Une suite supérieure au premier volet. Je me suis moins ennuyé et les sujets abordés sont plus sombres et mieux traités. La mise en scène est efficace même si la photographie n'est pas toujours très belle et Mads Mikkelsen est excellent.
Pusher était une claque, ce qu'on appelle un ''film coup-de-poing'', Pusher II est un coup de massue. (...) C'est la tragédie, rudimentaire a-priori, d'un ''kéké'' des bas-fonds, abandonné par son entourage et écrasé par son environnement. Il est vide, mais ne peut se résoudre à se fondre dans cet univers qu'il ne comprend que trop et paradoxalement lui apparaît toujours plus lointain. Aspirant dans le fond à s'en désengager, il ne se résout pas à couper le cordon, mais ses contributions ne sont qu'amabilités.
Toujours plus seul au milieu des rats de Copenhague, il est terrassé par les ordures : trop de questions, trop d'humanité débordent encore de chez lui, si bien que même parmi les rebuts, il ne trouve plus sa place. Le mélo sordide sublime la peinture d'un milieu ou la règle est de tout détruire puis reconstruire, inlassablement, avec une assurance fébrile. Pusher II est l'histoire d'un automate déconnecté s'éjectant de la spirale qui l'a engendrée.
(...)
Le naturalisme est partagé entre misanthropie et regard attentif vers l'homme, sa bêtise et ses perversions. Mais plus encore que dans le premier opus, Refn creuse un sillon vers la fable, ténébreuse et toxique certes, emprunte d'un espoir aussi, d'un soupçon de vie qui pourrait tromper une condition butée. L'esquisse d'un ''autre chose'' est peut-être accessible.
Certains regretteront cette scène probablement dispensable d'un Tonny échoué au bordel, mais c'est que l'approche du film refuse toute mise en images de fantasmes grossiers et chimériques. Son esthétique licencieuse est tout à fait contraire au sensationnalisme. C'est cru, c'est lumineux.
Huit ans après, Refn décide de donner une suite à son premier film qui sera suivi de très près par le 3. Côté mise en scène, rien n'a changé, nous sommes toujours très proches du documentaire mais l'histoire est bien plus solide et le personnage de Mads Mikkelsen suscite bien plus d'intérêt que celui du premier volet. Un film honorable qui se rapproche de plus en plus de la qualité de ses films actuels.
Immense cinema d auteur , réaliste dans le bon sens du terme, le meilleurs des 3 avec pas mal de themes traités, et toujours cette violence sous entendue et ces tensions dans les attitudes et leur decisions. Acteurs tous au top, comme les 3.
Film parfait sur tous les points : acteurs, réalisation, cadrage, musique, ambiance, scénario, etc. Beau, sale et réaliste, Pusher II est peut être le meilleur film de "gangsters", "truands" que j'aie vu, car malgré le monde qui sépare notre vie de celle des personnages, le processus d'identification s'effectue à merveille, sans même que l'on se rende compte. Magnifique et terriblement bon.
Le meilleur de la trilogie selon moi. On prend la même recette que le premier film...une réalisation halletante et une bande son qui dépote. Une ambiance malsaine. ici on suit le parcours de Tony apparu dans le premier opus campé par un Mads Mikkelsen qui contribue à faire de ce film le plus intense de la trilogie...il est tout simplement impressionnant. On a toujours la dimension humaine du premier opus, mais grosse claque et grosse surprise, le film ne se répète pas abordant des sujets radicalement différents du premier opus. Bravo...
Après la banqueroute Fear X, Nicolas Winding Refn accepte finalement de tourner deux suites à son premier long métrage Pusher, polar âpre et violent sur la pègre danoise. Dans ce deuxième volet centré cette fois sur Tonny (l'acolyte demeuré de Frank dans le premier film), toujours incarné par l'excellent Mads Mikkelsen, on retrouve tous les ingrédients du premier film sauf que Tonny, boulet à tous les niveaux méprisé par son criminel de père, décide finalement de se rebeller le jour où il apprend qu'il est le père d'un petit garçon. Le film est plus malsain que le premier, toujours filmé caméra à l'épaule même si le filmage est dans l'ensemble plus posé. Les acteurs jouent bien et l'on retrouve la construction tragique des récits de Nicolas Winding Refn. Pusher II est un très bon polar marqué par la griffe de son auteur et dont il serait dommage de se priver. A noter que le film est dédié au regretté Hubert Selby Jr. écrivain fétiche de Refn avec qui il avait travaillé sur Fear X.
Quelques années après un premier volet virtuose, Nicolas Winding Refn remet le couvert avec ce deuxième opus... Et il faut bien admettre que la sauce prend toujours, même si le résultat n'est pas à la hauteur de nos espérances. Bien entendu, c'est une nouvelle fois brillamment écrit et réalisé et plutôt profond dans le traitement de ses personnages ( encore que ! mais j'y arrive...). En revanche, on ne peut que décrier un certain penchant pour la redite de la part du cinéaste danois, qui semble ici vouloir défendre à tout prix le potentiel mythologique de son projet. Malheureusement ce potentiel devient vite un système - du moins avec cette suite - duquel Winding Refn ne parvient pas à se dépêtrer. En effet Tonny n'a pas l'épaisseur de Franck ( le héros du premier opus ) mais le réalisateur se débrouille pour étirer la durée de sa présence à l'écran, et par conséquent Pusher II tourne un peu à vide de ce point de vue-là. Reste un montage intéressant, des seconds rôles passionnants et une musique sympatoche. Reste à voir la troisième partie qui, je l'espère, surpassera mes attentes...
Emouvant est le destin de l'anti-héros looser de ce deuxième opus de la série Pusher de Nicolas Winding Refn. Derrière sa gueule de dur à cuir, Tonny est vraiment touchant. Renié par son père, traité comme un cinglé par ses amis (qui n'en sont pas vraiment d'ailleurs), comme une merde par la mère de son fils, il est finalement le plus lucide et le plus sensible de toute cette bande de ripoux drogués et criminels. Tous ses actes ne sont que des cris de désespoirs inaudibles qui le pousseront aux tréfonds de sa solitude. Car si Tonny semble être né pour le monde de la pègre, il dégage une humanité inapte à ce mode de vie qui pour une fois n'est ni filmé de manière glamour, ni de façon fantasmée. Non, Pusher est un film ultra-réaliste, noir et violent.
Pas aussi bon que le premier, Pusher 2 vaut tout de même le coup d'oeil. On retrouve des images très crues, des anti-héros très ordinaires, le tout mis en scène dans des décors ternes, sales, qui nous font côtoyer le quotidien de ces bandits à la petite semaine.
Réalisé huit ans après le premier film, Pusher II s'avère très différent du précédent volet. Toujours mis en scène par le génial Nicolas Winding Refn, ce deuxième film est une suite qui n'en est pas vraiment une, un nouveau drame se déroulant dans le même univers sale et désespéré de Copenhague avec d'anciens personnages côtoyant de nouvelles figures mais se déroulant surtout à travers une nouvelle atmosphère et une nouvelle histoire, cette fois-ci plus personnelle et plus dramatique... Le film délaisse donc les problèmes de Franck le magouilleur pour s'intéresser à ceux de Tonny, son ancien meilleur ami fracassé à coups de batte de baseball pour l'avoir donné aux flics. Sortant à peine de taule, Tonny va tenter de se racheter et de continuer sa misérable vie en essayant de renouer des liens inexistants avec son père, un petit gangster réputé de la ville, et en découvrant lui-même les joies de la paternité lorsqu'une détestable ex lui annonce qu'il est le père de son rejeton. Baignant beaucoup moins dans l'ambiance mafieuse, ce deuxième opus est plutôt centré sur la réinsertion d'un ex-pseudo-gangster qui tente de se bâtir une nouvelle vie, tiraillé entre être un bon père pour son bébé et redorer son image auprès de son propre paternel. Winding Refn filme à nouveau cette image de la décadence danoise dans un milieu toujours aussi prisé où magouilles, traitres et désespoir s'entrechoquent naturellement. Poussant encore plus loin la lose attitude à travers le personnage ringard de Tonny, petite frappe ridicule dans le premier film devenant ici un moins que rien rejeté par son père, une grande gueule incapable de bander devant deux putes et une proie facile se retrouvant comme d'habitude au centre des problèmes les plus dangereux. Au final moins fendard que Pusher malgré quelques séquences jubilatoires et des répliques toujours aussi inspirées, cette "suite" n'en reste pas moins une nouvelle vision sale de l'univers créé par Nicolas Winding Refn qui surpasse même son prédécesseur.