de lieu (une nuit, une rue), résume à lui seul le cinéma de John Ford. En voulant agir par bonté, un homme bestial et simplet (magnifique Victor McLaglen) manque à son devoir, trahit un ami et détruit une famille. Oeuvre noire et envoûtante aux accents expressionnistes, réalisée avec un budget restreint (200.000 dollars) en trois semaines, avec une économie de dialogues, Le Mouchard subjugue dès la première séquence avec sa photo splendide entre ombre et lumière, la virtuosité de sa mise en scène. John Ford s'est battu pour ce film, oeuvre majeure sur le thème de la culpabilité et du remords qui rongent l'âme, qui n'est pas sans rappeler M. le maudit de Fritz Lang (le tribunal clandestin entre autre), et qui demeure à ce jour l'un voire le film le plus personnel, angoissant et oppressant de son auteur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 mars 2012
Ce film, boudé aujourd'hui par une certaine critique, qui préfère les Ford filmés au grand air, est tout simplement poignant... cette forme d'expressionnisme unique qui n'appartient qu'au cinéaste, joue admirablement sur l'opposition de l'erratisme et du hiératisme. Mc Laglen enivré entre rêve et réalité est d'une force inouïe. Le film, comme chacun des films du cinéaste, est d'une richesse de sens incomparable, à la manière des paraboles bibliques.
tomPSGcinema

880 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 janvier 2011
En 1922, à Dublin, un homme révant d'aller en Amérique trahit son meilleur ami recherché par les Anglais... Difficile de ne pas crier au chef d'oeuvre en visionnant ce long métrage, que John Ford réalisa en 1935. Il s'agit véritablement d'une des oeuvres les plus personnelles de son auteur - du fait notamment que le tout se situe en Irlande, le pays d'où était originaire le parents du cinéaste - et sa douloureuse histoire, qui est basé tout le long sur la culpabilité ou encore la justice se suit avec beaucoup d'attention tout au long du récit. La mise en scène de John Ford est magistrale et nous offre certaines séquences bien marquantes - notamment celles où le personnage principal se trouve hantée par l'avis de recherche qui concerne son ami. Dans le rôle principale, on retrouve un Victor Mc Laglen époustouflant et qui nous délivre ici une des plus belles performances qu'un acteur ait pu faire nous offrir à l'époque. Nous avons donc le droit de visionner un long métrage vraiment poignant, d'une grande sincérité et d'une grande maîtrise et le tout sera récompenser par 4 oscars ( pour la réalisation, le scénario, la partition musicale et pour le meilleur interprète masculin ) amplement mérité. Une des oeuvres phares de John Ford qui n'est pas prêt de perdre de sa force dans les années à venir.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 août 2010
Une mise en situation étouffante dans un pays qui connut donc une époque difficile. Qui plus est on se laisse prendre dans un étau qui se resserre et l'ambiance est toujours plus inquiétante et malsaine à mesure que l'on avance dans le film. Seul Hitchock sait véhiculer de tels sensations avec autant de poids.
Freaks101
Freaks101

174 abonnés 619 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mai 2013
Un film à part dans la carrière de John Ford, énorme succès public, « Le mouchard » suis les mésaventures de Gypo, brute épaisse bas de plafond qui trahis un des ses amis, nationalistes irlandais, pour seulement quelques billets, gagné pour plaire à la fille qu'il aime. Le film se transforme vite en parabole biblique avec l'argent comme symbole de culpabilité. Ford suis le parcours de son anti-héros durant une nuit unique, unité de temps dans laquelle Gypo se perd, partagé entre ses pulsions primitives et son sentiment de honte. On sens encore dans la mise en scène l'influence du cinéma muet, tout y est outré, voir excessif, pourtant la sauce prend. Peut être justement parce que ce traitement naïf correspond à la personnalité de Gypo. On peut également le comparer au « M » de Fritz Lang, l'innocence en plus. A noter aussi quelques beaux personnages féminin, et une morale ambiguë qui ne juge pas totalement les personnages.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 mars 2010
Un superbe film, cher à John Ford.
Jalon dans son oeuvre (son 1er grand film) comme dans l'histoire du cinéma (début de la musique de film, spécialement composée pour et en fonction des scènes par Steiner)...
Noir et blanc, avec des références au cinéma muet, à l'expressionnisme allemand (M le maudit)...Un régal.
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