L'Enfance d'Ivan
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CloakBack
CloakBack

6 abonnés 347 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 mars 2026
L’Enfance d’Ivan propose un film de guerre centré sur un enfant privé d’enfance. Une œuvre formellement impressionnante, que j’ai admirée pour sa maîtrise tout en restant légèrement à distance.

Premier long métrage d’Andreï Tarkovski, réalisé au début des années 1960 en Union soviétique, le film révèle déjà un style affirmé. Repris en cours de production, il s’éloigne du film de guerre héroïque pour adopter une approche intime et méditative. Le noir et blanc expressif, l’usage des décors naturels et la mise en scène épurée orientent l’œuvre vers la mémoire et l’intériorité plutôt que vers le spectaculaire.

Le film explore la destruction intérieure de l’innocence. À travers le regard d’un enfant devenu éclaireur, la guerre apparaît comme une force qui altère l’âme avant même les corps. Les séquences lumineuses contrastent avec les paysages sombres et marécageux du front, matérialisant la perte irréversible de l’enfance. La mémoire devient un refuge fragile face à un monde qui ne laisse plus de place à l’innocence.

Il interroge aussi la solitude et la vengeance. Ivan n’est pas un héros, mais un enfant consumé par la haine. Le film refuse tout triomphalisme et adopte une posture anti-héroïque. La nature, omniprésente, semble indifférente au conflit humain, renforçant l’impression d’absurdité. La narration fragmentée et l’alternance entre rêve et réalité traduisent une désintégration du temps autant que de l’identité.

J’ai été frappé par sa modernité. Il pourrait aujourd’hui être présenté comme un film d’auteur contemporain sans paraître daté. La photographie en noir et blanc est remarquable, et la maîtrise formelle impressionne pour un premier film. On perçoit déjà une signature forte dans le rapport au cadre, au silence et aux éléments. Les thèmes de la mémoire et de l’innocence perdue m’ont réellement intéressé.

Cependant, le rythme lent et la structure fragmentée m’ont parfois tenu à distance. Cette lenteur fait partie du projet, mais elle exige une attention plus contemplative que narrative. L’attente liée à sa réputation a sans doute accentué cette réserve. Je suis resté admiratif de la forme sans être pleinement emporté, même si je pressens qu’un second visionnage pourrait en approfondir l’impact.

L’Enfance d’Ivan demeure une œuvre forte et cohérente, déjà emblématique du cinéma de Tarkovski. Un film de guerre à contre-courant, plus préoccupé par l’âme que par l’action, dont la puissance formelle l’emporte légèrement sur l’adhésion émotionnelle.
Gaël
Gaël

12 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2026
Un film grandiose sur une guerre se dévoilant traumatisante au yeux d'une humanité qui en reste profondément bouleversée.
Yvan est ici l'effigie de ces maux et sa vie d'enfant, dérobée par les séquelles que lui laisseront la guerre sur le front Est, imprègne le spectateur durant cette trame filmique magnifique aux plans superbes.
La guerre ne forme pas des adultes, elle créée des êtres brisés.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 décembre 2024
L'histoire d'un gosse de 12 ans orphelin de père et de mère (tous deux tués par les Nazis) devenant éclaireur au sein de l'Armée Rouge. C'était le premier film de Tarkovski. Encore soumis aux diktats soviétiques. Il s'en affranchira dès "Andrei Roublev". Tellement que Brejnev en pètera une durite pendant la projection, hin hin hin hin. Pour ce qui est de cette "Enfance d'Ivan", d'un point de vue purement visuel, c'est un véritable régal. Tarkovski débutait, mais était déjà un as de l'espace, du cadrage, de l'utilisation du noir et blanc et e la maîtrise de la caméra, tout simplement. La scène du puits relève de la pure orfèvrerie. Il en est de même pour celle de la traversée du marécage. Mais, pour ce qui est du fond, on ne peut pas être autant élogieux. En soi, l'histoire est belle, mais manque de chair, elle ne comble pas les 90 minutes. Surtout qu'elle s'éparpille parfois dans des digressions malvenues. Comme des intrigues amoureuses, par exemple. En ce qui me concerne, chaque film du maître russe me laisse comme deux ronds de flancs de par leur plastique absolument impeccable, mais en terme de strict plaisir cinéphilique ressenti, j'ai bien plus de mal.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juillet 2024
Et si ce film très beau et éthéré était l’ancêtre de « l’empire du soleil » de Spielberg??
Je le crois volontiers.
Sauf que Tarkowski fait un film intimiste et tragique sur la vision d’un enfant mais aussi en filigrane sur la recherche du père. Ou plutôt de la mère patrie.
C’est totalement du cinéma à l’état pur.
En cela toute la nature autour de lui reste étonnamment sage avec ces longs plans de forêt élégants et majestueux.
Le contraste du sujet et des plans est saisissant. C’est de la mise en scène somptueuse.
Même la mort peut être belle car elle permet d’être heureux.
Superbe fin d’ailleurs sur ces deux enfants qui courent sur la plage.
Magnifique.
Fryzer
Fryzer

18 abonnés 388 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2024
Tellement de qualités, avec une thématique marquante et touchante avec un final excellent, mais comment ça le film dure 1h30 ressenti 3h? C’était trop long, j’ai commencé à subir c’est dommage.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 août 2023
Premier long métrage de Tarkovski, le destin tragique d'une enfance anéantie par la guerre, servi par une mise en scène sublime et fascinante au service d’une narration moins passionnante.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 juillet 2023
Tarkovski fait partie de ces immenses cinéastes qui, avec Bergman, Dreyer, Antonioni et Bresson, plongent dans une vénération admirative tous les cinéphiles du monde entier. L’évocation de son seul nom suffit à les faire se pâmer et à remplir les salles des ciné-clubs.

Je serais bien prétentieux de leur donner tort. Que vaut mon opinion face à celle, autrement mieux renseignée, de dizaines sinon de centaines d’amoureux du septième art qui, à longueur de critiques ou de thèses ont disséqué ces filmographies et en ont souligné la richesse et la profondeur ? Si la morgue des poseurs, qui érigent parfois en chef d’œuvre un enfilement d’inanités, est insupportable, les railleries des démagogues qui font profession d’anti-intellectualisme et se rient des œuvres qu’ils ne font pas l’effort de chercher à comprendre, sont plus méprisables encore.

S’agissant de Tarkovski, lit-on, son cinéma, qui emprunte à la fois à la pensée orthodoxe slave et au panthéisme et qui convoque des symboles tant chrétiens que païens, aspire à l’universalité. Il baigne dans le mysticisme. Il décrit l’Homme dans toute sa grandeur et dans toute sa lâcheté, naviguant souvent aux frontières de la folie et du génie, hanté par la peur de la mort et par le fol désir de vivre et de créer. Son cinéma entretient un lien particulier avec la Terre et les forces telluriques – l’eau, l’air, le feu. La première scène de "L’Enfance d’Ivan" ainsi que la dernière du "Sacrifice" montrent un enfant au pied d’un arbre.

Mon propos n’est pas de contester ces analyses élogieuses. Il est piteusement de faire le constat de ma lamentable incompréhension. J’ai visionné studieusement, au fil de ma formation cinéphilique tous les films de Tarkovski, à commencer par les deux plus connus : "Andreï Roublev" et "Solaris". J’ai vu "Stalker" l’an dernier – et ai essayé d’en comprendre le sens en allant lire le livre des frères Strougatski dont il était tiré… et dont il s’est copieusement affranchi. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à en écrire la critique.

Pour parachever ma formation, j’a visionné coup sur coup son tout premier film, "L’Enfance d’Ivan", tourné en 1962, un film de commande de la Mosfilm sur la Grande Guerre patriotique où il réussit à se dégager de la pesante idéologie soviétique alors de rigueur, et son tout dernier, "Le Sacrifice", tourné en 1986, l’année de sa mort à Paris d’un cancer du poumon, tourné sur l’île de Fårö en Suède à l’invitation d’Ingmar Bergman dont l’ombre portée envahit tout le film au point qu’on pourrait presque sans faire de contresens lui en attribuer la paternité.

Je le répète : je serais bien cuistre d’oser dire que ces films sont ennuyeux, interminables, prétentieux et inutilement intellectualisants. Le seul objet de ce billet égocentrique est de confesser mon incompréhension et ma honte.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 avril 2023
Lion d'or en 1962, le premier long metrage de A. Tarkovski, demontre le talent de ce cineaste de premier ordre ( a mes yeux) de l'histoire du septieme art.

A travers le portrait denue de psychologie d'un enfant combattant les allemands pendant la seconde guerre mondiale, Tarkovski souligne l'importance des contingences historiques dans le parcours d'une vie.

Melant onirisme et scenes realistes ( on ne voit presque jamais l'ennemi), c'est une ode a la beaute de la vie et une critique de la guerre ( on est loin des envolees de Junger sur ses vertus supposees ).

On sent deja les atmospheres que le cineaste developpera plus tard dans sa filmographie ( eau, bruits indefinis, cloche, gravures et icones, importance de la nature).

Ce n'est pas le meilleur opus de son auteur ( je prefere notamment " Andrei Roublev", " le miroir" selon moi ses deux chefs d'oeuvre, mais les sept longs metrages de Tarkovski sont tous a connaitre).

Au plan formel " l'enfance d'Ivan" est une merveille en noir et blanc.
Caverneux Boutonneux
Caverneux Boutonneux

8 abonnés 55 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2022
Pour son premier long-métrage, Andreï Tarkovski s'attaque à la Seconde Guerre Mondiale. Et si on peut déjà lui attribuer un sens de l'esthétique au point, je ne peux pas en dire autant de cette histoire peu emballante piégée dans une intrigue qui n'avance pas. Dommage car le film sait avoir ses moments de grâce. Correct mais un peu longuet, pour le coup Ivan n'est pas terrible.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2022
Premier long-métrage du cinéaste soviétique Andreï Tarkovski, ce film de 1962 se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale et raconte le parcours d’Ivan, 12 ans, privée de la vie de gamin à laquelle il devrait prétendre suite au massacre de sa famille par les Allemands. Guidé par la colère et la soif de vengeance, il s’engage malgré son jeune âge en tant qu’éclaireur pour l’armée rouge. Dès son premier long, Tarkovski transforma cette commande de l’État en une œuvre personnelle et onirique, où les scènes de guerre et de paysages en ruines alternent avec des séquences de pures rêveries. Superbement mis en scène, traversé d’embardées lyriques inspirées, L’enfance d’Ivan vaut aussi pour ses séquences d’ouverture et de clôture, absolument bouleversantes.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 18 novembre 2021
"L'Enfance d'Ivan", premier long-métrage du grand Andreï Tarkovski, n'a rien d'un mauvais film mais dénote un peu de la stupéfiante maturité des premiers court-métrages du cinéaste tant l'histoire du jeune Ivan sonne par moments assez stéréotypée et trop simple pour pleinement exploiter toutes les pistes mises en place. Esthétiquement irréprochable (une qualité qui deviendra un motif TRÈS récurrent du réalisateur russe), l'ami Andreï fait déjà preuve d'une virtuosité certaine de la caméra tant la mise en scène est parfaitement maîtrisée de bout-en-bout. Hélas, au service d'une histoire aussi pauvre qui alterne les brillants moments d'émotion avec les étirements ennuyants, le premier coup d'essai du réalisateur de "Stalker" est très inégal et ne dépasse pas le correct, et ne sera remémoré que pour la symbolique première place qu'il occupe dans l'une des filmographies les plus impressionnantes de l'histoire du Septième Art.
Niels C.
Niels C.

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mars 2021
En a peine 1h35, Tarkovsky signe un des meilleurs films sur la seconde guerre mondiale.

Il est intéressant de comparer les approches. Alors que le cinéma anglo-saxons préfèrera traiter les récits guerriers, l’Europe elle va plutôt pencher pour une description du quotidien.
Et tandis que la France mettra en avant sa "glorieuse" résistance, la Russie elle vous davantage mettre la lumière sur ses grands traumatismes: les grandes purges d'Ukraine et de Biélorussie dans Idi I Smotri, la reprise du territoire dans l'Enfance d'Ivan.

Ici la guerre n'est pas grandiose, elle n'est pas glorifiée. Ici, l'ennemi est le temps et l'isolement au milieu de ses forêts de bouleau gigantesques et cette toundra marécageuse infinie.

Comme dans Idi I smotri, la guerre sera présentée au travers des yeux d'un enfant. Mais là où Elem Klimov montrera un horreur graphique et sans concession, Tarkovsky décidera lui de proposer une forme d'émerveillement poétique de la nature. Via les yeux d'Ivan, la guerre est un accomplissement, un devoir de vengeance, les marécages un terrain de cache cache. La chute n'en sera que plus dure.

Dès son premier film, Tarkovsky propose une œuvre singulière. Chaque plan est un poème destiné à la nature et au peuple de son pays.

Démarrer sa carrière là-dessus, c'est extrêmement fort
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 16 février 2021
L'oeuvre la moins personnelle de Tarkovski -ou du moins la plus éloignée de sa vision du cinéma plus tard- reste l'une des plus belles oeuvres en noir et blanc dont je me souvienne. On voit déjà les prémices d'un Tarkovski symboliste avec des images de plus en plus sublimes et des personnages hauts en couleur. On ressent tout de même l'attachement à l'oeuvre littéraire qui donne lieu à une aventure amoureuse non nécessaire au film mais qui hors du contexte offre surement le plus beau baiser du cinéma. Avec les idées créatives de mise en scène et le parallèle entre le rêve et la réalité tout au long du film propre à l'auteur, impossible de s'ennuyer dans cette fresque de l'enfance d'Ivan transformée par la guerre.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 16 mars 2019
Bien encadré dans son format soviétique, cadre idéal de contemplatif et photographie plongée dans l’immensité brumeuse du pays. L’objectif glisse des icônes « d’Andrei Roublev » dans une Russie soviétique réglementée, je ne trouve pas que se soit une réalisation trop portée vers la propagande en ces temps de guerre avec l’Allemagne Nazi, il y a des soldats, du romantisme et l’enfance insouciante touchée par la tragédie, il servira à l’effort de guerre des volontaires. Beaux fond de musique méli-mélo et mélancolique mélodieuse, beaucoup de somnolence qui rattrape de temps à autre la mise en scène. L’émulation stakhanoviste dans les usines à production d’acier, l’influence de la soviétisation littéraire et cinématographique, à l’aube de la guerre anti-nazisme qui toucha à sa fin. La conclusion avance doucement, intrigant en tout point historique selon le point de vue des autorités vainqueur de l’ennemi. Une forme poétique surnage après les larmes, la colère submergée de vengeance vient enfin l’euphorie d’une revanche comblée avant d’embarquer pour « Solaris », une œuvre d’eau de vie interstellaire marquante.
Carlos Stins
Carlos Stins

88 abonnés 657 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juin 2018
Dès son premier long-métrage, Tarkovski éclabousse l'écran de son talent et de sa classe en livrant une oeuvre dense pleinement maîtrisée. Le cinéaste russe impressionne par ses aptitudes de metteur en scène dès les premières minutes grâce à un impressionnant travail du cadre. Combiné à la justesse des mouvements de caméra et à une photographie splendide, cela donne naissance à des plans tout bonnement superbes et à des instants de cinéma suspendus dans le temps. Le réalisateur de "Solaris" fait preuve d'une grande sensibilité en filmant son personnage principal avec beaucoup de tendresse tout en procurant au spectateur de fortes émotions par l'intermédiaire d'une écriture très juste. On a en effet affaire à l'un des films anti-militaristes les plus aboutis du septième art, Tarkovski démontrant avec beaucoup d'habileté le caractère inutile, violence et gratuit de la guerre. Il est un peu dommage que le long-métrage souffre de quelques maladresses d'écriture avec des scènes inutiles qui parasitent le récit et une dimension patriotique qui plombe un peu le message. "L'enfance d'Ivan" n'en demeure pas moins un vrai bijou de cinéma, un long-métrage fort et passionnant qui ouvre la carrière d'une des plus grands cinéastes de tout les temps.
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